‹ Histoire de Sardaigne, ou, La Sardaigne ancienne et moderne, considérée dans ses lois, sa topographie, ses productions et ses moeurs (volume 3)Chapitre 68 sur 108 · I. A SARDAIGN G · texte numérisé non relu

I. A SARDAIGN G

pied de la montagne de Goruiari, dont la cime est une des plus élevées de toute l’ile, et d’où l’on découvre la nier à l’ouest et à l’est. A l’extrême pointe de cette montagne, est un petit plateau , sur lequel on s’êst avisé de bâtir une église dédiée à la Vierge, qui est , pour la fête du 8 septembre, l’objet d’un grand concours , et l’occasion d'une espèce de foire.

Les forêts dont sont couvertes les montagnes du Doris produisent une quantité prodigieuse de poires sauvages , qui servent à engraisser des troupeaux de cochons. On y récolte aussi du vin, des châtaignes et des noix. Sa superficie est de 120 milles carrés ; sa population d’environ 6,000 habitants.

1 1 . L’arrondissement de Monte Ferro , ainsi nommé de la pointe la plus élevée des montagnes dont il est en partie couvert, contient quatre villages seulement, dont deux sont importants, riches et peuplés. Le premier, Santu Lussurgiu , célèbre qp Sardaigne, à cause du genre de ses produits, est situé au pied de la chaîne du Limbara , dans une belle vallée , au midi, arrosée par une multitude de sources d’eau excellente, et environné de vignes , de bois , et vergers , où l’on récolte beaucoup de noix, de châtaignes et de cerises. Sa principale richesse consiste dans le grand nombre d’animaux de tonte espèce, et particulièrement de

porcs (l’une grosseur extraordinaire. Les jambons, les saucissons, et les salaisons «le tout genre de S. Lussurgiu jouissent d’une réputation méritée dans toute la Sardaigne. Ses eaux-de-vie sont d’une bonne qualité.

Le second village , que l’on nomme Cuglieri, est placé au milieu d’un grand bois d’oliviers , qui donnent l’huile la plus fine et la plus recherchée de tout le pays. Ce village fournit à la consommation d’une partie de l’île , et notamment delà capitale. Cuglieri produit aussi un peu de soie.

L’aspect géologique du canton de Santu Lussw <giu indique manifestement l’existence de plusieurs anciens volcans1. On rencontre partout des masses énormes de laves, de basaltes, et de substances volcaniques très variées , produit des cratères dont on reconnaît les traces sur la plupart des montagnes de cette région. Les cratères de Monte Ferra , de Santu Lussurgiu et de ^uglieri paraissent maintenant effacés ; mais on ne peut méconnaître celui du village de Busaqui, appartenant à l'arrondissement voisin , et qui est séparé de la bouche de S. Lussurgiu parle plateau de Ghilarza , tout formé des laves qui en ont coulé. Ce village de Busaqui, bâti dans le fond d’une espèce d’entonnoir , montre claire-

T Le sol d’aucun pays n’a été plus tourmenté par les volcans, que celui de la Sardaigne. On en a compté jusqu'à 70 seulement daus la partie de l’ouest et du midi de cette ile.

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ment, par la forme et la nature de ses roches, ce que ce lieu a été autrefois

Lasuperficiede l’arrondissement de Monte Ferro est de 170 milles carrés ; sa population est de 9,000 habitants.

1 2 . L’arrondissemen t de la Plana rgia se nomme ainsi , parce qu’il se compose d’une vaste plaine , ou plutôt d’un grand plateau , très élevé au-dessus du niveau de la mer.

Superficie : 70 milles carrés.

Productions naturelles : grains , vins , fruits , miel en grande quantité , et fromages de lait de vaches , qui passent pour les meilleurs de toute la Sardaigne.

Population : Huit villages , et 5, 000 habitants.

13. On compte dans l’arrondissement de B osa , outre la ville qui lui donne son nom , sept villages existants. Parmi un égal nombre de communes détruites , quelques érudjfs placent, avec toute apparence de raison , l’ancienne ville de Cornus , sur les ruines de laquelle est bâti le petit village de Padria.

' C’est dans 1rs substances \ oltaniques sorties du cratère de S. Lussurgiu, que l'on trouve, comme il a été dit plus haut , ces boules à feuillets concentriques , semblables par leur stiucturc a celle d'une rose, et empâtées dans une roche de même substance , qui ofTre l'image du tountoiment dr la lave dans son ancien étal de fusion. Mémoire de M. le cher, de la Marmara.

ANCIENNE ET MOOEKNE.

Un autre village , du nom de Montersta , qu’on appelle aussi Villa^ de Greci, a servi d’asile à une colonie de Grecs catholiques , qui vinrent l’habiter vers le milieu du siècle dernier. Quoique le village lui-même se trouve dans un site salubre, ces m^Jheureux étrangers , obligés de travailler à la terre dans des lieux bas et dans des vallées , contractèrent le mal de l’intempérie , et périrent tous sans exception.

Toute cette région a été anciennement volcanisée. On trouve à Puzzo Maïorel à Kerennde des cratères parfaitement caractérisés. Les lavesetles jaspes y abondent. On voit près de Posa un mont presqu’entièrement formé de cette dernière substance.

Le Monte Leon, isolé et taillé à pic, se termine à sa cime par un plateau , sur lequel était autrefois une forteresse.

Ce pays , généralement montueux , est arrosé , dans ses parties basses et ses vallées , par beaucoup de sources et de ruisseaux qui les fertilisent. Ses produits consistent en grains , vins , viande et fromages. Les bois épais de ses montagnes sont * remplis de bestiaux et de grand gibier.

