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et le roi d’Espagne , lequel serait suivi d’un pardon général accordé à tous ceux qui avaient suivi l’un ou l’autre parti , et à qui on promettait la restitution de leurs biens , litres et dignités.'
Les puissances alliées se flattèrent en vain de faire goûter au cabinet de Madrid cette œuvre de médiation , qu’elles regardaient comme appropriées aux circonstances , et nécessaire pour le repos de l’Europe. Albero'ni , sans s’inquiéter le moins du monde des obstacles qu'on voulait lui opposer , fit presser avec plus d’activité que jamais l’expédition , qu’il préparait depuis longtemps , pour l’invasion de la Sicile. En effet , une flotte considérable , sous les ordres de don Antonio Cnstagneta , s’empara de Palerme, et de quelques autres places.
Le cardinal ne se borna point à cette entreprise. Il alla jusqu’à vouloir renverser le gouvernement établi en France , pour ôter la régence au duc d’Orléans , et la donner, s’il le pouvait , au roi Philippe V. Il travaillait , pour y réussir , à soulever la Bretagne. Déjà il faisait filer secrètement en France des hommes armés , déguisés en contrebandiers, qui devaient se joindre auxrevoltés. La conspiration , où était impliquée la duchesse du Maine , et quelques-uns des premiers personnages de l’état , était au moment d’éclater. La fortune ou le hasard fit évanouir tous ces vastes projets. Le
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ANCIENNE BT MODERNE. I(j3
jeune Portocarrero , secrétaire de l’ambassade du prince de Cellamare , ayant laissé surprendre par une courtisanne , dans l’ivresse de la débauche et du vin , les papiers qui contenaient le secret de ce complot, le cardinal-ministre , dont tous les efforts avaient échoué dans ses tentatives pour empêcher la conclusion du traité de Passarowitz entre l’Autriche et la Porte, et pour exciter la guerre civile en Angleterre et en France, vit tout à la fois l’empereur , la France et la Grande-Bretagne se réunir et se liguer contre lui.
Ces trois puissances déclarèrent la guerre à l’Espagne en 17 19. Le régent fil attaquer la Catalogne par une armée de quarante mille hommes. Une flotte anglaise , sous les ordres de l’amiral Bing , battit complètement celle d’Espagne , à la hauteur de Messine , et jeta des troupes autrichiennes en Sicile.
Tous les projets du cardinal furent déconcertés, et ce ministre , qui , six mois auparavant , était regardé comme le plus grand homme d’état , ne passa plus désonnais que pour un téméraire et un brouillon. Le régent ne voulut accorder la jaaix à Philippe V , qu’à condition qu’il renverrait son anpbitieux ministre. Comme AU>eroni avait cessé d’être heureux , on devait croire qu’il serait aisément abandonné : la reine elle-même n'eut pas de peine à s’en détacher. Il fut livré par le roi 11. ’’ 1 5