‹ Histoire de Savoie (volume 2)Chapitre 25 sur 38 · MM · texte numérisé non relu

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réclamait des réformes et rédigeait ses remontrances avec un esprit de suite et une vivacité d'expression également remarquables. En 1508, rassemblée d'Annecy les accentuait ainsi :

€ Nous, les syndics, etc., sollicitons humblement qu'il plaise à S. A. porter remède prompt et salutaire sur la pillerie de ses châtelains et baillis ; sur l'abus des enquêtes et procédures d'office, entamées sans plainte préalMe ni cas flagrant, pour crimes fictifs, et a cette seule fin de gruger les plaideurs : sur les prévarications des officiers ducaux j sur le fait des procureurs dont le nombre est confus, mdécent et remply de certains non ydoines qui entretiennent plaids et différends ; plaise à nostre sire de les remplacer par gens de bien, si faire se peut ; sur l'abusive intervention du procureur fiscal qui étemisoit les procédures de connivence avec les gens de loy ; sur la trop grande multiplicité des bas officiers et sergents; sur les prêtres et clercs qui recevoient à leur profit testaments et dons, etc. »

Le prince chargea de Texamen des cahiers et de la rédaction des lois nouvelles un jurisconsulte célèbre, Claude de Se^ssel, conseiller de Louis XII, évoque de Marseille, puis transféré au siège de Turin. Le 40 octobre 1513, Charles put répondre aux doléances de 4508, dans cette même ville d'Annecy, afin que la proclamation solennelle des réformes, disaitil, eût lieu là même où on les avait JsoUicitées de s*a justice. Entre autres dispositions essentielles, les Statuts de Charles III renferment les suivantes :

« Défense aux juges de faire exercer leurs offices par des substitués; mesure qui garantit aux plaideurs la moralité et l'instruction du iuge nommé par le prince, et ôupprînte les délégations à des subalternes, source d'injttStices et d'èlteurs. — Défsnse ûUx magistrats infé-

rieurs d'attenter à la liberté de gui que ce sait, sauf U flagrant délit ou l'ordre supérieur; premier pas vers cette liberté de l'individu, la première de toutes après la liberté de conscience, et si souvent violée à cette époque. — Ordre aux ofûciers du prince de ne mettre à exécution les lettres d'abolition ou de grâce qu'après leur entérinement par les conseils de Chambéry ou de Turin; mesure utile, qui prévient l'abus qu'on pourrait faire de la clémence ducale, et associe en quelque sorte les magistrats à cette précieuse prérogative du droit de grâce, tempérament nécessaire contre l'inflexible rigueur des lois, mais exception dangereuse si elle devenait trop fréquente. — Enfin, création de magistrats spéciaux chargés de représenter le clergé et l'armée devant les cours de justice, dans les affaires qui leur étaient personnelles; application de l'axiome jusque-là méconnu: Ne guis in sud causa iudicet, et dont l'importance était d'autant plus granae que les conseils de iustice n'étaient composés que des favoris du prince, révocables et choisis à son caprice. :s^

En 1515, le synode de Bourg régla certains

Î oints de discipline ecclésiastique ; en 4506 et 516, Louis de Gorrevod, évoque de Maurienne et de Bourg, obéissant à cet instinct de réforme qui agitait le monde chrétien, publia des Statuts particuliers, rédigés avec une singulière hauteur de vues, et dans un esprit aussi libéral que le permettaient sa position, les circonstances et' le siècle. La réforme des finances du 10 septembre 1522 (Etats de Moûtiers), succédant a la réforme de la justice du 10 octobre 1513 et aux. hardiesses de Tévêque de Maurienne, semblait entraîner la Savoie dans ce mouvement de progrès universel qui, lentement propagé ae la France à Tltalie et de ritalie à 1 Allemagne, venait de provoquer en divers pays la publication des Coutumes et sur

les bords du Rhin et du Danube les diètes de Worms, de Spire, d'Augsbourg et de Nuremberg. Aussi le duc Charles et la duchesse Béatrix furent-ils accueillis partout en Savoie avec des acclamations de reconnaissance ; les con-

3uêtes pacifiques de la loi faisaient oublier les éceptions de la politique. Genève surtout ouvrit ses portes avec enthousiasme; cette ville, continuant à se débattre entre les convoitises mal déguisées des Cantons et les exigences épiscopales, crut trouver dans le duc Charles un libérateur; les fiertés de Béatrix rompirent le charme.

