I. A SA II DAIGNE
princes les plus puissants qui aient régné en Sardaigne. Il cumulait les deux judicats d’ Arborée et deCagliari, par la succession de son père et par son mariage avec Benedeüa.
Après sa mort, arrivée en 1257, les Pisans déclarèrent juge d’ Arborée un nouveau Guillaume , comte de Caprara , qui leur avait rendu de grands services ; mais on ne le compte pas dans la série des juges.
On voit figurer ensuite, dans les annales du pajs, Hugues /'% douzième juge; Hugues II , treizième juge , qui se para du titre de roi ; Comida III , quatorzième juge, mort en 1260; Mariano II , quinzième juge, mort en 1296; et Chiano ou Giovanni, qui fut le seizième. Quelques chroniqueurs prétendent que, vers l’an i.3oo , la répubbque de Gênes imjxisaaux Arboréens un juge de sa façon, nommé Tosorato. D’autres disent que le successeur de Chiano fut Àmlré, qu’ils placent le dix-septième dans l’ordre de succession , et dont ils font , pendant quelque temps, l’associé au pouvoir de son frère Mariano III , qui fut , suivant eux , le dixhuitième juge de cette principauté.
Mariano III joua un rôle marquant dans l’histoire de son pays, mais moins encore que son successeur-, le dix - neuvième juge d’Arborée, Hugues III, qui était , en 132g, seigneur et maître du tiers de la Sardaigne. Après lui viennent
Al!^CIli^î(E ET MODEREE.
Pierre III , vingtième juge , et le vingt et unième , Mariam IV, mort en 1376,. qui fit aux Aragonais, dont il avait été d’abord l’ami et le protégé , une guerre si acharnée.
On compte , comme le vingt-deuxième juge , le farouche Hugues IV , massacré avec sa fille , dans une révolte à Oristano. L’illustre Eléonore, auteur de la charte , vingt-troisième juge d’ Arborée, eut pour successeur son fils Mariano V, le vingt-quatrième et dernier juge, qui termine la dynastie ou succession en ligne directe.
Guillaume III, vicomte de Narbonne-Lara , n’ayant exercé qu’une domination précaire et contestée , on ne le porte guère que pour mémoire au nombre des juges d’Arborée , et à plus forte raison encore son héritier et successeur adoptif, Guillaume IV , sire de Tinières ^cl Apchon , qui. ne parut jamais en personne dans l’île , et y fut représenté par son père et son tuteur, jusqu’au moment où celui-ci vendit, pour de l’argent, les domaines sardes de son pupille.
Les Aragonais , qui achetaient les droits du prétendant d’Arborée , avaient antérieurement vendu les leurs à Léonard Cubeüo d'Alagqn , lequel , sous le titre de marquis àiOrislano, commanda effectivement et paisiblement , en exécution de son contrat d’acquisition. Ses fils et ses successeurs, don Antonio et don Salvator, firent arriver jusqu’à
2 JO LASAnUAlU?IË
soixante-huit ans la durée de la seconde maison d’ Arborée. Les efforts du petit-fils de Léonard pour reconquérir les domaines de son grand-père , auxquels sa qualité de descendant en ligne féminine ne lui donnait pas un titre solide et réel , ne furent couronnés d’aucun succès, et le prétendu Léonard II finit ses jours dans un château fort.
L’extinction des Cubello et la déclaration de déshérence de Léonard II donnèrent , en 1478 , à la couronne d’Aragon la pleine et entière possession de la totalité de l’ile de Sardaigne, dès ce moment incorporée à ses autres états du continent , avec la faculté de se régir par les institutions politiques qui lui avaient été données.
Le judicat d’Arborée avait eu, depuis son institution , cinq cent trente-huit ans d’existence; mais on n’en peut compter effectivement que quatre cent soixante sous la forme de judicat et sous la dynastie primitive. La domination de la maison de Cubello, commencée, en i4io, par l’acquisition que fit Léonard du marquisat d’Orislano , forme une ère nouvelle , qui est de soixante-huit années.
