DOCUMENT NO XXXV
Emmanvsl-PhiUbef'i à Michel de UHospital.
Monsieur de L'Hospital, maintenant qu'il a pieu à Dieu au moïen de ceste sainte paix me fère restituer mes Estais, après les aiïères de la Religion le plus grand désir que j'aye est de pourvoir au faict de la Justice. Estant résolu d'y donner ordre et ne désirant rien plus que de me fère cognoistre aux peu{)les pour un pnnce droicturier, juste et équitable, j ay bien voulu vous communiquer ceste mienne délibération comme à celluy de la vertu et prudence duquel j'ay ferme opinion qu'elles suflffiroient à restaurer de grands royaumes descheus et périssants. Si vous prie que*veuillez considérer les moïens qui vous sembleront idoines à ce et m'en bailler votre bon advis par escript. Et oultre que vous aurez part au mérite je vous en demeureray grandement obligé. En vous offrant tout plaisir, prieray Dieu, Mr de L'Hospital vous tenir en santé et longue vie. D'Anvers, ce 18e d'Auguste 1559. Vostre bon amy. E. PHiLroERT.
Cette lettre, dont on a publié des variantes dans V Histoire du chancelier de L'Hôpital par Lévesqae de Pouilly (1764) et dans le Recueil des lettres du duc de Savoie édité à BruxeUes en 1864, est tirée des Ar> chives de Turin. fLettere partieolari dei nostri sereniss. principi, mazzo CIX.)
DOCUMENT No XXXVI Edit sur la gabelle du sel, du 1? juin 1563.
Estant rentré en la jcuyssance de ses pays et Estats, Mgr avoit donné ordre pour la conservation d'iceux et de ses sujets en paix et en repos, il avoit à ces fins créé et estably deux Sénats souverains, l'un pour les gens de Savoye, l'autre pour les gens de Piedmont, pour leur administrer bonne justice, avoit fait fortifier ses villes, chasteaux, forteresses, munys de toutes provi-
sions et de gens de guerre ; ce qu'ayant considéré ses bons sujets de Savoy e et que tous ces frais ne pouvoient se faire de ses revenus ordinaires, ils luy ont volontairement accordé une gabelle sur le sel, à scavoîr qu'ils ont promis de prendre dans rns greniers le sel et le payer à raison de X florins Témine du poids de Cbambéry de cent douze livres moyennant l'exemption de toutes tailles, aydes, subsides et épiées que Tes ofYiciers de son Sénat étoient convenus de prendre, et comme plusieurs personnes faisoient fraude pour ne pas prendre le sel dans lesdits greniers, il fit faire une capitation de telle sorte que chaque ville, village, bourg, bourgade étoient obligés de se fournir de sel, cartier par cartier, en payant es mains des commis à ce establys, mais comme dans le voisinage il survint des guerres, ce qui empescha que les greniers à sel du prince ne pussent eslre foumys par la difficulté des voitures, le prince ayant toujours cependant gens de guerre sur pied pour la préservation de ses pays et de ses sujets et voyant que Ton ne pouvoit plus aller prendre du sel dans ses greniers qui estoient dépourveus et qu'il estoit obligé d'entretenir toujours les mesmes troupes, ses sujets offrirent libéralement à lui payer les uns un cartûr^ les autres deux, trois ou
Î notre, nonobstant qu'il ne puisse leur fournir le sel. ■e prince voyant aue cela ne se pouvoit continuer se contenta qu'au lieu ae luy payer rémine sur le pied de X florins on la lui payât sur le pied de Yl, selon la capitation ou dénombrement fait ou à faire, revenant à trois sols neuf deniers par cartier pour chaque personne qui étoit XV sols l'année, moyennant ce il estoit permis à un chacun de se servir du sel où bon leur sembleroit, et dans ledit édict n'étoient compris les ecclésiastiques tant séculiers que réguliers et les nobles lesquels par ainsy estoient exemps de toutes impositions.
Tiré des Archives du S^nat de Chambéry. (Begistre XlII.It/pcrlMftfl, folios 1341 129.)
DOCUMENT No XXXVII
Emmanuel-PhUihert à Vévêque d*Aoste.
Cariss. nostr. fid. cons. Rev. sono alcuni anni come sapete che questa maladetta settaccia lutherana coraincio ad appicarsi in nostro Ducato d'Âosta copertamente nutricata, che poco a poco crescendo e sue pestilentiose fiamme spargendo... gran parte di queipopuli nel suo errore e non e dubbio che in brève non accenda il rémanente tutto si più longamente si ritarda il conveniente rimedio. Ë ben vero che in questa perturbazione délie cose non si potrà pigliare quel rigoroso partito che mérita il caso, per cio che.... fà bisogna, fuggendo quanto si puove gli estremi procedere con quella maggior destrezza e con quel più sicuri e confacevoli mezzi che
li presenti difficolta richiedono. A questo efieto Ma
perche, come intendete bene e molto scandaloso e periculoso il far morir publicamente quelli che sanno saldi nel errore suo come era uno che fa ultimamente abbruciato costà per cio che la costanza che ni la morte dimonstrano induce piu tosto gli adherenti ad ostinatione che a pentimento per tanto ci par buono che cosi fatti si facian essequir secretamente e anche a quelli che riconoscendo il falso si vorran' emendarsi jpotra usar da clemenzia e misericordia per invitar gli altri al medesimo. Dopo, molto Rev. illust. etc. Da Nizza nel 8<> maio 1558.
FiLIBERTO.
Tiré des Auchivës lâpiscoPALES d'âoste (Lettres ducales* 459). Cette lettre est adressée à Marco Bobbaz , qui remplaça Pletro Gazzini en 1557 et devint cardinal en 1568 ; eUe est écrite sur papier de fil avec le grand sceau de cire rouge au cavalier armé.
DOCUMENT No XXXVIll
Efûmannd^Philibert à M. du Bochet*
Amé ^et féalv ce matin tant seulement avonsfeeev^iâ' 4eUre ^que^wHi&i escripfites' du Yn> de ^ee moj» et"
ensemble sommes esbay et malconteni qu'elle seit venue si lentement de crainte que la tardiveté de la
responce ne soit attribuée à nostre nonehaloir Nous
sommes mortifié pour ce que ledit cardinal (de Lorraine) vous a mandé que madame Marguerite démonstre avoir doute que soyons mal volontiers asseuré au mariaige qui s'est prouposé entr elle et nous par la raison des paroles qui furent tenues de la fille du roy sa
niepce Véritablement l'instance faite de l'une n'a
point esté en mespris de l'aultre laquelle dès longtemps et souventes rois vous entre aultres avez ouy priser
et célébrer ainsy que convient desquelles vertus
nous faisions si grand compte que nous estimerions à bonheur si Dieu nous donne une telle partye et crovons certainement, la mocquerie à part, qu'il nous adviendra ce dont tant de foys nous avez adverty assavoir oue
laisserons gouverner à la femme (10 novemore
Tiré des AKCBivgë de Turin (Leitere partieolarij ; transcrit et communiqué par M. Jules Baux, de Bourg.