‹ Histoire de Savoie d'après les documents originauxChapitre 27 sur 48 · OM70S · texte numérisé non relu

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sont point faits comme les autres hommes, que les ressorts de leur âme ne vibrent qu'à certains échos, qu'ils restent insensibles aux piqûres secrètes, aux atteintes malsaines. Leur isolement les rend, au contraire, plus sujets à Terreur que personne ; l'histoire atteste que les décisions les plus graves ont eu souvent pour motifs de méprisables calculs, un intérêt privé, le caprice d' autrui. Rien de plus naturel dans les sociétés où le dédain d'une favorite fait tomber un grand ministre, où quelques gouttes d'eau jetées sur une robe brouillent deux empires !.

Dès le 6 avril 1701, le duc de Savoie, tout eu protestant qu'il ne s'agissait que de garantir le repos de l'Italie, avait vendu fort cher à la France l'alliance suspecte sur laquelle le cabinet de Versailles fondait ses meilleures espérances * . Contrarié par les lenteurs calculées de Victor- Amédée, Catinat, malgré d'apparents succès, bat en retraite ; son successeur , Villeroy , se laisse prendre à Crémone. Le duc, entraîné par les rancunes de son ministre, le marquis de Prié, s'effraie de la victoire de Vendôme à Luzzara(15 août 1702), négocie avec la reine Anne, se rapproche du prince Eugène, et entre en pourparlers avec l'Empereur; mais il livre son secret à la jeune et belle comtesse d'Orco, qui le vend à Chamillart. Un ordre de Versailles

1 Se rappeler l'histoire de lady Masham et, pour ce qui esl spécial à la Savoie, l'exil du comte d'Aglié, le renvoi d'Hortense Mancini, etc.

3 Règlement de la dette espagnole ; mariage de Marie-Louise de Savoie avec le duc d'Anjou (Philippe V); subsides mensuels de 600,000 livres ; partage de l'Italie ; commandement en chef des armées franco-piémontaises ; etc. (Convention de Turin. Traités publics, tome II.) L'art. XIV est caractéristique.

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