‹ Histoire de Scanderbeg; on, Turks et chrétieus au xv siècleChapitre 103 sur 217 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

Paléologue, sur cette partie des remparts située entre U Porte de Selymbria et la Porte Saint' Romain.

Quelques marins candiotes gardaient la Porte Horea ou la Belle Porte. Répartie en divers endroits , une réserve de Grecs envoyait des renforts sur les points affaiblis.

Afin de prévenir les émeutes populaires ou les surprises ennemies , Démétrius Cantacuzène , son gendre Nicéphore Paléologue et Nicolas Gudelli parcouraient ^ avec un détachement de sept cents hommes^ les divers quartiers de la ville.

£n tout, douze postes, dont deux seulement occupés par les Grecs ; les dix autres, par des officiers génois^ vénitiens, espagnols, russes, allemands.

Dans ces tristes circonstances, les moines de Saint - Basile et les autres ministres des autels déployèrent un admirable patriotisme : à la fois prêtres et soldats, ils couraient sans cesse du temple à la brèche.

Cependant Muhammed , tout en redoublant d'efforts, était en proie à de poignantes sollicitudes : fatigués des lenteurs du siège , ses soldats murmuraient. Une nuit pourtant ranima leurs espérances; un météore lumineux étant apparu au-dessus de la ville, ils saluèrent joyeusement ce favorable augure : Dieu, irrité contre les Grecs, n'allait-il pas livrer Constantinople aux flammes?

Mais cette conflance ne dura guère. Le bruit s*étant tout à coup répandu qu'à la tète d une puissante armée le terrible Hunyade, surnommé le Diable par les Turks,

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s'avançait à marches forcées, et qu'une grande flotte arrivait d'Italie^ le découragement remplaça lallégresse : l'heureux présage ne devint plus à leurs yeux qu'une effrayante menace. Telle fut même un moment cette panique, que de toutes parts dans le camp des cris tumultueux demandaient la levée du siège.

Sans se troubler ^ Muhammed sut exploiter cette même superstition. Bientôt, gr&ce à son habile interprétation, il eut démontré à ces esprits grossiers^ mais avides de sécurité, que le météore promettait une infaillible victoire.

C'est durant ce siège , de 1453 , qu'Eyoub (Job), le célèbre compagnon du Prophète et son Porte-Etendard, apparut en songe à un scheik, dit la légende, et loi révéla le lieu où reposaient ses restes. Le Sulthan , personnellement dépourvu de tout sentiment religieux/ savait tirer un merveilleux parti du fanatisme de mm peuple. La miraculeuse découverte lui devint donc d'an grand secours ^

Au milieu de ces luttes ardentes, quelques velléités de négociations s'étaient manifestées. Cédant aux solli-

< Une fois maître de la ville, il éleva une mosquée et un mausolée {turbek) à la mémoire d'Eyoub. C'est dans cette mosquée, au faubourg de ce nom, que les Sullhans, à leur avènement, vont ceiadre le sabre du Prophète. Des deux autres mosquées que Muhammed fit ensuite construire à Constantinople , Tune est un des plus beaux monuments de Tislamisme. Au-dessus de la porte on Ht, eu lettres d'or, cette prédiction attribuée au Prophète : Les MuatU" mam s* empareront de Constantinople ; heureux le prince , heureuse l'armée qui en feront la conquête !

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