‹ Histoire de Sardaigne, ou, La Sardaigne ancienne et moderne, considérée dans ses lois, sa topographie, ses productions et ses moeurs (volume 3)Chapitre 58 sur 108 · I. A S Alt DA IG» H · texte numérisé non relu

I. A S Alt DA IG» H

bargia Ollohii; i3. Parle Barigadu; t4- Parle Ozier Reale; i5. Parle Ozier Super iore.

Elle a oo milles sur 4o d’étendue , et on évalue sa superficie à 1,800 milles carrés.

i. L’arrondissement de Simaxis } dont la ville d ’Oristana, qui est la capitale de la province , est le chef-lieu particulier, peut être considéré comme un des plus fertiles et des plus riches de l'île de Sardaigne. Il produit en abondance des grains de la plus parfaite qualité , toutes les variétés de vins, parmi lesquelles on distingue la Vernaccia , de

l’huile, des fruits excellents, et les plus belles

>1 T ■■ 1 . Cl ■■ r ;

espèces de plantes potagères. Les deux étangs de Santa Giustae t de Sassu; qnien font partie, ont des pêcheries d’un très grand rapport. Les boutargues , que l’on tire de quelques-uns des poissons dont ces étangs sont remplis, sont un objet d’exportation assez considérable , ; les huîtres de Terralba, ont de la réputation

On voit à Murrubiu } entre les deux lacs, des vestiges d’anciens bains romains d’eaux thermales , qui sont abandonnés. C’est là, comme nous l’avons fait voir dans un autre chapitre, qu’était rétablissement qui s’appelait Aquœ Neapolitanœ.

’ Les boutargues , faites avec des œufs de poissons mis à la presse et séchés, servent à l’exportation, et contribuent , avec tout le poisson frais, k la consommation intérieure. On sale les anguilles , comme dans la vallée de Comacchio , et on les réserve pour les jours inaigres et pour le carême.

L’arrondissement de Sinuuris a i3o milles carrés de' superficie. Ses dix villages comptent une population de 5,000 habitants, outre celle de la ville d 'Oristano, qui en a 5,5oo.

Cette ville, qui fut fondée vers l’année 1070, et bâtie et agrandie aux dépens de l’antique cité de Tharros, a été beaucoup plus peuplée et plus importante qu’elle ne l’est aujourd’hui, à l’époque où elle était la capitale du judicat d’ Arborée, et la résidence des juges. On voit encore des pans de ses anciennes murailles, ouvertes par deux portes, dont l’une conduit au port, et l’autre, surmontée d’une tour où est la cloche de la cité, à Cagliarie t au cap supérieur. Cette dépopulation a été occasionée par l’extrême insalubrité de cette ville , que le voisinage de lacs immenses d’eaux stagnantes rend presque inhabitable pendant la plus grande partie dë l’année. La chaleur et l’humidité, dont la combinaison produit le mauvais air, donnent en même temps, et par les mêmes raisons , à la terre qui environne la ville et les étangs, une^ fécondité prodigieuse.1 Les oranges, les grenades, les melons, les cardes , les artichaux , et tous les légumes, y sont d’une grosseur étonnante, et d’une qualité supérieure.

1 Le nom cl ’Orùtano lui vient de la iichc&se du produit de ses étangs. Son nom latin est Aureum Stagnum , que quelque écrivains français, qiÿ l’ont rencontré, ont eu la simplicité de traduire par l’étang 4’ or.

Le seul édifice remarquable à Oristano g st l’église cathédrale , qui est grande et belle , et son clocher isolé, dout l'architecture n’est pas sans mérite. On y distingue encore le palais archiépiscopal, le séminaire, un ou deux couvents , et quelques maisons d’habitation.

A un mille environ d’ Oristano, est le pont qui porte son nom , et sous lequel passe le Tirso, avant de se jeter dans la mer. L’arche du milieu est élevée et très hardie. C’est une tradition populaire qu’il a été bâti en une seule nuit par le diable pour le service du dernier marquis d 'Arborée.

Oristano fait un peu de commerce maritime ; mais ce qui lui donne surtout du mouvement et de l’activité, c’est qu’il est le centre des communications des deux parties de l’ile , et le lieu de passage des voyageurs à cheval ( Viandanti ou V uiggianli), qui portent les marchandises de Cagiiari à Sassari , et réciproquement1.

On a essayé, il y a une cinquantaine d’années, d’acclimater dans les environs d 'Oristano le mûrier blanc, qui nourrit les vers à soie ; mais faute de patience et de soins, malgré les encouragements du

’ On ne peut aller en voiture , sur la route de Cagiiari à Sassari , que jusqu'à quelque lieues d 'Oristano. La route est impraticable , même pour les charrettes les plus grossières ; il faut nécessairement transporter les denrées et marchandises à dos de cheval, car les mulets, *qtti seraient si bien appropriés à la uaturc du terrain, y sout inconnus.

Diqiti

ANCIENNE ET MODERNE. /|5f)

gouvernement , cette culture, dont les premiers résultats étaient satisfaisants , n’a pas eu tout le succès qu’on s’en était promis.

