‹ Histoire de Sardaigne, ou, La Sardaigne ancienne et moderne, considérée dans ses lois, sa topographie, ses productions et ses moeurs (volume 3)Chapitre 91 sur 108 · LA S A H I> A I O N P · texte numérisé non relu

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domestique, et pour la droguerie , des ressources étendues , si on voulait s’en servir.

On lire par incision du genévrier en arbre cette lésine blanche, qu’on nomme sandaraque , et dont on fait du vernis. Son bois donne, parla distillation , l 'huile de code , fort employée dans les maladies des brebis.

Le pistachier-lentisque produit le mastic , dont on fait un si grand usage dans l’Orientt On n’en tire en Sardaigne qu’une huile d’une odeur insupportable.

Le suc résineux qui transpire du ciste est le laudanum , si connu dans la pharmacie.

Le bois et les racines de ce joli arbrisseau , et surtout ceux du genévrier rouge, mais plus particulièrement encore ceux du ifhtisque, fournissent à l’ébénisterie de quoi faire des ouvrages 1res recherchés. En Sardaigne , où ils tapissent toutes les hauteurs , ils sont méprisés , négligés , et alimentent le foyer domestique.

Produits de l’industrie. .

Si les Sardes dédaignent ou exploitent mal une partie des trésors naturels que la Providence leur a prodigués, il ne faut pas en conclure qu’ils manquent d’industrie ; elle s’exerce même sur un plus grand nombre d’objets qtae ne le ferait croire leur peu d’activité et d’amour du travail-.

Dans une île pauvre, et dont la population est faible, l’industrie ne saurait s’appliquer qu’aux besoins de la vie et du commerce maritime , sans s’élever jusqu'à ceux du luxe, qu’elle ignore, et

qu’elbyie pourrait satisfaire. ^

Les Sardes excellent dans l’art de faire ces froma-

ges salés de brebis et de chèvres , dont le royaume de Naples s’approvisionne chez eux. Dans quelques parties de l’ile, on fait des fromages de vaches; mais ils sont rares : on leur donne la forme d’une

poire.

Indépendamment de leurs excellents vins, ils font à Villaeidro, à San Lussurgiu , et dans les Barbargies, de l’eau-de-vie qu’ils appellent eau ardente ( acqiia ardente) , et qui mérite bien ce nom.

De la laine des brebis noires, qu’on multiplie à dessein , on fabrique dans les campagnes une étoffe grossière de cette couleur , qui se nomme forese , et dont on fait des couvertures, des sacs, et ces grands capuchons pointus, partie obligée de l’habillement du paysan sarde. La même étoffe, mais plus fine , plus serrée , plus soignée , sèrt pour faire des manteaux ou des habits de voyage, et garantir de la pluie et du froid.

On fait dans quelques villages de petites étoffes et des fichus de soie commune, qui sont d’un assez bon usage; dans d’autres, des bas de fil d’une excellente qualité ; dans la Barbargia Ollolai des

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tapis de pied et des toiles de ménage; dans la Barbargia Belvi , des tables et planches de noyer et de châtaignier, et dans le voisinage des villes , de la poterie commune.

La ville de Cagliari se distingue par une industrie plus relevée. Son orfèvrerie et sa serrurerie ne sont pas sans mérite. Elle a quelques fabriques de savon, et quelques tanneries, établies par des étrangers. Son biscuit de mer, son amidon , fait de blé dur, ses farines , et surtout ses pâtes , jouissent d’une juste réputation.

La capitale s’est approprié une industrie d’une grande importance : c’est sa fabrique de poudre à canon. Il n’y en avait autrefois qu’au village d’1sili, qui n’en donnait que de la plus mauvaise qualité; il s’en est établi une à Cagliari , pour le compte du roi. Le charbon est donné par le bois d’aulne du pays , et le salpêtre est fourni par les pâtres. Voici comment :

Des cavernes , que la nature a pratiquées dans les collines , servent de retraite aux nombreux troupeaux de moutons et de brebis qui paissent dans le voisinage. On leur fait une couche de terre fine et légère , de l’épaisseur d’un pied. Lorsqu’elle est bien imprégnée de l’humidité produite par le long séjour de ces animaux , pendant les grandes chaleurs de l’été , les bergers y mêlent des cendres vierges, et jettent ensuite ce mélange dans des

tonneaux , d’où ils tirent une eau chargée de nitre., qui donne par l’évaporation le salpêtre de première qualité. Le déchet qu’il souffre à la raffinerie royale n’est que de 25 à 3o pour cent.

Les cultivateurs sardes faisaient aussi de la soude, avant que l’usage de la soude artificielle eût fait tomber cette fabrication , qui ne leur donnait d’autre peine que de laisser brûler d’ellesmémes des herbes marines, et d’en recueillir les cendres.

Les tabacs de la manufacture royale de Sassari , dont la saveur et la qualité les rapprochent un peu de ceux d Espagne , sont confectionnés avec les feuilles qui se récoltent dans tout le cap du nord , et que le gouvernement achète aux cultivateurs.

L’huile est une des principales branches d’industrie de la Sardaigne; on y en fait une très grande quantité ; mais elle est âpre , de mauvaise qualité, et on n’en connaît qu’une espèce, qui est la même pour la table et pour la lampe. Celle que l’on fait au cap de Sass ari , la Provence de l’île , est pourtant d’une qualité supérieure. Il s’en exporte beaucoup. On en fait d’assez bonne aussi à Cagliari ; mais là même l’art de la fabrication est extrêmement en arrière. On est bien loin de savoir, comme à Aix, tirer de l’olive tout ce quelle contient d’huile. Le marc, réexprimé à la provençale, produit une seconde qualité d’huile , nommée r essence

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