I. \ SAnDAIG
dans l’antiquité la plus reculée, aux eaux minérales du Thyrsus. Ptolémée place sur la rive droite du fleuve la ville qui portait ce nom. Le village de Fordongianus, où sont encore des restes d’anciens bains romains , et où coulent toujours les mêmes eaux, dont on ne fait point usage, parce que le pays n’est plus habitable, se trouve sur la rive gauche. Il n ’en est pas moins vrai que c’était l’emplacement des Aquœ Hypsitanœ, et cette différence de localité s’explique. Il est vraisemblable que l’établissement de ces bains, auxquels les Romains attachaient du prix , donna lieu à la formation d’une ville qui s’étendait sur les deux rives du fleuve, et que les eaux thermales, qui n’ont pu changer de place, étaient sur la rive gauche où elles sont encore. Les deux parties de la ville étaient jointes par un beau pont , de construction romaine, dont une arche était encore debout, il y a un demi- siècle.
La ville romaine , ainsi agrandie, prit par la suite le nom de Fo/um Trajani, et fut plus tard enceinte de murailles par l’empereur Justinien, au rapport de Procopc '. Elle figure sous ce^ nom dans l’Itinéraire d ' Antonin , et s’y trouve placée comme elle l’est dans notre carte antique, entre Luquidn et Àquœ Neapohtanœ.
' Procop. , de AEdif. , lib. 7 , chap. 7. — Le nom sarde de Portion' fionus est fridemment une corruption de Forum Trajtvni.
Diaitized by
Nous ne saurions donner la raison de la distinction que fait Plolémée entre Lésa et Aqaœ Lcsitanæ. Nous ignorons où pouvait être Lésa; quant à rétablissement des eaux, qui en portaient le nom , il était vraisemblablement dans le même lieu que celles de Sardara , où l’on a trouvé aussi des ruines de bains antiques.
Le nom de V alerta donné par P toUmée au cheflieu de la peuplade que Pline et lui appellent Valentini , ne peut être qu’une méprise de l’auteur ou une faute des copistes. Valeria, ou mieux encore Aleria, était en Corse ; il n’y a jamais eu en Sardaigne de ville de ce nom. Le chef-lieu des Valentini était Valentia , comme l’observe avec beaucoup de sens Hardouin, le commentateur de Pline. Les Valenlini habitaient un cantou de l’ile assez étendu, qui conserve encore aujourd’hui le nom de Parte V alenza , et leur petite capitale était , selon toutes les probabilités , où est à présent le village de Laconi} qui en est le chef-lieu.
De toutes les villes méditerranées , citées dans l’Itinéraire à'Antonin, nous ne trouvons d’assignation d’emplacement vraisemblable que pour Fanum Carisi, que nous supposons avoir pu exister sur le point élevé où est Fonni , et où il n’est pas invraisemblable que les anciens aient construit un temple.
Nous abandonnerons la recherche de toutes les
autres villes qui s’y trouvent nommées, ainsique clans la géographie de Ptolémée , et sur lesquelles le raisonnement ou des ruines authentiques n’apprennent rien, pour ne pas nous perdre en vaines conjectures, et en investigations sans résultat.
Il ne reste, qwur achever cet essai de géographie comparée , qu’à donner la nomenclature des , îles adjacentes , avec leur dénomination antique rapprochée du nom moderne, attendu qu’il n’existe sur ce sujet aucun dissentiment.
Nous les reconnaîtrons, en faisant le tour de l’île, et en prenant le point de départ à l’extrémité occidentale, comme nous l’avons déjà fait pour le littoral et pour l’intérieur.
Là se présente la première Herculis in. min, l’île de l’ Asinara. Viennent ensuite, en descendant la ligne de l’Ouest, Diabate insula, qui est la petite île située au cap Caccia, autrefois Hermæum promonlorium; Bertula insula , aujourd’hui l’île de Maldiventre j Ilieracum ou Accipithun insula 1 , l’ île de Saint-Pierre j Enosis insula % l’île de Saint- Antioche ; Bucinna et Boaria , la vache et le taureau : sur la côte méridionale, Cunicularia insula l’île San Macario, au cap Pilla; Ficaria insula , l’île de Cavoli, au cap Carbonara : en suivant la côte de l’Est, Collodes et Balarides , la grande et
Les noms de ces îles leur venaient ou des animaux qu'on y trouvai! en quantité , ou de leurs prod uct ions.
ANCIENNE ET MODE II NE. 36g
la petite Serpenlaria ; Hermœa ou Mercurii insula, l'ile de Tavolara; et enfin, à l’entrée du détroit de Bonifacio, que les Grecs et les Latins après eux nommaient Taphros, Phintonis insida, qui est l’ile de la Maddalena.
Les relations commerciales et maritimes de la Sardaigne étaient, au temps des Romains, plus importantes qu’elles ne l’ont été à aucune époque de son histoire. La métropole, dont elle était un des greniers d’abondance , en tirait une immense quantité de grains, des métaux extraits des mines quelle y faisait exploiter, du granit, du soufre , de l’alun , des cochons , et du miel '.
L’ile Hermœa, ou de Mercure,, aujourd’hui Ta- **
colara } fournissait à Rome une grande quantité de coquillages propres à la teinture de la pourpre, dont la couleur avait la réputation d’être plus vive que celle de l’Orient \ . • .
La marne-à-foulon de Sardaigne passait pour être d’une qualité supérieure , et il s’en faisait de grandes exportations. Un décret des censeurs Emilius et Flaminius ordonna aux fabricants d’étoffes de laine de l’employer de préférence à toute autre 3.
• Pline. Hist. natur. liv. 35 , chap. 1 5 et x 7.
• Don G, an Paolo Ifurra. De varié lectione adagii Pomma SarJiniaeon.
’ L. Æmiho et C. Flaminio ensoribus ronuc ftillouibus impcratum est ,
quod in poliendis vestibus primum creü sardi ntcrentur. Pline , ibid.