LES AMPHIBIES, PHOQUES, REPTILES, ET TORTUES
Les naturalistes ne reconnaissent plus d’amphi-' bies dans la rigueur du terme ; il faudrait, disentils , qu’un aniifial, pour être véritablement|^pbibie , eût en même temps des poumons et des branchies, afin de pouyoir se servir indifféremment des uns et des autres, suivant le besoin, et vivre à volonté sur terite ou sous l’eau , ce qui ne se trouve dans aucune espèce connue.
Les phoques , ou veaux marins, sont une des espèces qui réunissent le plus des conditions de l’amphibie. On en trouve fréquemment sur les côtes orientales et septentrionales de la Sardaigne. ^Leiirs pieds de devant, garnis de doigts armés d’ongles, leur servent pour grimper sur les rochers , où ils vont dormir. Lies chasseurs , avertis par leur .ronflement, qui est assez bruyant, les tuent avec facilité, pour en tirer de l’huile, et vendre leur peau.
La Sardaigne n’a aucun serpent venimeux.- On y voit deux espèces de couleuvres , et deux de vipères. La couleuvre noire , culora niedda, est vénérée des Sardes, et regardée comme étant de bon augure , quand elle s’approche de leurs maisons.
I,A SAUDAIGNl'.
Ceux qui ont le J^heur de découvrir leurs lanières y apportent des vivres en forme d’offrande. La vipère de terre , qui n’est pourtant pas moins innocente , leur inspire au contraire upe -horreur invincible.
On place les lézards, comme les serpents, parmi les animaux amplûbies , à cau^ de la faculté qu’ils ontj.^si qu’eux, par leur structure intérieure , de respirer, ou de se passer d’air à volonté. Outre le lézard vert , le steUion et le seps, il en existe en Sardaigne une quatrième variété , à laquelle OQ y donne le nom de tilifpigu, et que les naturalistes du pays prétendent appartenir en propre à leur île. Ce lézard ressemble beaucoup au scinque d’Egypte, qu’on apporte salé en Italie, où il sert à la composition de la thériaque. M. de Lacépède, qui en a très bien fait voir la différence, ne veut pas que ce soif autre, chose que le mahoujra des* Antilles.
On trouve des tortues de mer, qui sont quelquefois énormes , dans les eaux de la Sardaigne , surtout du côté de Castel Sardo , des tortues cTeau douce dans toutes les rivières , pendant l’été , et des tortues de terre , en grande -quantité , dans la Nurra , et à l’île de l’Âsinara. Elles restent engourdies, et sans manger, pendant tout l’hiver. r>es femelles pondent vers la fin de juin. Les petites tortues, à peine écloses, cherchent elles-mêmes
ANCIENNE ET MODEHNE. (»1()
leur nourriture, et ressemblent singulièrement à Jes coquilles de noix qui se mettraient à marcher.