CHAPITRE PREMIER
Da peu de notions qu’on possède sur la Sardaigne , et des causes de cette ignorance ou de cet oubli.
Il en est des peuples comme des individus. Il se rencontre dans l’histoire des uns, comme dans l’existence des autres , des époques qui influent sur le reste de leur destinée. Chaque société politique , ainsi que chacun des membres qui la composent , est sujette à éprouver toutes les vicissitudes du sort. Les passions, les préjugés, les mœurs dominantes, la marche du temps, les événements . impérieux , que l’homme ne peut ni prévoir ni empêcher , font passer les peuples par des alternatives de bonne et de mauvaise fortune. Il en est que des combinaisons fortuites, que les jeux du hasard ont favorisés ; il est des hommes et des peuples heureux. Leur prospérité est réputée un fruit de la sagesse , une justice du Ciel ; leurs vices sont loués comiMe des vertus; leurs actions occu-