La Narra est une assez grande étendue de
pays , puisque sa superficie est de trois cents milles carrés , qui , depuis plusieurs siècles , inculte et abandonnée , n’a d’autre population que quelques làuiiiles de pâtres , dont les troupeaux appartiennent à des propriétaires àeSassari ou à* Algfiero , et qui tous ensemble , hommes , femmes et enfants , ne passent pas le nombre de 3oo âmes. Voilà ce que l’on a représenté comme une peuplade indépendante , ne payant point de taxes et vivant dans l’état sauvage. La Nurra est une espèce de grand fief de la ville de Sassari; sa p5rtie*basse est une plaine intérieure , où l’on sème et récolte beaucoup de grain , où l’on engraisse des bestiaux , et où l’on entretient des juments poulinières. La partie haute , qui est aride et pierreuse , est couverte de’ bois d’oliviers , et d’épaisses forêts, où l’on trouve U ne grande quantité de sangliers, des cerfs, etmême des mouflons, devenus plus rares depuis quelques années, mais plus un seul de ces chevaux sau’vages qu’on prétend y avoir vus autrefois. Les rochers du, cap jPafco/ie servent de nids et de retraite à un grand nombre de faucons , ce qui est l’origine du nom qu’il porte.
Il n’y a dans toute l’étendue de la JYi/rra que d^ux ^ruisseaux , le Rio Santo , et le Rio San- Michèle.
La Nurm était fort peuplée du temps des Romains , qui exploitaient avec beaucoup d’activité
LA SAltDAlONE
les mines dotil ce pays est rempli, et qu’on a depuis abandonnées. Para y compte douze villages et quelques châteaux détruits, et deux villes, savoir : Tillium, de Ptolêmêe , çt Nura, de l’Itinéraire A'^ntonin ^ dont il ne reste plus même de vestiges.
3. L’arrondissement de Romandia n’a que deux villages , mais l’un des deux , Sennori, est de i,6oo habitants , et l’autre , Sorso , de 4>4oo. Ce dernier est situé dans une grande plaine , à trois milles de la mer , près^lu v;aste étang de Platamona , qui est très poissonneux , mais dont les habitants tirent fort peu de parti , étant livrés tout entiers aux travaux des champs , et à la culture du tabac , dont les produits forment leur principal revenu. Ils cultivent aussi en grand une espèce de palmier nain, particulier à la Sardaigne , et dont l’intérieur et la racine sont une nourriture pour le peuple, qui, dans les temps de disette , y trouve autant de ressources , qu’en offrent en d’autres pays' les pommes de terre. Cette plante, que l’on nomme Palma ou Palmizzu , s’appelle Margallon à j4Ighem , où l’on en fait aussi un objet de culture et un aliment '. Le village' de Sennori est situé sur le haut d’une colline très escarpée. Le pays fouriflt des grains, du fourrage et d’excellent vin j la mal-
* Nous retrouvrrons les Margallons à ^Ighrro vl non» leur donnerons une place dan» le tableau des productions naturelles de la Sardaigne.
voisiede»Sb/westen grande réputation ; la vallée de Logulentuesinn vaste jardin adniirablementcultivé.
On donne à la Romandia une étendue de cinquante mille carrés en superficie.
4- Celle de l’arrondissement d’Qi//o est de qifaranle milles carrés. Sa population se réduit à celle du gros village A' Osiîo , le seul qu’on y rencontre , et qui n’a pas moins de 4>8oo habitants. OsHo cou' vre les flancs d’un mont très élevé, dont la cime, où sont* les ruines d’un château célèbre appartenant aux Dorki , et que sa situation rendait inexpugnable , représente assez bien une énorme pvramide.
J1 est vraisemblable qu’0«/o est \ Ericemim de Ptolêmée. Huit villages ont été détruits par l’effet des maux de la guerre. >
Ces maux ont été complètement réparés par l’industrie et l’activité des habitants <yOsdo , qui sont en possession de fournir vSrmrt/v de grains, de lait, de beurre, et de bois à brûler.
5- Ampurias , qui donne son nom à l’arrondissement, n’existe plus. Cette ville ne commence à figurer qu’au moyen âge. C’est au commencement du seizième siècle- qu’elle fut ruinée et abandonnée , et que son siège épiscopal, dont l’origine remonte très haut, fut transféré à Castel Aragonè^ , maintenant- Castel Sa>:do , dont l’évéque en conserve le litre.
