‹ Histoire de Scanderbeg; on, Turks et chrétieus au xv siècleChapitre 194 sur 217 · LIVRE Vil · texte numérisé non relu

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Muhammed avait étudié la géographie et les mathémathiques. Quant à sa prétendue connaissance du grec^ de Tarabe , du persan ^ du chaldéen , de l'hébreu , du latin, c'est une fable : en fait de langues, il ne savait que le turk*.

Mais son esprit était cultivé. Il protégea les sciences, multiplia les écoles, accorda des pensions aux poètes nationaux et étrangers, politique habile qui place la renommée des rois sous la sauvegarde du génie , et voile, d'un nuage d'encens, des taches honteuses ou sanglantes.

Par cette muniQcence, Muhammed justifiait aussi le nom d'Awni {le Secourable) dont il signait ses propres poésies. En général, les poètes arabes, persans et turks adoptent un pseudonyme, un surnom plus ou moins expressif, qu'ils ramènent ordinairement dans les deux derniers hémistiches de leur Ghazel, Kaçadè, etc.

Sous son règne, la charge de précepteur du Sulthan (Khodja ou Mnalémi Sultani) devint une sorte de dignité permanente ; depuis sa jeunesse jusqu'à sa mort, douze savants distingués la remplirent successivement.

Au premier rang des nombreux légistes attachés à sa cour, brillait ce Molla-Kourani qui, un jour, avait osé frapper le jeune prince, refusant de lire le Koran. C'eàt lui encore qui, après Tavénement de son élève, au lieu de se prosterner devant lui, le saluait, comme son égal, en lui donnant la main.

1 Hàmmer, Histoire de V Empire OHoman, tom.III.

Plusieurs cheikhs célèbres accompagnèrent Mohammed dans ses campagnes. Les plus connus sont ; Ak- Chems-Uddin, littérateur, médecin , musicien, qui découvrit le tombeau d'Eïoub, et le poëte, le musicien Aboul-Wefa 9 d'une fierté 9 d'une indépendance telles qu'il avait défendu au Sulthan lui-même de venir le troubler dans sa retraite. Loin de s'offenser de cette liberté, ce prince lui Qt construire une mosquée.

Trente poëtes nationaux et étrangers jouissaient d'une pension viagère; chaque année, Khodjaïdjiban, le premier écrivain de cette époque dans l'Inde, recevait mille ducats; mille autres étaient envoyés au mollah Djami, le dernier grand poète de la Perse.

Ainsi encouragée, la poésie ottomane prit un rapide essor ; à Brousa , comme à Kastamouni , s'éleva une pléiade de poëtes lyriques ; parmi eux brillait une femijie, Seïneb.

C'est Muhammed II qui, dans son Kanounatné (Code), constitua l'organisation hiérarchique des Ulémas^ théo* logiens et jurisconsultes à la fois. Destiné à rendre la justice, à répandre l'instruction, ce corps savant tenaitpar certains côtés, au clergé : le même prince l'en sépara. Nulle part, peut-être, les ministres du culte, c'est, àdire les desservants des mosquées, les prêtres, les crieurs de la prière, les imans et prédicateurs n'ont moins d'autorité* qu'en Turquie; mais sur nul point du

* Hammer, Histoire de VEmpire OUomany tom. 111.

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