Les autres judicats avaient été réunis bien auparavant à la monarchie aragonaise , dont ils faisaient partie intégi’ante , lorsque celui d’Arborée , le premier de tous par son importance historique , jouait encore un rôle qui fixait l’attention de la cour de Saragossc.
ANClEN?iE ET MODEilNE. 25l
Il semble naturel que le précis de Thistoire et de la chronologie des trois autres judicats suive celui qui vient d’étre présenté , dans l’ordre de leur importance politique et de la durée de leur existence comme états indépendants. *
JUDICAT DE CAGLURI.
La série des juges de Cagliari commence , ainsi que dans le judicat d’Arborée, au premier feudataire pisan que la république y établit en io5o.
C’était probablement un homme d’une haute distinction, célèbre alors ou dan? son pays natal ou dans la partie de l’île qu’on lui donnait à régir , et à qui ses flatteurs et ses* commensaux promettaient l’immortalité. Les auteurs des chroniques écrites deux ou trois siècles après lui ne savaient déjà plus son nom. Elles l’appellent tantôt Torgodore , tantôt Torquitore. On ne sait rien de plus sur son compte.
Premier juge, Torgodore ou Torquitore.
Deuxième, Orzocco.G’estluiqui reçut, en lOjS, la lettre du pape Grégoire Vil , de laquelle il a été déjà parlé plusieurs fois. Il paraît qu’il vivait encore en io84* Il se trouva, dans l’année 1082, assez puissant pour expulser les Pisans de sa principauté , aidé dans cette expédition par les Génob, aveé lesquels il s’était allié.
Troisième , Arzo ou Azzo. Il régnait en io85.
LA SAUD.VIGXE
Quatrième, Constantin. Il existe des actes de lui , de 1089 et de 1 102.
Cinquième, Turpino ou Turhino , ou suivant d’autres Ditiibino. Fidèle aux Pisans , pour lesquels il prolcssait de la reconnaissance et de l’amitié , il leur fournit, dans une expédition contre les Maures des îles Baléares , les secours de sa petite marine.
Sixième , Maviano. Ce prince suivit une autre politique que son père. Allié des Génois, il se brouilla avec les Pisans, qui le chassèrent. Une flotte génoise le ramena bientôt après triomphant , à Cagliari. Il y “fonda une église, en 1119.
Septième, Constantin II. 11 régnait en ii63.
IJuitième, Pierre P'. Constantin // n’avait pas eu d’enlanls mâles , mais une fille qu’épousa Pierre , filsde éro/wr/’o, juge de Logudoro. Pierre, ayant succédé à son beau-père, se laissa gagner, comme l’avaient déjà fait plusieurs de ses prédécesseurs , par les intrigues et les promesses des Génois , avec lesquels il contracta une alliance, après leur avoir fait hommage de ses états. Giiillawne, comte de Caprara, vint à la tête d’un corps de troupes envoyé par la république pour punir ce juge félon, le battit , le fit prisonnier et lui permit de se retirer dans le Logudoro , où régnait sa famille , après lui avoir fait payer chèrement sa rançon . Guillaume victorieux se mit à la place du v'aincu. L’expulsion de Pierre parait avoir eu lieu en 1 180.