LA SARDAICnS
Castel Saifio , le seul lieu habité, est considéré I comme une ville , quoiqu’on n’y compte guère ! plus de 2,000 âmes. C’est une place forte, et la meilleure de toute l’île. Cette petite forteresse est située au sommet d’un mont escarpé, et entièrement environnée par la mer, à l’exception d’un isthme étroit, qui l’unit à la terre. Son port ne peut recevoir que de petits bâtiments marchands , et sa plage n’est fréquentée que par des barques et des felouques.
Le pays est montueux, et presque partout stérile. Il produit peu de vins et de fruits. Sa principale richesse consiste dans les troupeaux de vaches, qu’on nourrit sur les hauteurs, et qui donnent un beurre excellent , que, par un procédé f>articulier, on conserve frais toute l’année.
Les ruines pittoresques d’un vieux château féodal , qui fut pendant plusieurs siècles la principale place des Doria, et que les Aragonais démolirent, quand ils devinrent les maîtres ,'côuronnent la cime d’un mont isolé, auquel on a donné le nom de Castel Doria , sur la rive gauche du Coghinas.
Outre Ampurias y les anciens historiens sardes citent une ville de Frisano, qui a existé dans cette contrée. On ne sait ni quand elle a été fondée , ni quand elle a clé détruite, ni même où elle était. Son nom seul est resté , plus' heureux que celui.de ses destructeurs qui , contre leur attente sans
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(Joule , après de si beaux exploits , a péri avec eux.
(J. VAnglotui est le seul canton de la Sardaigne qui constitue le litre de principauté , litre qui appartient aujourd’hui par^héritage à la maison espagnole ^Ossuna. C’est un pays dont 1% culture est très variée < et qui est renommé par sa prodigieuse fécondité. Arrosé par un grand nombre do sources et de ruisseaux , il est riche en bons pâturages, et en troupeaux qui fournissent une grande quantité de viande, de fromages, et de beurre. Ses fruits etvses vins sont estimés. La principale récolte de X Anglona est celle de ses blés , qui s’élèvent souvent à sept ou huit pieds de haut , et qui rendent commynément vingt pour un. Cet arrondissement approvisionne à lui seul, outre sa consommation particulière, toute la Gallura , et une partie du nord de l’ile.
Le mont Sassu est couvert dé bois épais , remplis de gibier. Il est fameux dans le pays , non pas tant par sa hauteur, qui paraît bien peu de chose en comparaison de la chaîne voisine du Limbani , que par Thisloire qu’on raconte d’une bande de brigands, dont il fut long-temps l’asile et comme la citadelle. Le chef de ces brigands était un homme aisé de Chiammo\ile , auquel une vengeance particulière avait fait eoinmellre un homicide'. Il se piquait d’èlre toujours d’une extrême [lolitcsse , cl de Tiionlrer en tout les manières et les procédés
LA SAUDAIGl^K
d’une personne de bonne compagnie. Il était sévèrement défendu à sa bande de faire du mal à qui que ce fût, et d’employer ses armes, autrement que pour la défense personnelle. Il recevait avec beaucoup d’obligeance et de civilité les personnes qui désiraient lai faire visite; mais il exigeait qu’on le prévînt d’avance , en lui donnant les noms et qualités , afin de prendre les disposition^ nécessaires pour leur introduction , et pour les faire Reconnaître par les sentinelles bien armées qui gardaient les passages , et dont les aides ou suppléants étaient d’énormes chiens de basse-cour, placés aux entrées de cette forteresse naturelle. Le chef de la troupe avait de beaiyc et nombreux troupeaux dans les limites du petit en»pire qu’il s’était créé, et il avait pourvu à ce que ni lui ni les siens ne manquassent d’aucune des choses nécessaires aux besoins de la vie. On dit que rien n’égalait l’adresse avec laquelle il se servait des armes à feu. Blessé au bras gauche , il ne pouvait le lever bien haut, inais il j appuyait son fusil, et visait avec tant de précision , qu’il frap’pait , sans manquer jamais , quelque petit objet que ce fût, à Textrémité de la portée de son arme, et qu’il était toujours sûr,. avec une seule balle du plus petit calibre , de casser un œuf lancé en l’air. La justice et l’autorité, ses seuls ennemis dans le canton , parvinrent à le surprendre , lui et ses
compagnons, par le moyeu d'un traître qui, admis dans l’intérieur, jeta dans -leur boisson une substance soporifique , et fit égorger ces victimes de l’hospitalité. , • '
IjC clief-lieu de la principauté d’^/i^/ono est Nulvi, grand et riche village. La seconde commune est Chiavamonle , dont l’église paroissiale, probablement construite des débris d’un antique château , occupe l’extrême cime d’un mont élevé.
