‹ Histoire de Sardaigne, ou, La Sardaigne ancienne et moderne, considérée dans ses lois, sa topographie, ses productions et ses moeurs (volume 3)Chapitre 30 sur 108 · I. A SA II l) A I C. N E · texte numérisé non relu

I. A SA II l) A I C. N E

«les traitements, au logement et à l’entretien «lu corps d’armée*, ainsi qu’aux transports qui seraient nécessaires , et aux charrois de tout genre.

Soit que l’ardeur du gouvernement français pour cette expédition ne fût pas égale à celle que montraient les émigrés sardes, ou qu’ily attachât moins «l’importance qu’auparavant , soit que, dans la détresse pécuniaire où il était alors, un demi-million fut un sacrifice que ses finances ne pouvaient pas supporter , la négociation resta au point où elle était parvenue , les préparatifs furent suspendus , et le projet d’invasion s’évanouit avec les espérances et les illusions des réfugiés.

Depuis ce moment, les divers gouvernements qui se succédèrent en France, ne s’occupèrent pas plus de la Sardaigne , que si cette île était effacée «le la carte de l’Europe. Les réfugiés sardes ne perdirent pourtant pas courage, et cherchèrent encore, quelques années après , à remettre leur projet sur le tapis. Le moment était bien clioisi : les Anglais avaient établi une de leurs principales croisières de la Méditérranée , entre les îles Baléares et la Sardaigne , et tiraient de cette dernière une grande partie de leurs approvisionnements. Les réfugiés firent représenter au premier consul , qui était fort contrarié de cette prépondérance de la marine anglaise, cpiela puissance qui serait maîtresse de la Sardaigne le serait , quand elle le voudrait, du com-

merce de la Méditerranée , de la côte d’Afrique et du Levant ; que , comme les bâtiments de toutes les nations , dans le voyage du Levant et à leur retour, sont presque tous obligés de toucher à quelque point de celte île, une üolille de bâtiments légers, établie entre Cagliari , Saint-Pierre et le cap Carbonara , désolerait la marine britannique , dont elle intercepterait les communications avec la Sicile et Mahon ; que la Sardaigne, en chassant les Anglais de ses ports , fournirait exclusivement à la marine française les vivres qu’ils en avaient seuls tirés jusqu’à présent ; et qu’enfin on devait espérer que la France , qui avait dépensé plusieurs millions pour la conquête et la conservation des îles de Malte et de Corse, dont la possession lui était inutile, ne refuserait pas de faire quelques efforts et les sacrifices momentanés qu’on lui demandait , pour l’occupation d’une île pleine de ressources de tout genre, et où elle trouverait, outre l’approvisionnement assuré de ses flottes , de ses armées , eide quelques-uns de ses départements du midi , des avantages incalculables , soit en temps de paix , soit en temps de guerre.

Le premier consul fut frappé de ces considérations , et jugea même un instant digne de son attention le projet sur la Sardaigne , dont l’exécution devait être confiée à son compatriote Salicetti ; mais , soit qu’il eût remarqué qu’aucune tentative

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