ANCIENNE ET MODEHNE. 253
Neuvième, GuUlaunie P’ . Le comte de Capmra, devenu juge deCagliari, voulut s’agrandir aux dé- ' pens de ses voisins. Depuis l’année ii8o, qu’il s’é«tait saisi du pouvoir , il méditait un plan d’invasion contre le judicat d’Arborée, Il l’exécuta en 1190. Pierre , fils de Barisone , comme lui ami et allié des (iénois , gouvernait alors, avec le vain titre de roi, les étals d’Arborée. Complètement battu par G«//launie, il fut jeté dans un cachot avec son fils. Les (iénois, pour faire une diversion, et en même temps pour tirer vengeance d’un homme si audacieux et si entreprenant , tentèrent plusieurs attaques par mer contre Cagliari. A la suite d’un combat naval , où les Pisans furent défaits, ils s’y établirent euxmêmeSen 1 199. Guillaïune ne se lintpas pour battu. Il chassa de Cagliari les Génois, ainsi que le jugedétrôné Pierre, qu’ils s’étaient donné le plaisir de réinstaller pour quelques mois, et jusqu’à l’époque de sa mort , en 1 2 1 5 , il resta paisilile possesseur d’une principauté qu’il avait su conquérir et défendre.
Dixième, Pierre II. Ce dixième juge de Gir gliari était le fils de Pierre d’ Arborée , lequel avait été vaincu et mis en prison par Guillaume , et dont il avait lui-méine, dans son enfance, partagé la captivité. Guillaume, à ce qu’il paraît, avait bien changé de sentiments pour lui. Il lui avait donné en mariage sa fille unique, Benedella , et l’avait appelé à la succession du judicat. C’est sous son
LA SAUDa'iGSE
règne que les Pisans, qui avaient eu à se plaindre de plusieurs défections de la part des juges de Gagliari, exigèrent le renouvellement du serment d’hommage et de fidélité , et pour en avoir une garantie plus solide et se donner des sûretés plus réelles, se firent céder une hauteur qui domine la ville, et y bâtirent ce qu’on appelle aujourd’hui le Château. Peu d’années après, vers l’an 12 23, deux aventuriers pisans, Lamberto UhaldoKisconti, portèrent la guerre dans la province de Cagliari, s’en rendirent entièrement maîtres, et forcèrent le prince régnant , ainsi que sa femme Benedelta et leur fils, de chercher un asUe hors de leur principauté de Gagliari , où ils ne rentrèrent que quand Ubaldo , resté seul après la mort de Lamberto , prit le parti d’abandonner sa conquête pour consolider l’établissement qu’il avait fait dans les provinces de Gallura et de Logudoro. On doit supposer qu’ils trouvèrent un asile dans la principauté d’ Arborée, où Lamberto et Ubaldo n’avaient point pénétré , et où Pieriv était aussi juge par droit de naissance. Nous avons Vu dans la notice sur le judicat d’ Arborée qu’il était mort en 1257.
Onzième , Guillaume II. Ge fils de Pierre et de Benedelta jouit paisiblement de sa principauté. Il ne paraît pas qu’aucun événement sérieux ait troublé son règne.
AtiCIE^NE ET MODERNE. 255
Douzième , Chiano ou Giovanni (Jean). Le successeur de Guillaume II fut beaucoup moins heureux. Tourmenté et harcelé par un voisin ambitieux, Chiano contracta, pour son malheur , une étroite alliance avec les Génois, auxquels il fit hommage de ses états , promettant de leur livrer pour sûreté tous les ouvrages de fortification de la place. Les Pisans, indignés de sa perfidie, débarquèrent près de Cagliari , se saisirent de sa personne , et lui firent trancher la tête.
GuMlanme III, surnommé Cipolla (yognon), qui fut le treizième et dernier juge de Cagliari, n’était pas homme à donner de l’inquiétude aux Pisans. C’était un véritable fantôme de prince. Dénué de toutes prétentions à l’indépendance, et servilement obéissant , il était occupé des plaisirs de la table , quoique son sobriquet n’indique pas qu’ils fussent fort recherchés dans sa maison , bien plus que du soin d’augmenter son pouvoir. 11 vivait encore en 1270.
