‹ Histoire de Scanderbeg; on, Turks et chrétieus au xv siècleChapitre 140 sur 217 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

Prise de Trébizonde. — Campagne de Muhammed en Valaebie; — Son nouveau plan d'attaque contre Scanderbeg. — Envoi incessant de généraux sur généraux. — Défaite de Sînan - Pacha et d'Hasseinbeg, de Jussembeg, de Rarazabeg. — Lettre dtt Solihan au prince albanais. — Réponse. — Trêve de deux années. -— Conquêtes de Muhammed en Europe et en Asie. — Le pape 1 ré 11 appelle les chrétiens à la guerre sacrée. — Apathie de l'Europe.— Scanderbeg reprend les armes. — Arrivée d'on tfégd^

cialeur turk au camp albanais. Insuccès de sa démarche. Le

Souverain Ponlife annonce à Scanderbeg sa prochaine venue en Albanie. — Entrée, en Macédoine, de Scheremetbeg- Pacha atéé quatorze mille chevaux. Scanderbeg anéantit cette armée. — Le même jour, mort de Pie II. Affliction de Scanderbeg. — Invasion de rÉpire par Balaban-Badera. — Grave échec des Albanais. Blessure de Scanderbeg. — Captivité et supplice, à Coosfaminoplef de ses huit principaux lieutenants. — Glorieuse revanche dans la Haule-t)lbre. — Entrée de lacoub Arnauth en Épire, du côté de Belgrade.-^Vicioire de Scanderbeg.

Quelques années après la prisé de Consfantinople, l'antique Trébizonde, contemporaine du siège de Troie, illustre capitale d'un petit Etat, tomba au pouvoir dé Muhammed (1462). trapeziis , c'est-à-dire Table ou Carré, tel fut, dans les temps les plus reculés, le nom de cette ville, nom probablédieiit clù au mur quadran-

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gulaire qui entoure encore aujourd'hui la forteresse, située sur la pente d'une montagne. Colonie grecque de Sinope et dépendance de la métropole, Trébizohde fit un accueil hospitalier aux dix mille Grecs que Xénopbon ramenait de Perse.

Devenue vassale des rois de Pont, on ne sait si elle attira l'attention particulière de Mithridate ; mais elle conserva ses lois, avec ses franchises, sous la domination romaine et pendant toute la durée du Bas-Empire. Elle fut importante sous Trajan , et plus encore sous Justinien. Riche de son climat et de sa position, élevée par Trajan au rang de capitale du Pont de Cappadoce, "ÏTêbizonde devint le but des aventureuses excursions des Goths dans la mer Noire. Malgré son double rempart, malgré une garnison de dix mille hommes, les Golhs la surprirent , saccagèrent la ville , massacrèrent les habitants, et rentrèrent dans leurs barques chargés d'un immense butin.

Lorsque Constantinople fut tombée au pouvoir des croisés, quand les Angeli, les Lascaris, les Comnènes se partagèrent les débris de l'Empire Byzantin, les premiers établirent le siège de leur domination dans l'Epire, les seconds régnèrent à Nicée, les troisièmes à Trébizonde. Ces derniers recueillirent la Cappadoce, la Paphiagonie et quelques terres voisines. Les faibles souverains de ce petit Etat, si fastueusement décoré du vain titre d'Empire, comme perdus au milieu de puissants monarques, cherchèrent à s'assurer, par des alliances, la protec-

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