<i La jeunesse de la ville, disent les chroniques genevoises, estoil lestement vestuë de damas, de velours et de toile d'argent. Ce qu'on trouva de plus galand fut une comoagnie d'amazones qui estoient les plus belles femmes ae la ville, superbement vestuës, les cottes retroussées jusques au genouïl) portant de la droite un dard et de la gauche un bouclier d'argent. Celle qui les commandoit estoit une Espagnole, femme du sieur d'Avoully, laquelle devoit faire compliment en sa langue à la duchesse. s>

Béatrix, assise dans un char doré, traversa le pont d'Arve *, au galop de ses chevaux, sans remercier personne, et ne daigna même pas regarder les dames. Les hommes vinrent ensuite; elle ne leur fit pas meilleur accueil, ce dont les bourgeois furent indignés, disant qu'ils ne lui rendoient tels honneurs par dehvoir, mais par amitié. Les jeunes gens voulaient

* Limite des Etats do Savoie ; il était d'usage que les princes et les évéques, avant d'aUer plus avant, y répondissent aux offres de services des syndics et prétassent serment, sur le livre des franchises, de respecter les libertés de la ville.

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abattre les théâtres et renvoyer les musiciens; les magistrats et les chanoines obtinrent que la fôte continuât; les gentilshommes excusaient la fierté de la duchesse, répétant avec force caresses : Che eran los costumbres del Portugal. Les bals, les concerts, les pêches aux flambeaux sur le lac, les mômeries et monsques dont les Genevois estoient friands^ firent oublier la déconvenue des premières heures; et le duc, affable, conciliant, toujours prêt à vider sa bourse, atténua par sa politesse Tarrogance des Piémontais et des Espagnols ; la cour y demeura plusieurs mois, dépensa beaucoup d'argent et fit beaucoup de dettes, les princes estant mieux obeys à Genève par courtoisie qu'à Chamhéry par obligation. Au départ, Béatrix laissa pour unique adieu à la fiôre bourgeoisie ce singulier compliment : Che era mucho buena posadaf^ — Cest une excellente avr berge! Les Genevois lui en gardèrent rancune, do même que, plus tard, ils ne pardonnèrent I)as à Voltaire le mot plaisant : Quand je secoue ma perruque, je poudre toute la Républifjue. Tîéatrix, qui eut de rares qualités, s'aliéna plus de cœurs par son attitude dédaigneuse (|ue (îharles n'en attirait par ses allures bienveillantes. Tandis f|n*elle aide secrètement aux intrigues de la trahison du connétable de Bourbon* et à celles qui précéd(>rent la paix des

' AR. TDK. Storieparlic. del real Cata; Récit d'Alf. Ladoz.

< La Bros8o et lo Faurigny fniHniont partie dn dotiairo de Marguerite d'Aatricho et demeuraient ouverts aux agents delà coalition, mAme avant la rupture do 1518. C'est de Bourg et d'Annecy que Bourbon, en 1533, fît marché avec Tempereur. Sa mort sous les murs de Home (15*27), n'arr<^ta pas les pratiques atoc les raéconttettts du royaume.

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dames et te mariage de François l^^ avec Une sœur de Charles-Quint, elle ne déguise pas sa haine du nom français. Je me borne à citer un trait que rapporte Brantôme :

a Après la mort de Lautrec devers Naples (1528), nos gens quittèrent l'enseigne et chevauchèrent l'Italie par troupes. Certains gentilshommes, voire soixante, arrivant à Chambéry le jour de la Pentecoste, imaginèrent d'aller demander, comme c'estoit l'usage, à la duchesse qu'on disoit fort belle et généreuse, les sols de passade. Ils se tinrent sous le porche de la grande église quand la duchesse descendit du chasteau pour la messe ; mais elle, après que un chascun feust placé pour la cérémonie et que le plus galant eust dit son cas : Vous estes François ? Je ne donne point d'aumosne aux ennemis de l'empereur mon frère. Vous avez esté bien estrillez d'où vous venez. Je voudrois que tant de François qu'il y a en France le fussent de mesme. »

Ces faits et quelques autres, rapprochés des froissements qu'avaient subis les Genevois, les Faucignérans et les bourgeois de Chambéry, expliquent le succès de l'invasion de 1536. La réaction austro-espagnole contre l'alliance française, l'alliance helvétique et les actes de 1513 et de 1522, se révéla dans toute sa violence aux Etat-Généraux 4e Chambéry. Pierre Gazzini, évêque d'Aoste, fut l'organe de la politique de Béatrix et rédigea, au nom des trois ordres, les xxTi articles votés le 20 février iSQSpour s'opposer aux progrès de Vhérésie de Luther et réformer l'Eglise sur quelques points * . Mais , depuis 1516, la ville de Genève se détachait

« Je publie ces articles inédits aux PREUVES, n*» CXXXV. Les peines atroces qu'on y décrète et l'appel qu'on y fait aux délateurs furent renouvelés dans rassemblée de 1535, où l'on s'occupa aussi de la réforme des types mônét&ires.