La seigneurie de Pise, frappée de l’exemple tout récent de Chiano, et craignant avec raison de ne pas rencontrer toujours un instrument aussi commode et un prince aussi simple dans ses goûts que le juge Cipolla, prit le parti , quand il eut doucement terminé sa carrière , de diviser le judicat de Cagliari en trois portions à peu près égales , qu’elle distribua aux trois familles qui l’avaient le mieux
LA SAnDAIGKE
ser\ie dans les derniers événements , le comte de Donartico , de la maisofi de la Glierat'desca , Guillawne, comte de Caprara , et Chiano, de la famille f'isconti. Ces seigneurs feudalaires , et même leurs héritiers , pendant un assez grand nombre d’années , portèrent le titre honorifique de juges, quoiqu’ils n’en eussent ni le pouvoir ni les fonctions réelles. Les femmes mêmes transmettaient ce titre à leurs maris , qui n’hésitaient pas à s’en décorer. C’est ce qui arriva en i3o8 à un Riccardo Concino, seigneur de la ville de Trévise. Ce titre , dont on était fier, était un de ceux que portait le comte Ugolino délia Gherardesca , qu’un chant de l’Enfer du Dante a rendu si horriblement fameux.
Ijes Pisans , en faisant ce morcellement se réservèrent la possession immédiate de la ville et du château de Cagliari , de la place d’Iglesias, et de tous les forts et lieux fortifiés , où ils mirent de bonnes garnisons et se maintinrent jusqu’à leur expulsion par les Aragonàis.
La durée du judicat de Cagliari , sous ce titre, qui est celui de son institution primitive , n’avait été que de deux cent vingt ans.
JLDICAT DE GALLURA.
Ce judicat, quoique placé le second dans l’ordre hiérarchiqHie à l’éptxjue de la création , est pourtant
celui de tous qui eut le moins d’importance politique et historique. Ses juges ont obscurément passé sur la scène , et il existe entre quelques-uns d’entre eux des lacunes , que les chroniques du temps ne donnent pas les moyens de remplir. Je ne mentionnerai que ceux dont Je nom s’y trouve authentiquement écrit.
Premier juge, Constantino. Quelques-uns l’ont appelé Manfredi, ou ont supposé qu’il avait été précédé par un prince de ce nom. Mais il n’y a d’autre autorité à ce sujet que celle de J^ico et de Cambiagi , féconds en princes et rois imaginaires. Le fait est que rien n’indique qu’il y ail eu dans laGallura, entre l’institution pisane de io5o et l’année loyS, un autre prince ou juge que ce Conslantino, auquel écrivit, à la date de celte dernière année , le pape Grégoire VII.
Deuxième , Torquitore ou Torgudor.- prince se livra sans pudeur à des excès si scandaleux en tous genres, qu’il fut excommunié en 1092 par un conseil d’évêques expressément tenu dans la ville de Torrès. Si cet anathème ecclésiastique n’avait frappé qu’un petit tyran , cruel et lâche , on |>ourrait regarder cet acte de répression comme une leçon hautement donnée dans l’intérêt de la justice et de l’humanité. Mais quand on voit que le prince et tous ses sujets furent enveloppés dans la même excommunication , on no saurait comprendre com- I. 17
ment le peuple fut puni des iniquités de son maître, et pour quelle raison les prélats sardes durent confondre dans le même châtiment les victimes et le bourreau.
Troisième Il est tout-à-fait inconnu , et
rien ne révèle son existence. Il est pourtant indubitable qu’il y a eu un juge de la Gallura entre l’année 1 092 , depuis laquelle on ne sait plus rien de l’excommunié Torquitore, et l’année ii65, où l’on entend parler, pour la première fois, de Conslanlin II.
Quatrième , Constantin II. Il a régné sur la (iallura , et vivait en 1 165. Voilà tout ce qu’on sait de lui. «
Gnquième , Barisone , d’autres disent Pierre. Peut-être porta-t-il ces deux noms. On rencontre des traces de son existence de 1173 à 1182.