La superficie de cet arrondissement est de 3o milles carrés , et sa population de 9,000 habitants.
7. Ozile/t’ chef - lieu de l’arrondissement de Monte AciUo , n’est considéré que coipme un village, quoique sa population , qui est de 8,000 âmes , surpasse celle de plusieurs villes de la Sardaigne. On y a transporté le siège épiscopal de l’ancienne ville ruinée de Bisarcio, dont il n’existe plus que la cathédrale. C’e'st la résidence d’une noblesse nombreuse , et ce village , puisqu’il n’a pas ùn autre titré , est remarquable par ses maisons d’habital4on et par sa richesse. OzieriesX. situé au pied d’une haute montagne, et à l’entrée d’une vallée que parcourt la, petite rivière de son nom , qui , distribuée en un grand nombre de canaux d'irrigation, fertilise les vergers et les jardins dont elle est couverte. A l’issue de celte vallée, s’ouvre une vaste plaine, de 100 milles carrés de superficie, qu’on nomme le campa d'OzIe ri , ou l’on récolte
une immense quantité de grains. A l’exception de cette plaine, tout le reste de l’arrondissement est occupé par une petite chaîne de montagnes , dont une des pointes , isolée , et sous la forme d’un {Xiin de sucre, donne son noni à tout le pays. Ces hauteurs et ces collines sont entrecoupées de fertiles vallons, arrosés d’une multitude de sources d’eau excellente , et de courants d’eau , remplis d’anguilles et de truites. Les troupeaux du Monte Acuto font sa richesse.
La superficie de l’arrondissement, à cause de l’é- ‘ tendue de ses montagnes, est de 4oo milles carrés; sa population'de 32,000 habitants.
8. Le Goceano, qui forme le huitième arrondissement de la province du Logudoro, provient de la succession des anciens Juges ^Arborée et marquis ^ Orislano, et fait partie du domaine immédiat de la couronne., Il est arrosé par le Tino, et par plusieurs autres petites rivières qui vont s’y jeter. C’est un pays montueux, à l’exception du lieu où sont situées les eaux minérales de Benetulü, qu’entoure une belle plaine. Il est fertile en grains , mais on s’y ocçiqie particulièrement de l’éducation des troupeaux.
On voit près àeBurgos, sur une pointe isolée, les ruines de l’ancien cbàteaii de ce nom , qui fut célèbre dans les guerres des Aragonais et des \rboréens.
ANCIENDE ET MODERNE, /(f)l
Superficie: i8o milles carrés.
Population : 9,000 habitants.
9. Le Marghine, qui a le titre de marquisat, occupe presque tout le revers méridional de la chaîne du Limbara. La principale industrie' des habitants de ce pays .consiste à engraisser, dans leurs bois et dans leurs pâturages, les animaux destinés à la consommation de la capitale et du cap inférieur. C’est pour Ca^iari, dans une moindre proportion , ce qu’est pour Paris la vallée d'Ange.
Le chef-lieu du Marghine est le village do - Macomer, bâti sur les ruines de la ville antique de Macosipsa.
Cet arrondissement contient de vastes forêts , très riches en gibier de toute espèce, sangliers , cerfs, daims , et où se font voir aussi quelquefois les mouflons.
Productions naturelles : grains , vins, et fruits. '
Superficie: 55o milles carrés.
•Population: j4>ooo habitants.
10. Les anciens écrivains sardes prétendent que le nom de Doris, qui n’est celui 'd’aucune commune de cet arrondissement , lui vient de ce qu’il a été peuplé par les Grecs Doriem. Son chef-lieu est le village èîOrHni , qui a été beaucoup plus grand qu’il ne l’est de nos jours , et qui est le titre d’un marquisat upjxarlenant à un grand l'eudataire espagnol , le duc éi Hijar. Il est situé au