2 . Le Campidano Maggiore, qui a douze villages, produit du grain, du vin, de l’huile et des fruits. On fait du sel au cap Mannu. C’est dans cet arrondissement que se trouve l’étang de Cabras, près duquel étaient les ruines de Tliarros , et où l’on pêche le plus gros et le plus beau poisson de toute l’fle.

Le village de Cabras , situé sur le bord de l’étang du même nom, est renommé par la grosseur et la bonté de ses raisins secs. Il a 5,ooo habitants.

On voit, près du village de Nuracfu, le lac ou plutôt le marais de ce nom , qui a un mille de circuit, et qu’une croyance populaire rend un objet de terreur dans le canton. Les gens de la campagne prétendent que souvent, pendant la nuit, on entend d’affeux rugissements sortir du fond de ce marais , et que les troupeaux fuient épouvantés. Ils en concluent que c’est un conciliabule des démons. Il est probable que la peur a fait exagérer cest bruits diaboliques ; mais des personnes de bonne foi assurent qu’il est bien vrai que quelquefois on entend , particulièrement au centre du marais de Nurachi , un murmure sourd et prolongé. Il est à supposer que là est un gouffre où se précipitent les eaux de quelques courants souterrains ,

LA S A R P A I fi N E

lorsque les pluies ou la fonte des neiges en ont augmenté le volume.

Superficie : i4o milles carrés.

Population : 8,800 habitants.

5. Le Campidano de Milis est le jardin de la province & Arborée. Situé au pied des monts Limbara , il est parfaitement arrosé par des ruisseaux d’eaux vives, qui y prennent leur source, et surtout par une petite rivière qui traverse dans toute son étendue la délicieuse 'vallée connue sous le nom de V ijga di M'dis , considérée avec raison et vantée par les Sardes comme leur pays des Hespérides . Cette vallée, qui a plus de trois milles de longueur et deux milles de largeur, sur la route A' Or islano à Milis , est entièrement plantée d’orangers, de cédrats et de citronniers, en si grand nombre, et d’une si belle végétation, qu’ils forment un bois épais, dont les parfums, dans le temps de la floraison , avertissent le voyageur, à une grande distance, de l’approché de ces lieux enchantés. La vallée de Milis est divisée en un grand nombre de lots ou héritages , appartenant aux plus riches particuliers d 'Oristano , qui en font un bon revenu. La multiplicité de ces arbres , pressés les uns contre les autres, et pour ainsi dire entrelacés, laquelle est un mérite pour le plaisir des yeux, devient en même temps une cause qui nuit au développement des fruits qu’ils portent.

La grosseur en est moindre que celle des oranges et des citrons de quelques autres parties de la Sardaigne t comme Sassari et Orislano j mais ils sont d’une fort bonne qualité , et les jardiniers de Milis , qui tiraient autrefois bien peu de parti de ce présent de la nature , commencent maintenant , outre la consommation énorme de Cagliari et de tout le cap supérieur, à faire des exportations pour l’étranger. Une culture bien entendue augmenterait la réputation de ces beaux produits du sol de la Sardaigne, et les ferait rivaliser peut-être avec, ceux

de Nice et de Majorque, , ,,, . -

Les habitants de I4 vallée de Mills , que la disette, de bras force à laisser, périr une immense quautité de fleurs, dont ils ont unJit épais sous leurs pieds, savent du moins appliquer leur industrie, à l’enveloppe et aux moyens de transport de leurçs récoltes. Il y croît une prodigieuse (quantité de cannes ou roseaux à nœuds, dont ils font de grandes nattes , qui servent à toutes sortes d’usage.,11e trois qu quatre de ces nattes unies ensemble, ils. font d’énqrmes paniers ou sacs oblongs, nomiqçs cadinus , qu’ils remplissent d’oranges et de citrons, et qu’ils placent sur des charrettes, traînées par quatre ou quelquefois six bœufs, pour les aller colporter dans tout le cap supérieur , ou ils vendent avantageusement et les fruits et les cadinus.

LA sahdaione

Les autres parties de l’arrondissement fournissent des grains et des fourrages en abondance. On y compte sept villages , peuplés de 8,000 habitants. Sa superficie est évaluée à i3o milles carrés.

4. Le plus petit arrondissement delà province est celui d’ Usellus; il n’a que 20 milles carrés de superficie, et à peine 3,(îoo habitants dans les dix petits villages dont il se compose. La population A' Aies , son chef-lieu, et siège épiscopal, est de 900 âmes. La profondeur des vallées , enfermées entre des montagnes et des collines, qui empêchent la circulation de l’air , a porté au dernier pojnt l’insalubrité de ce petitranton. L’intempérie en a chassé les habitants. Pendant le temps qu’elle règne , les évêques A' Aies vont habiter une jolie maison de campagne sur les hauteurs de f^illacif/ro. La cathédrale A' Aies passe pour être le plus bel édifice en ce genre de toute la Sardaigne. C’est une marquise de Chirra qui la fit construire , à ses frais , au commencement du seizième siècle, et qui la dota très richement.

Le village d’ TJsellus occupe une partie de la place où était la colonie romaine d’ Usellis. Tout près est un plus petit village encore , qui porte le nom de Ruinas.

Toute celte contrée est couverte de substances volcaniques.

Page 1