Sixième , Lamberto. Ce jeune gentilhomme , de la famille Visconti de Pise , vint avec son frère Ubaldo , vers l’année 1190, opérer une descente dans la province de Gallura , dont il fît la conquête. Il s’en déclara le souverain et prit le titre de juge. On ignore si c’est avant ou après sa mort que Comita II, juge de Logudoro, s’empara de la Gallura et rîncorporaà son judicat, auquel cette province resta unie jusqu’en 1271. Comme en pareille matière un champ libre est ouvert aux conjectures , il est permis de supposer que l’expédition du juge
de Logudoro eut lieu du vivant même de Lamberto. Comita , en sa qualité de Guelfe zélé, était fort attaché aux intérêts du pape Innocent III, duquel il reçut , en 1212 , une lettre flatteuse et encourageante. Peut-être que les suggestions du Saint Père le portèrent à attaquer son voisin Lamberto, qu’on regardait comme un usurpateur et un intrus.
On ignore comment la province de Gallura fut de nouveau séparée , en 1271, du judicatde Logudoro et recommença une nouvelle série de juges. On ignore même le nom de ces juges , et l’on ne trouve aucune trace de leur administration, qui dut être fort précaire , et surtout fort peu indépendante. Cette partie de l’île fut , pendant un long espace de temps , la proie des grandes familles génoises et le champ de bataille, des partis. Les juges, ou ceux qui en portaient le titre, appartenaient nécessairement à la faction dominante , et devaient se succéder avec beaucoup de rapidité. 11 paraît cependant que les Pisans, avant l’époque de 1284, qui fut celle de la destruction de leur marine et de leur décadence , parvenus à l’apogée de leur puissance en Sardaigne, exerçaient dans la Gallura , comme dans tout le reste de l’île, une haute suprématie.
Le treizième juge de cette province, dont les prédécesseurs sont inconnus après Lamberto jusqu’à lui, était un certain Chiano , leur compatriote.
LA SABDAIGNU
qui appartenait à l’illustre famille Conli, et qui fut placé par eux.
Chiano eut pour successeur Nino ou Ugolino , qui résida peu de temps dans sa principauté. Nino, l’un des premiers citoyens de Pise , et chef de pai'ti puissant, s’y était emparé de l’autorité, qu’il ne ^arda pas long-temps ; car il fut à son tour chassé et proscrit ; mais il avait des affaires trop importantes à traiter en Toscane, pour s’occuper beaucoup du judicat de Gallura. Aussi ne s’y fit -il presque pas voir. Ses sujets apprirent facilement à se passer de lui. 11 mourut à San-Miniato , en 1298.
Nino fut le quatorzième et dernier juge effectif de la Gallura, quoiqu’il ne soit pas le dernier qui en ait porté le titre. Mais ce ne fut, après lui, qu’un titre honorifique, qui passa, par des mariages et des alliances, dans la maison F'iscontiàe Milan , sans qu’aucun des princes de cette famille, qui s’en parèrent pendant l’espace de plus d’un siècle, ait songé à en aller exercer l’autorité. Le judicat de Gallura finit d’exister comme état distinct en 1298. 11 avait duré deux cent cinquante ans.
JUDICAT DE TORRÈS , ou LOGUDORO.
Les commencements de ce judicat sont les mêmes que ceux des trois autres. Les Pisans y établirent un des leurs en qualité de prince ou juge, après la conquête de io5o.
ANCIENNE ET MODERNE. sGl
Premier jujje, Gonario ou Comita. (Quelques chroniques le nomment Barisone.
Deuxième, Mariano. Il régnait en 1075, époque où il reçut la lettre du pape Grégoire VII.
Troisième, Conslanlino ou Comita. Il y a des actes de lui de 1 1 02 à 1127.
