II
LA SA R D AIGU E
semble des opérations militaires , et à raconter les laits généraux. Ils ne pouvaient, en effet, qu’énoncer sommairement ceux deces faits qui n’avaient qu’une importance relative et locale ; mais il en résulte que plus d’un épisode intéressant est à peine esquissé ou indiqué par aperçu dans ce vaste tableau. , ,
On peut à l>on droit placer au nombre de ces événements omis , quoique dignes de mémoire , ceux qui se sont passés dans l’île de Sardaigne , depuis 1708 jusqu’à 1720, époque à laquelle , après avoir été enlevée à Philippe V par le parti autrichien , soutenu de la flotte anglaise , et être rentrée , au bout de dix ans , en la possession du roi d’Espagne , elle passa définitivement entre les mains «l’une troisième puissance , et devint , par là , le gage de là paix générale.
Quelques lignes ont suffi à la plupart des historiens pour rendre compte deces vicissitudes politiques , dont l’action et la fin eurent -des conséquences si grandes pour le pays qui en fut l’objet.
Nous mettrons sous les yeux des lecteurs un tableau succinct de ces événements , non parce qu’ils doivent nécessairement trouver leur place dans une histoire spéciale de la Sardaigne, mais parce qu’ils ont même cet intérêt général que leur donne le développement des intrigues, des conspirations , des entreprises ambitieuses , et
qu’ils sont la suite, l’effet et le complément de ceux qui se passaient dans la Péninsule espagnole.
L’orage qui, après sept années de tranquille possession et de calme, vint éclater, en 1708, sur l’Üe de Sardaigne , s’était formé depuis long-temps en Espagne. Plusieurs provinces de la monarchie avaient fait scission , et arboré l’étendard de la révolte. L’Espagne était déchirée par deux partis, dont l'un restait fidèle au roi régnant , an souverain légitime, et dont l’autre avait épousé les intérêts du prétendant et de la ligue européenne armée contre Louis XIV et contre son petit-fils.
Les mêmes mobiles , les mêmes influences avaient agi sur la Sardaigne , et divisé sa noblesse , comme celle de la péninsule. Les résultats de ces dissen sions furent pareils, et cette île fut arrachée à l’Espagne, comme l’avaient été , quelques années auparavant, la Catalogne et l’Aragon.
En recherchant les causes de cette division funeste, et de l’exaspération des mécontents de l’intérieur, sans les secours desquels tous les efforts de la grande alliance eussent échoué, on est conduit à une triste vérité : c’est que les soins paternels de Louis XI y poux guider l’inexpérience de son petitfils , et pour l’affermir sur le trône , ne servirent guère qu’à fournir des prétextes à l’envie ou des aliments à d’anciennes haines , et furent une des principales causes de tant de calamités.