‹ Histoire de Sardaigne, ou, La Sardaigne ancienne et moderne, considérée dans ses lois, sa topographie, ses productions et ses moeurs (volume 3)Chapitre 48 sur 108 · L. IVLI CASTR1CI · texte numérisé non relu

L. IVLI CASTR1CI

EQ. R. PRICIPI CIVITATIS.

MEMOR. CLATTICILLAE. WP.

PVELLAE INNOCENTISSIMAE PIENTISSIMAE. PRAESTAN

TISSIMAE CASTISS1MAB

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1ÎT INCOMPARABILI. QVAE YIX. ANN. XXI. M. V. O. XII. HX.

PEUX. MAR. RM. FTATTICVS.

En 1762 on découvrit, sous des débris de vieux édifices , au faubourg de Stampace , un très beau pavé ou mosaïque de marbre , représentant Orphée jouant de la lyre , au milieu de douze animaux de différente espèce , séparés l’un de l'autre par des arbres. Ce pavé, y compris un encadrement circulaire , aussi en mosaïque , de deux pieds de large , avait dix-sept pieds sur quinze. On envoya ce morceau précieux à Turin , en le divisant en plusieurs parties , mais avec trop peu de soins malheureusement, pour qu’il ne souffrît pas beaucoup du transport.

On avait trouvé , en 1718 , dans ce même faubourg de Stampace , autrefois si riche en restes de l’antiquité , un autre pavé de mosaïque , représentant Hercule au milieu de divers animaux , de la même grandeur et du même mérite d’exécution pour le moins , dit-on , que celui d 'Orphée , dont il était peut-être une espèce de pendant. Les Espagnols étaient alors les maîtres en Sardaigne. Ils désassemblèrent ce beau pavé , et l’expédièrent à Barcelone. Le bâtiment qui le portait ayant été pris par les Barbaresques , on n’en a plus jamais entendu reparler.

Depuis que la Sardaigne appartient aux princes de la maison de Savoie, qui attachent aux objets d’art, et aux souvenirs de l'antiquité, plus d’intérêt que ne le faisait la nonchalance ou l’ignorance des vice-rois Espagnols, on a constamment envoyé les morceaux précieux, qui étaient successivement découverts, au musée de Turin , renommé par ses richesses en ce genre. Plusieurs collections ont été faites en même-temps par des particuliers, et surtout par des administrateurs temporaires , qui, le plus souvent , n’avaient d’autre but que d’en faire , à leur retour sur le continent , un objet de spéculation. C’est ainsi que se sont perdus ou dispersés une foule d’objets, qui , par leur réunion ou leur rapprochement , auraient eu plus de mérite et de valeur.

Les morceaux dignes d’intérêt , que le hasard fera maintenant découvrir , échapperont du moins à la dispersion et à la destruction. Le musée qu’a formé à ses frais à Cagliari le roi Charles Félix, aujourd’hui régnant , et qu’il a donné à celte ville , recueille avec soin les inscriptions , pierres gravées', vases , idoles et fragments de tout genre . qui sont propres à compléter la collection des antiquités nationales , si long-temps dédaignées , négligées , ou dilapidées dans ce pays.

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