‹ Histoire de Sardaigne, ou, La Sardaigne ancienne et moderne, considérée dans ses lois, sa topographie, ses productions et ses moeursChapitre 47 sur 78 · T, \ S A II DA ION F · texte numérisé non relu

T, \ S A II DA ION F

alliance , prince-juge de Cagliari. Peu de temps après l’avénement de ce dernier, la république de Pise, qui avait peu de confiance dans la fidélité des juges de Cagliari, et à qui l’expérience avait appris qu’elle n’en devait pas avoir du tout , envoya , sous le commandement d’un de ses consuls , un corps d’armée respectable , qui exigea le renouvellement solennel du serment et de Fhommage de son feudataire. Les Pisans se firent céder une hauteur qui dominait la ville , où ils bâtirent le château qu’on y voit aujourd’hui , et auquel ils donnèrent le nom de Castro. C’est peu de temps après, probablement de 1222 à 1224 > que Lamberto et Ubaldo Visconti firent une irruption , les armes à la main , dans le judicat de Cagliari , et portant partout le ravage , maîtres de la capitale et de la plus grande partie de la province , réduisirent à la fuite et à l’exU le juge Pierre IJ , sa femme Benedetta , et leurs fils Guillaume, qui ne commencèrent à respirer que lorsque , plusieurs années après, Ubaldo, survivant à son frère, devint par son mariage juge de Gallura et de Logudoro , et borna ses soins à consolider son établissement tlans ces deux provinces.

Ubaldo ne jouit pas long-temps du fruit de cette alliance politique. Il mourut en 1239, et Adelasia, restée veuve pour la seconde fois , fit donation de ses états au saint siège, entre les mains du légat

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qu’il entretenait près d’elle. Le pape Grégoire IX, alors régnant , qui ne voulait qu’acquérir un nou-’ veau titre à la souveraineté de la Sardaigne, les rendit sur-le-champ à cetle princesse , à condition qu’elle s’obligerait à payer annuellement au trésor du pape quatre livres d’argent , et que , si elle ve-? nait à mourir sans enlànt, la partie de l’ile dont cet acte était l’objet resterait dévolue à la chambre apostolique. '

La cour de Rome ne négligeait aucune occasion, de quelque genre qu’elle fût , de l'aire valoir ses prétentions , et d’établir ses droits , et elle y réussissait assez bien , quand les circonstances ne lui faisaient pas éprouver une trop forte opposition de la part de la république de Pise, ou de celle de la cour impériale. Il en fut ainsi après la mort à'Ubaldo. L’empereur Frédéric //, qui désirait, comme son prédécesseur faire rentrer

la Sardaigne sous sa domination , ne fut pas détourné de son plan par la donation faite de la (iallura et du Logudoro, et ne se laissa point effrayer j)ar la crainted’une excommunication , comme celle qu’avait lancée le pape Innocent ///contre l’empereur Othon IV. Le veuvage et la vanité é^Adelasia lui fournirent un moyen d’arriver à son but. Il lui proposa pour mari et lui fit en effet épouser un de ses fils naturels, Enzo ou Enzio, auquel il donna le titre de roi de .Sardaigne. L’empereur ,

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t[ui voulait ménager la république de Pise , sur laquelle il exerçait un haut patronage , et dont la fidélité lui était assurée, ne voulut pas que ces nouveaux arrangements préjudiciassentàses droits, qu’il reconnut. Enzio ne jouit tout au plus que d’uii vain titre hors des provinces sardes qui lui appartenaient par son nïariage, et les juges de Cagliari et d’ Arborée lui prêtèrent simplement hommage-, en continuant de gouverner immédiatement leurs états , qui formaient plus de la moitié de l’ile. Les chroniques du temps disent que la belle-fille de l’empereur n’eut pas beaucoup à s’applaudir du motif qui l’avait fait convoler à ses troisièmes noces,, et que le roi Enzio ne se fit guère remarquer que jiar sa tyrannie et sa brutalité. Si cette princesse fut aussi malheureuse qu’on le dit, elle n’eut pas du moins beaucoup de temps à en souffrir. Enzio fit un assez court séjour en Sardaigne. Rappelé patson père , il fut nommé vicaire bnpérial de la Lombardie , et mis à la tète d’un corps de troupes allemandes , avec lequel il commença une campagne qui ne fut pas brillante pour lui. Ayant livré un combat aux Bolonais, à qui il faisait la guerre, il tomba entre leurs mains , et conduit n Bologne , il y mourut prisonnier la meme année , sans que son père ait pu obtenir sa délivrance à aucun prix.

11 n’esl plus (pieslion iWldelasùt depuis son tmisièine mariagtt. Lu parlant pour le eontinenl, Enzioi

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qui avait , à ce qu’il paraît , peu de considéraliun pour elle , nomma vice-roi des états qu’elle lui avait donnés en dot , Michel Z anche , mari de sa mère Bianca , marquis de Montferrat , homme ambitieux et entreprenant, qui ne manqua pas, à la nouvelle de la catastrophe de Bologne , de se déclarer juge et prince souverain de (iallura et de I^gudoro.

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