Le cinquième arrondissement , celui de la
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Marmilla , est plus peuplé , plus fertile , et beaucoup moins malsain que le précédent. Il a quatrevingt-dix milles carrés de superficie, dix-sept villages , et onze mille habitants ; ses produits sont des grains , des légumes , et des fromages. II est arrosé par plusieurs ruisseaux , sur les bords desquels on pourrait faire de très jolis jardins et des vergers.
Cet arrondissement , qui forme une plaine assez étendue vers le midi , est fermé à l’ouest par les monts d 'Aies , et à l’est par la fameuse Giarra de Gestori. C’est un plateau formé , au sommet d’un monticule , de laves coulées d’un ancien volcan voisin , celui d’ Jlès , de la même nature et dans la même disposition qu’à la Giarra d eSerri , dont il a déjà été question. La Giarra de Gestori a six ou sept milles de long , sur trois ou quatre de large. Le temps a rompu , en différents endroits , le sol volcanique de ce plateau , et on rencontre fréquemment des fragments de lave amoncelés , qui ressemblent tellement à des pierres de taille , que l’on serait naturellement porté à les prendre pour des ruines de quelqu’une de ces villes méditerranéesdont parlent les anciens géographes , si un pareil lieu avait jamais pi> être habitable.
G. L’arrondissement des montagnes , ou Parlc- Monti , est encore supérieur au précédent sous le rapport de la fertilité, et de la salubrité do l’air.
qu’on y respire , surtout au village de Morgongiori y situé sur le penchant d’une colline , d’où coulent des eaux limpides , et au grand et riche village de Mogoiv , qui lui seul a plus de deux mille habitants. Il se compose de neuf villages qui en comptent 7,000. §a superficie est de 80 milles carrés.
Ses productions consistent en vins , oranges , citrons , et fruits de toute espèce , qui, abrités des vents du nord , y réussissent à merveille.
La monlagne.de la Trebina , dont le sommet est une roche volcanique , est couverte de bois remplis de sangliers et de gibier.
7. Le vaste arrondissement de Monrea/ees t presque un désert. Sur une superficie de 4oo milles carrés , il n’y a que neuf villages , avec une population de 16,000 habitants. Dans les parties basses, il produit du grain et du vin. On y voit d’assez nombreux troupeaux de vaches et de moutons ; 011 y cultive des orangers et citronniers; et les bois de ses montagnes , où abonde le gibier , sont plantés de hêtres , de génévriers , de chênes verts , et d’arbres résineux.
Cet arrondissement est riche en mines d’argent et de plomb , qui out^té autrefois d’un bon rapport , mais qu’on a eu des raisons d’abandonner entièrement.
Ce qu’il y a de plus remarquable dans le Mon- ' renie , ce sont les ruines du château , et les eaux
minérales et thermales de Sanlam. On ne voit plus que quelques murailles du château , situé sur une colline très élevée , "qui était une des places fortes des j uges d’Arborée , etoù séjourna l’Infante Dona Teresa , en i3a4> pendant que son mari, don yilfonse (V Aragon , faisait le siège de Cagjiari.
A peu de distance du village , au pied de la montagne qui donne son nom à l’arrondissement , se trouve l’établissement des eaux minérales et thermales de Sardam , qui sont fort renommées dans le pays , et les seules, de toutes celles qu’a prodiguées la nature à la Sardaigne , où l’on puisse venir chercher Ja guérison d’une maladie sans s’exposer à en contracter une autre. Ce n’est pas que les baigneurs de Sardam y trouvent aucune de ces commodités de la vio qu’on réunit partout ailleurs en des lieux analogues, ni qu’il y ait même de logements habitables , ce que le voisinage de
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un luxe mutile ; mais du moins la maison des bains
est-elle disposée de maniéré a ce que ceux qui en
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ont réellement besoin puissent en faire usage.
Dans une des pièces, à peu près nu^s^ dont elle se compose, sont deux grands bassins oblongs, séparés par un mur. L’un contient l’eau tiède , l’autre l’eau chaude, et les baigneurs s’en servent suivant la nature de leur mal et les prescriptions de leur médecin .
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L’eau chaude l’est à un tel degré, qu’on ne peut y plonger la main sans éprouver une sensation presque pareille â celle que produit l’eau bouillante. Les animaux qui tombent, ou qu’on jette dans ce bassin , y meurent en peu d’instants. On a remarqué cependant que les œufs n’y cuisent pas , quelque temps qu’on les y laisse.
L’eau qui déborde des bassins forme une boue qu’on emploie et qui est salutaire dans plusieurs affections. On la porte, ainsi que les eaux, à Ca~ gliari , pour l’usage des malades , auxquels on veut éviter les désagréments d’un déplacement et d’un voyage, qui en d’autres pays sont regardés comme des plaisirs , et comme la partie principale du traitement.
Le terrain du lieu où sont situés les bains de Sardara, se compose de lave schisteuse, et d'autres substances volcaniques.
L’arrondissement de Monreale, outre les sources thermales de Sardara, est le plus riche de toute la partie méridionale de l’ile en eaux abondantes , aussi fraîches que limpides. Il est parcouru , presque en son entier , par la petite rivière de San Guvino, et par celle de Palilonis, l’ancien Debotes , qui vont se jeter dans le lac ou étang de Marcedili, où l’on pèche des coquillages très délicats et très recherchés.