DOCUMENT N« XXXII
(k rapporte m cbapitres IX st X du tome I*'.)
La première moitié dn XV* siècle cootioue en Europe les guerres d'ambition ou d'indépendance qui jettent l'Angleterre sur la Franee, les Suédois contre le Danemark, les Russeï contre les Mongols et les Tartares, les Hongrois contre les Turcs, les Espagnols contre les Mores. En France, Jeanne Dare sauve la nation (1431) ; en Orienta le dernier empereur, Constantin XII, meurt sur la brëciie (1453). Le mélange des peuples^ les rapports maritimes multipliés donnent naissance a des chroniques et h des récits. Proissart (1400) et Christine de Pisan (1363 à 1400) sont dépassés par Invénal des Ursins (143d), Monstrelet (1430), Olivier de la Marche (1446) et Comi* nés (1473) ; Servion (1463) et les chroniqMiirs. id'YoUade de France seront, en SavoiOf ienrs émoies.
DOCUMENT No XXXIII
Principes gallicans du Sénat de Savoie en ce gui concerne le tribunal de V Inquisition.
Comme la Savoye est une province ecclésiastique gallicane, on ne met pas en difficulté que quand le Tribunal de l'Inquisition a été admis en France, il ne Tait été en Savoye * . Les anciens Statuts en font mention surtout dans les temps où peu s'en fallut (^ue le pays de Savoye ne fut infecte de Tnérésie de Calvin, dont quelques provinces voisines de Genève et de Berne, comme le Chablais, furent envahies.
Mais, dès que Ton (ut hors de cette crainte et que la France n'a plus admis un semblable Tribunal, il en a été de même en Savoye qui s'est toujours conformée à l'usage de TEglise gallicane, et par la même raison dans la Val d'Aoste, d'autant que l'on prétend dans le dit pays de Savoye, tout comme en France, qus ce sont les laïcs à qui l'Inquisition doit appartenir^ comme seuls juges naturels en matière de foi. 11 ne faut pas s^étonner si à cause de la situation de la Val d'Aoste, sur le chemin d'Italie, on y a fait souventes fois des tentatives pour y établir ce Tribunal au préjudice de la juridiction de l'evêque, et à la différence des autres pavs de la Savoye dont elle fit toujours partie, et si on s*^y est constamment opposé, particulièrement en 1596 et 1603 contre le P. Doerti; en 1604 contre le nonce de S. S. à Turin; en 1614. contre l'inquisiteur de Verceil ; en 1620, contre celui d'Ivrée ; en 1715, contre la publication d'une bulle.
Tiré da manuscrit de la Pratique ecclésiastique de Savoie, folio CXXI, conservé à la Bibliothèqne de la Cour impériale de Cbambéry.
1 En 1424, des patentes du due Àmédée YIII autorisent un Dominicain à séjourner dans les Etats avec sa suite en qualité d'inquisiteur de la sainte foi. — En 1452, Antoinette Goret, des Mart'iies, et Guill. Duret, de Chambéry, sont pendus comme hérésiarques à la requête de rinquisitenr, ainsi que l'atteste le compte de Pierre Cerisier, lieutenant du châtelain Bertrand de Duingt. -— En 1499, les trois Etats réclamèrent contre lès abus de l'Inquisition ; etc.
DOCUMENT No XXXIV
Amour estoit, peut estre, chose douce Au tens passe, ores il se courrouce, Il est muttin, il est pire que fiel.
0 ronsignol lu liausses de t'amie
Une chanson, aux boin retentissans.
Les agnelets comoagnous se paissans
Tondent rémail au beau pré (]ui varie,
Et le loup caul les agnelets épie,
Et pour le loup les chasseurs sont aux champs.
Coup, de sur cou|), le dur fresne couppé Tumbe, à mnd bruit
Là sont nergers complottans leurs ébats, Chacun enquit où son plaisir le nieine
Au bon mois que Uacchus décharge sa vendange Dans la cuve qui boust, un jeune gars criant A mon huis, apporta des bouquets, me priant àSes fleurs pour des raisins vouloir prendre en échange.
Ma mère m'a mandé : je meurs si je n'en mange, Me dit^il ; lors chez moi j'emmeine ve friand. Il avoit le poil blond, le front beau, l'œil riant, Deux ailes sur son dos, semblant un petit ange.
Mais c'estoit Cupidon sous innocente mine, Ah! qui traître visant à mu vuide poitrine Bien qu'il fut plus petit se montra le plus fort.
II a meurtri son hoste ; o amans, o pucelles. Fuies moi (;e finet Amour qui tient des ailes, En lui donnant la vie, il va donnant la mort.
Tiré des soiiueU de VÀmallhée par Marc-Claude de Battet, gontilhommo savoyeo. — EdiUon de Ltod* chez Benoist Rigaud. 1575. Rariitime. (Bibliothèqve de M. André Porrin» i^ Cbanibéry.)