Quatrième, Gonario ou G/amfa/rô.' Ce prince ne se fit remarquer que par sa profusion envers les églises et les couvents , qu’il se plaisait à enrichir. Saint Bernard , informé de ces dispositions de Gonario, lui écrivit pour l’inviter à venir se faire recevoir dans l’ordre monastique dont il était le fondateur et le chef. Cette négociation fut habilement conduite. Gonario abdiqua, vint se jeter aux genoux de saint Bernard , et mourut en odeur de sainteté sous l’habit des religieux de Citeaux. Sa canonisation eut lieu peu de temps après , et Fei'rari le place dans son Catalogue des saints, sous le nom de Gomarus, roi de Sardaigne ’.
Cinquième, .ffamone. Il gouverna depuis 11 5.3 jusqu’en 1200.
Sixième, Constantino ou Guantino. Son règne fut de trois ou quatre ans au plus.
Septième, Comita II. Plus actif et plus remuant que ses prédécesseurs, Comita //fit une invasion dans le judicat voisin de Gallura , vers l’année 1212.
' Ferrari , ui Calalogo genci'. Sanctoruin.
LA SARDAIOSE
et le réunit à celui de Logudoro , état de choses qui dura jusqu’en 1271 , épioque où l’ancienne division fut rétablie.
Huitième, Mariano II. Il resta fort obscur, même dans son pays. Il vivait en 1218.
Neuvième, Barisone II ou III. Il ne jouit pas long-temps du pouvoir. Il fut égorgé par des soldats en 1221.
Dixième, Adelasia. Fille de Mariano //et sœur de Barisone, qui venait de tomber sous les coups des assassins , elle prit , par droit de naissance et d’hérédité, les rênes du gouvernement. Le pape Innocent III (Lolario Segn^Conti) , qui voulait établir les droits du saint siège sur la Sardaigne, fit épouser à un de ses parents l’héritière des deux provinces , désormais réunies , de Logudoro et de Gallura. C’est alors que Lamberto et JJhaldo Visconti vinrent, à la tête d’une expédition pisane,, s’emparer de la presque totalité de l’île , à l’exception du judicat d’Arborée. Ubaldo, resté seul maître de la Gallura , après la mort de son frère Lamberto, épousa, en 1238, la princesse devenue veuve, ce qui eut pour lui le double avantage d’affermir sa conquête et de faire lever l’excommunication dont il avait été frappé par le pape Grégoire IX , qui consentit à ce mariage, à condition ^'Ubaldo , abjurant la souveraineté de Pise, reconnaîtrait exclusivement celle du
ANCIENNE ET HÜDEH9E. 2ÜO
saint siège. Cet arrangement, qui conciliait les intérêts de la cour de Rome et ceux du juge de la Gallura, produisit l’effet qu’on en avait attendu, tant que vécut Ubaido. Après la mort de ce dernier , l’empereur Frédéric II spécula à son tour sur la main de la princesse Àdelasia , veuve pour la seconde fois , et lui fit épouser son fils naturel Enzio, auquel il donna, comme on l’a vu plus haut , le vain titre de roi de Sardaigne. Enzio étant allé mourir en prison à Bologne, Adelasia s’en tint à’ son troisième veuvage , et finit ses jours dans la plus profonde obscurité , pendant qu’un étranger gouvernait les états qu’elle avait successivement apportés pour dot à ses trois maris. Enzio, en partant pour aUer remplir les fonctions de vicaire impérial de la Lombardie , avait nommé pour son lieutenant , dans le pays dont il se croyait roi , Michel Zanche , mari de sa mère , la marquise de Moniferral, homme plein d’ambition, de talents et d’audace , qui s’empara de l’autorité souveraine et prit le titre de juge de Gallura et de Logudow).
Zanche étant mort, en 1271, les Pisans , qui avaient repris de l’ascendant au nord de l’île , lui ' donnèrent pour successeur un nommé V ernagalla, dont ils voulaient récompenser les services et le dévouement '. On ignore si ce nouveau juge jwur-
■ f ernagalta awil combattu cl réduit les rebelles, à qui uu acte de