de la Savoie, et rassociation des chevaliers de la cuiller (1527) ne devait pas sauver cette cause perdue*. En 1528, le frère de Charles III, Philippe, le héros de la bataille d'Agnadel, passe à la France, épouse Charlotte d'Orléans et devient duc de Nemours. En 1530, Venise raille à la fois l'impuissance et la piété de Charles III en répondant à sa revendication de l'île de Chypre par le verset du Psalmiste : Cœlum cœli Domino, terram autem dédit fUiis hominum. En 1531, la mort de Louise de Savoie brise le dernier Uen qui rattachât à la France la cour de Turin ; et raflfaire de la suc^ cession du Montferrat, en 1533, prouve aux Savoyens qu'ils ne sont plus que 1 instrument mal récompensé de la duplicité autrichienne. C'est à ce moment, où l'esprit d'examen

f)rend le dessus, où l'imprimerie fournit aux lommes de bonne volonté un levier irrésistible, que les Savoyens cessèrent de suivre docilement leurs princes, et, se dégageant du préjugé féodal, eurent la hardiesse de les devancer. En 1470, le savoyen Fichet installe à Paris les premiers ateliers typographiques où l'on se servît de caractères mobiles ; en 1478, il y a des presses à Genève; en 1483, à Chambéry*. En 1516, la Révolution s'affirme avec éclat, à

* Voir les chapitres I et II du tome second de cette Histoire.

' Les premiers livres imprimés avec une date certaine sont les Psautiers de Mayence, en 1457 et 1459, et le Calholieon de 1460. En 1465, des Allemands ont des presses à Subiaco, en 1467 à Rome, en 1469 à Venise. Les bibliophiles citent parmi les meilleurs ouvrages imprimés à Chambéry, par Ant. Neyret, de 1483 à 1500: Le livre de Beaudoin, comte de Flanrdres, puis Le livre oà le roi Modus et la reine Ratio devisent des gestes de chasse, l'Opus triparlitum de Gerson, les Expositions des Evangiles en langue romane, etc.

Zurich, par les prédications du curé Zwingli ; à Wittemberg, par les pamphlets du moine Luther; à Genève, par le traité de combourgeoisie, qui lie la cité à la république catholique de Fribourg et associe les deux villes pour la commune défense de leurs libertés. Dix ans plus tard, Genève accepte le patronage de Berne, devenue dissidente ; en 1529, la Révolution est partout.

Le XVI® siècle consacre un changement complet dans les habitudes, les principes, les croyances. La Révolution, sous toutes ses formes, déplace les influences et fait, à chaque secousse, avancer la civilisation d'un pas. A mesure que la monarchie absolue se substitue aux dominations féodales et que le principe d'autorité étreint plus impérieusement les consciences, on sent mieux le besoin de la séparation des pouvoirs et de l'unité des lois civiles. Depuis que la commune s'est donnée au prince, il y a dans la bourgeoisie comme un secret malaise ; rien n'est dissolvant de toute confiance comme une déception prolongée.

Mais la passion est le caractère du siècle ; elle entraîne et domine tout. Les convictions les

{)lus sincères, les ambitions les moins légitimes, a cupidité et le sacrifice , se disputent le monde. Du choc de ces instincts et de ces idées se dégage comme un sentiment universel de curiosité qui stimule, à la fois, les hommes d'action et les hommes de loisir.

Tandis que, de 1492 à 1529, Christophe Colomb, Vasco de Gama, Albuquerque, Fernand Cortez, Pizarre, ouvrent une carrière illimitée aux relations internationales, décuplent le commerce maritime et créent la for-

tune mobilière, le flamand Yesale iQvente Fanatomie, le français Viète l'algèbre, le polor nais Copernic le système du monde. L'esprit d'observation et de critique renouvelle les sciences, les lettres, les arts; le sentiment religieux se retrempe dans la persécution ; l'or et fimprimerie émancipent le tiers-état. Le bien-être général s'accroît en proportion des progrès de la production et de l'échange; puis, — comme les forces morales finissent toujom*s par l'emporter sur les puissances de la matière, — la conscience s'épure, et, à petit bruit, l'opinion devient la gardienne vigilante du bon droit.

Si les guerres d'Italie font perdre à la région des Alpes le transit commercial, la découverte de l'imprimerie lui verse à flots la vie et la lumière. Désormais, plus de frontières entre les peuples ; il suffit de quelques jours pour rapprocher par une même pensée, pour unir dans un commun enthousiasme l'Italien de Florence et l'Allemand de Rotterdam. La Révolution, c'est-à-dire Tesprif moderne, s'émaiicipe avec l'imprimerie, s'enivre des splendeurs de la Renaissance, s'empare des mœurs avec la Réforme. La découverte d'un mUnuscrit latin ou d'une statue grecque c^iu^mt à Rome la joie d'une victoire \ Alphonse ne demandait à Médicis, pour se réconcilier avec lui, qu'un palimpseste de Tite-Iive ; Jules II fai^it sonner les cloches le jour où l'on retro^ivait le Laocoon dans les tiiermes de Titus ; Léon X donnait cinq cents écus d'or pour dix-huit vers de Pindare.

