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çaise, à entretenir avec les ministres piémontais une correspondance secrète; les syndics des villes étaient eux-mêmes en communication, et se tenaient mutuellement informés des accidents de la politique1. On ne {jeut blâmer cette attitude, car entre l'accession à l'Helvétie, l'annexion à la France ou le retour pur et simple au Piémont, les Savoyens avaient certes le droit de choisir, et surtout de discuter le parti le moins contraire à leurs sympathies et à leurs besoins. Mais le prince n'avait perdu le souvenir ni de l'indifférence avec lacruelle la Savoie avait tant de fois vu les officiers et intendants piémontais battre en retraite devant l'armée française; ni de l'opposition respectueusement énergique du Sénat de 4680 à 1690, de 4696 à 4703; ni de sa malheureuse campagne de 4744; sans l'insistance de Mellarède, nul ne se fut inquiété de la Savoie à Utrecht1, et les premiers actes de Victor- Amédée, à son retour, marquent une secrète amertume, à demi combattue par la crainte de trop brusquer la fierté nationale ou l'opinion des magistrats.
Victor- Amédée arriva à Saint-Pierre d'Albigny au mois de mai 1743 3 ; le 5 juin, M. de
1 Je donne aux PREUVES, n°« LVII1 et LIX, deux lettres inédites qui résument cette situation. L'une de Mellarède aux syndics de Chambéry (11 avril 1713), l'autre des syndics de Chambéry aux syndics de Moûliers (18 avril).
1 L'art. X du traité stipule qué le commerce de la France avec l'Italie se fera : par mer, au port de Yillefranche ; par terre, sur la chaussée de Turin à Lyon par le Mont-Cenis, Chambéry, Les Echelles, le Pont-de-Beauvoisin. Il avait été question d'adopter le pertuis du Mont Viso et les routes dauphinoises. La convention de Paris (4 avril 1718) régla certains détails d'exé cution et de limites.
1 À cette date, un ordre du magistrat de la santé interdit
Prades fit au comte de Schûllembourg la restitution officielle des Etats. Le 2 août, les villes, bourgs et villages de Savoie reçoivent Tordre d'allumer des feux et d'illuminer trois nuits de suite, pour la paix, à peine d'amende contre ceux qui ne manifesteront pas leur joie. Le Sénat avait été invité à ne poursuivre provisoirement personne pour les faits qui s'étaient produits pendant l'occupation1; cependant, le comte de Schûllembourg révoque les officiers des bourgeoisies et fait brûler les drapeaux à la croix blanche qui ont servi depuis 1706 3.
La cour de Turin fit immédiatement publier Tédit de répartition de la taille pour les sept derniers mois de 1743, frappa des réquisitions de vivres jusqu'à ce que la réinstallation des services militaires fût terminée, ordonna une taxe extraordinaire du tiers en sus de l'impôt foncier pour la réparation des ponts et chemins 3, et leva deux régiments de milices pour l'Italie4.
toute relation avec l' Allemagne, la Suisse, les Grisons, infectés par la peste ou suspects de contagion. En novembre, sur la preuve des mesures sanitaires prises par Berne et Genève, on rétablit la libre pratique avec ia Suisse.
1 Billet royal du 21 juillet 1713. La paix fut l'occasion de grandes fêtes à Chambéry, du 5 au 11 août.
1 Les chandelles et le drapeau neuf, ainsi que le vin d'honneur offert au comte de Schûllembourg à son arrivée, le 10 septembre 1713, coûtèrent 345 florins aux bourgeois de Montmélian. (Arch. municip.)
3 Les bourgeois de Monlméliau furent tirés à 5,720 florins 3 sols 2 deniers de taille et 1,800 florins décapitation pour les sept mois de 1713 ; le 20 février 1714, ils sont taxés à 4,992 florins de taille, plus 1/3 pour les chemins ; ceux d'Àiguebello à 3,019, ceux de Moùtiers à 7,012, ceux de Bonneville à l,984,etc. (ÀR. CH. C)
4 Chaque paroisse y contribua, en proportion du nombre de ses habitants, d'après une évaluation provisoire. L'édit -du «84
La Savoie ressentait les premières atteintes des traités d'Utrecht ; elle exagérait aussi, par ce sentiment d'égoïsme naturel aux peuples comme aux individus, les rancunes ou les prévisions du cabinet de Turin ; elle se plaignit d'être épuisée pour des besoins qui n'étaient pas les siens, pour des ambitions qui lui devenaient étrangères, et ne mit point dans la balance les bienfaits dont le nouveau César accompagnait ses décrets absolus. Tandis que le roi échangera la Sicile contre la Sardaigne et, pour tout ramener dans ses mains, fera appel aux maximes les plus hardies de l'esprit révolutionnaire, la peste va terrifier les populations, le Sénat désertera son rôle séculaire, mais les communes n'abdiqueront pas leurs privilèges ; et, en dépit de ces contradictions apparentes, le progrès social continuera à marquer sa course par des étapes qui, pour être imprévues, n'en seront pas moins sures. La mort de Louis XIV (1715) accentue les résolutions de Victor- Amédée en faisant disparaître dans ce subit naufrage tout un monde \ieilli. Soixante et douze années de règne avaient appesanti sur l'Europe un joug intolérable; il sembla qu'un coup de vent cnassait le brouillard et que le jour se levait.
septembre 1713 ordonnant le recensement des mâles ne fut exécuté qu'en 1728. Franc in et Arbiu fournirent ensemble 4 hommes, la ville de Monttnélian*3, Confia os 3, Thonon 6, Annecy 9, etc. (Ârchimo militare.)
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