L’arrondissement de Posa a 180 milles carrés en superficie , et une population d’environ 10,000 habitants.

On ne comprend point dans ce nombre la population de la ville de Posa , sa capitale , qui est

d’à peu près G,ooo aines. Elle a changé de place, et se trouve maintenant à deux jnilles du site de la ville antique , dont elle a gardé le nom , et dont on voit les ruines sur l’autre rive du fleuve , qui s’appelait autrefois le Temus.

Les exhalaisons de cette rivière fangqpse et presque immobile , son défaut d’encaissement qui la fait déborder, l’emplacement de la ville dans le fond d’une vallée fermée, où l’air ne peut circuler, font de Bosa un des lieux les plus malsains et les plus dangereux de l’ile entière. Ses habitants sont très actifs , très laborieux , et on les voit toujours en mouvement pour porter, soit par terre, soit par mer, tanta Cagliari que dans les autres parties de l’ile, les produits abondants de leur pays, qui consistent partieuüèrementeo huile, lin, figues sèches, et vin de malvoisie d’une qualité digne de leur réputation.

Bosa était , au commencement du douzième siècle, un fief des marquis Malaspina , qui en bâtirent la cathédrale en 1112. Devenue sujette des juges A' Arborée et des marquis d’ Oristano , elle tomba au pouvoir des Aragonais , après l’extinction de cette dynastie , et fut incorporée à la couronne vers la fin du quinzième siècle.

La ville de Bosa n'a aucun édifice remarquable.

i4- L’arrondissement de Catm Allas a fin milles carrés de superficie.

Il se compose (le cinq villages ; il en avait neuf autrefois.

Il produit du grain, des bestiaux, du vin et des fruits.

Sa population est d’environ 6,000 habitants.

15. Celui de Costaval a les mêmes produits à peu près , et, de plus , une assez grande quantité de juments poulinières , qui font de bons élèves.

Son chef-lieu , Bonorva , est un riche et gros village , au milieu d’une grande plaine bien cultivée.

La superficie du Costaval est de 45 milles carrés ; sa population est de 5, 000 habitants.

16. Les meilleurs chevaux de l’île de Sardaigne, après ceux du haras royal de Paiililatino , proviennent de l’arrondissement d ’Oppia qui, traversé parle Rio d’Ozieri, et abondant en pâturages, est, sous ce rapport , dans la situation la plus favorable.

Ardara, qui n’est plus qu’un petit village, l’un des trois dont il se compose, et dont le nombre a été de sept , était autrefois une place importante, avec un château très fort, où les juges du Logudoro faisaient souvent leur résidence.

Superficie : 55 milles carrés.

Population : a, 2 00 habitants.

17. On récoltait dans le Meilogu une si grande quantité de miel , que le canton en a pris le nom : le Meilogu est le pays de miel.

Cet arrondissement est déchu de la prospérité qu’il devait à cette industrie. Il a eu dix-huit villages, et n’en compte plus que six. La terre, s’il y avait des bras pour la cultiver, serait pourtant d’un bon rapport ; mais une superficie de 120 milles carrés ne renferme pas 5, 000 habitants.

On voit sur un vaste plateau, au sommet d’une colline élevée , les ruines de la ville de Sorrès , ancien siège épiscopal , bâtie dans le moyen âge , et dont il ne reste plus que la cathédrale, édifice d’un style gothique , en marbre , avec une façade dont les pierres sont alternativement blanches et noires , suivant le goût assez général de cette époque.

Un des villages détruits de cet arrondissement, celui de Vülanava , fut totalement abandonné , quoique situé dans une plaine fertile , à cause de son voisinage du Montesanto, fameux dans le pays par les bandes de brigands et d’assassins auxquelles il a long-temps servi d’asile. La cime de cette montagne , dont la forme parait de loin celle d’une pyramide tronquée , est défendue par des rochers et des précipices , qui en rendent l’accès extrêmement difficile. Là s’était retranchée une troupe nombreuse de brigands , qui , voyant venir de loin les voyageurs désarmés , s’élancaient sur eux par des sentiers connus d’eux seuls , et, après les avoir égorgés , emportaient leurs dépouilles.

Le théâtre de leurs exploits était un défilé, placé sur la route de Cagliarib Sassari , et dont les deux côtés , garnis d’arbres épais , de broussailles et d’épines, en faisaient pour eux une tanière impénétrable , comme celles des bêtes féroces.

18. L’arrondissement de la Figulina est en partie montueux , et se développe, dans le reste de son étendue , en une vaste plaine , qu’on appelle le Campo di Mêla, qui , baignée par une des petites rivières dont se grossit le fleuve de San Gavino , est couverte de moissons et de troupeaux , quoique insalubre pendant une partie de l’année.

Des quinze villes ou communes qui existaient autrefois dans la Figulina , il n’en reste plus que cinq. Son chef-lieu, Ploaghe , dans l’emplacement duquel était une des villes de l’antiquité, dont on ne peut déterminer la position , ville et siège épiscopal au moyen âge , n’est plus qu’un village sans importance.

On voit dans cet arrondissement les ruines de deux célèbres abbayes abandonnées , l’une Santa Maria di Sacargia , de l’ordre de Cîteaux , l’autre San Michèle di Salvenero , de celui des camaldnles , dont les revenus ont été conservés, avec le titre , h deux prêtres séculiers , auxquels ce bénéfice confère la dignité de membre-né de l’ordre ecclésiastique , et une voix délibérative au parlement des cortès.

5oo

Il reste de la première de çes deux abbayes , une vaste et belle église gothique, à l’entrée du Campo di Mêla.

La superficie de la Figulina eçt de i5o milles carrés ; sa population est de 6,4oo habitants.

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