‹ Histoire de Savoie d'après les documents originauxChapitre 18 sur 48 · MM6Î · texte numérisé non relu

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Chantai consentait à substituer le silence de l'adoration perpétuelle à la visite des pauvres, ce fut un véritable en thousiasme 1 ; les obstacles tombèrent comme par enchantement; l'idée hardie de F apôtre, accablée par la routine, était morte en naissant. Toutefois, les idées de saint François sur l'aumône et l'éducation ne furent point entièrement perdues pour la charité. Ses Visitandines sont les mères des sœurs de Saint- Vincent de Paul. La duchesse de Mantoue, fille du duc Charles-Emmanuel, prit Tordre sous sa protection ; plus tard, les régentes Chrestienne de France et Jeanne-Baptiste de Nemours réalisèrent, par des mesures législatives et de riches fondations, une partie- de ce vaste et délicat problème de l'assistance publique qui, depuis les premiers siècles de l'Eglise, a préoccupé les meilleurs esprits de la Savoie2.

Ce rapide aperçu de l'œuvre du saint éveque prouve quelle influence générale et persistante il exerça sur le pays au milieu duquel il vécut. Ses enseignements et ses fondations présentent un admirable caractère d'unité doctrinale et de vues pratiques : fa charité et le travail sont les instruments que Dieu met aux mains des hommes pour faire avancer vers le bien l'humanité, vaste harmonie où tout s'accorde, s'appuie, s'équilibre et s'en tr aide. En haut, la religion qui tient l'âme dirigée vers l'idéal; en bas, le lien de la discipline qui empêche le corps social de

que rieu do l'idée mère (Hisl. de sainte Chantai d'après les documents inédits, par l'abbé Bougaud). Remarquez-le, son échec à Rome coïncide avec le mécontentement de Charles- Emmanuel et les essais d'éducation populaire à Annecy.

1 L'abbé Bougaud. Loco citato. Tome 1. 524. * Voir, ci-après, le chapitre XIV.

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se dissoudre, la famille qui reste la substance de la société, le travail qui en est la vie et le nerf. C'est à tous ces titres que saint François de Sales laissa dans les mœurs une empreinte durable, la plus énergique peut-être, et la plus délicate à coup sûr, que le génie d'un homme ait jamais imposée à une société civilisée !.

1 J'ai développé ces idées dans une étude inédite sur l'Apostolat de saint François de Sales en Savoie, dont je détache le passage suivant :

« Tout le génie de saint François de Sales est dans son rœurde chrétien. Il avait, peut-on dire, une de ces âmes délicates qui, pareilles h un parfait instrument de musique, vibrent d'elles-mêmes au moindre attouchement. Il possédait au plus haut degré ce don de la sympathie qui groupait autour de lui, sans effort , les esprits rebelles ou prévenus. Les tendresses exquises, l'abandon demi-féminin de cet orateur persuasif, de ce fécond écrivain, de ce causeur inimitable, ont laissé une empreinte profonde dans le pays où il a vécu; ses contemporains n'ont pas seuls senti le charme et subi l'étreinte fascinatrico. Notre siècle est encore séduit par ces grâces pénétrantes, enveloppé dans les effusions de cette charité qui. hardiment et volontiers, descendait des sereines hauteurs de l'enseignement pour donner au monde, jusque dans les détails que dédaignait la brillante et sensuelle société du XVI Ie siècle, la forte leçon de l'exemple. >

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