partie du thon mariné s’exporte pour Gênes et pour la France
Un thon est divisé en trente parties , qu'on sale , qu’on sèche, ou qu’on fait mariner séparément; elles ont toutes leur dénomination et leur valeur distinctes. Le morceau le plus délicat et le plus cher est le ventre du poisson , qu’on appelle panse de thon. Les consommateurs modernes, dont le goût ne ressemble pas toujours au goût de leurs pères , partagent sur ce point celui des anciens, qui en étaient extrêmement avides, le payaient double, ainsi qu’on le fait encore aujourd’hui, et le représentaient comme un mets digne de la table des dieux *.
Rien n’est perdu de ce précieux animal, qui, sous ce rapport, est véritablement le cochon de mer. Outre l’huile qui coule naturellement des parties grasses du thon, on en extrait encore, par ébullition , de ses cartilages , de ses arêtes , et de ses nageoires. Gette huile sert pour la peinture en bâtiments, pourles fabriques de gros draps.
' Athénée fait servir des ventres de thon an banquet de Jupiter. Il en est souvent fait mention avec éloge dans les* comédies à' Aristophane. Pline recommande expressément le ventre et la cervelle. Les Grecs faisaient une consommation prodigieuse de thon , qu'ils mangeaient , à ce qu'il paraît , au dessert. Ou a , daus des vers grecs à' Arche s traie 9 une recette pour l'as saison ner. Les Carthaginois eu étaient si gourmands, qu’ils en avaient prohibé l'exportation. Le plat tic thon était d'obligation cher eux à Ions les repas de noces.
el pour les corroyeurs. Od loi attribuait autrefois , ainsi qu’au fiel , beaucoup de vertus médicinales ; mais on est revenu de cette vieille pharmacopée.
On prend souvent, avec les thons de course , une variété de scombres , nommée alalonga , dont la chair est encore plus délicate, et malheureusement trop souvent , des espadons, entrés dans la tonnare à la poursuite de leurs ennemis , et qui , armés d’u ne longue et terrible épée plan tée sur leur fron t . réussissent quelquefois à rompre les filets.
L’observation apprendra peut-être quelque jour pourquoi , en Sardaigne du moins , les pêcheries les plus occidentales prospèrent plus que celles du midi et de l’est , et pourquoi les thons , qui , dan» leurs longues courses , suivent toujours symétriquement les sinuosités des côtes , sont d’une plus petite espèce sur un point de l’ile, les salines, qu'à une autre tonnare qui en est très rapprocb êe, JZumentorgin. Elle pourrait de là être conduite à rechercher pour quelle raison , depuis un certain nombre d’années , moins exacts au rendez-vous , ils ont retardé leur arrivée d’un mois , et y viennent en bien moins grand nombre; ce qui mènerait encore à examiner si l’on peut se contenter de l’explication qu’on donne de cette diminution et de ces variations des troupes voyageuses , en les attribuant, comme le font quelques naturalistes.
ASCIEHHE ET MODEIIHE. (>17
au tremblement de terre de Messine, et aux volcans sous-marins.