* Dnruy. HUt» des temps modernes. Chap. III.

En 4529 , trois pays seuleinent pensent et produisent en leur langue : la France, la Savoie, l'Italie; les autres peuples écrivent en latin. Mais la Bible qui, manuscrite, coûtait cent écus * , imprimée se vend trente florins, et les Adagia d Erasme se tirent à vingt-quatre mille exemplaires. Encore un peu de temps, et, tandis que la sœur de François I®*' éditera les contes licencieux de YHeptaméron et les controverses abstraites du Miroir de Vâme pécheresse^ Rabelais publiera à Lyon Gargantua, l'Université de Louvain reproduira l' Utopie de Thomas Morus, Vesale donnera, à Bâle, son Traité d' anatomie , La Boêtie écrira, à Bordeaux, le pamphlet de La servitude volons taire. Encore un peu de temps, et il suffira d'un ballot de livres jeté d'une rive à l'autre du Rhône pour remuer en Savoie le vieux levain de liberté , et aussi . hélas ! de quelques pages saisies sur des colporteurs d'iaées, [>our rallumer les infâmes bûchers de l'intoérance.

Au XVP siècle, tout ce qui s'agitait confusément dans les prodigieux travaux du n^oyenâge, théories sociales des écoles, idées pratiques du tiers-état, essais de centralisiation des princes, coalitions avortées des seigneurs, émancipation des villages, fédération des villes, tout cela se démêle, s'accentue, prend une forme, une couleur et un nom. L'antagonisme

* En 1471, p)u8 de soixante ans avant que Luther fit paraître sa traduction de la Bible, le moine Matormi en avajft fait ia\pr\mar à Venise iv»e tra^^ptio» italie»?^, 49Pt U.pa,rvi| ffixe édUiçns de 1471 à 1517. J^an de {^.ubse^ \(f. ^taàui^\,i,^^^a^^ h Pignero), en 1475, dans le sens delà vieille et céïèDre version de JacqueR do Voragine, archevêque de Gênes.

des deux principes , la liberté , la servitude , s'accuse sans équivoques ; c'est une guerre ouverte, une lutte suprême, un duel à mort, sans masques ni déguisements, entre l'arbitraire et le droit. Grâce aux typographes qui martèlent sans trêve les lourdes presses en bois, l'idée qui rasait la terre à l'ombre du cloître, dans l'enclos du logis, l'idée prend des ailes et franchit l'espace. Le servage se révèle comme un attentat à la dignité humaine ; la liberté de penser n'est plus le lot d'un petit nombre de privilégiés, elle devient un besoin pour les intelligences les moins avides. Ces mots sonores gue les poètes et les philosophes confiaient jadis au silence des cabinets d'étude, à la âiscrétion des lettrés, aux abréviations mystérieuses de parchemins interdits aux profanes, ces mots sont aujourd'hui saisis par mille échos qui les répercutent et les propagent. A chaque heure de la nidt et du jour tm esprit se réveille, un cœur de plus palpite, un apôtre naît, un martyr surgit. Ces avertissements obscurs, sortis des foules et peu compris par elles, prennent un accent nouveau qui vwre comme un tocsin.

Aussi, je ferme ce livre des Origines ; car, à cette date, le peuple de Savoie est au seuil des temps modernes. De toutes parts le bruit des armes et la lueur des incendies ; mais le cri de la conscience humaine domine ces clameurs confuses, et, derrière le chaos apparent du siècle, se dresse la tranliuille et sereine image de la liberté.

Avec le volume suivant, nous çénétrerons au cœur de cette société du XVI® siècle, avide de sensations, passionnément éprise de vivre,

et qui remua, par la plume, le cœur ou Fépée, toutes les idées dont notre existence actuelle est faite. La Savoie, dans ces perplexités de l'esprit humain, sera violemment démembrée; ici, la liberté l'entraîne ; là, le despotisme la retient. Nous verrons comment la coalition austro-espagnole organisa le revers occidental des Alpes, et ce que la tolérance helvétique sut faire de la rive droite du Léman.

Dans le passé, dans ces vingt et un siècles rapidement résumés , tout l'avenir est en germe. Puissé-je avoir fait deviner le lien invisible qui guide l'humanité parmi ces défaillances et ces élans , et avoir suivi moi-même ce flambeau qui ne s'éteint pas et autour duquel se groupent les âmes. Que tout ce qui a péri nous ramène à ce qui ne périt pas I

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