‹ Histoire de Scanderbeg; on, Turks et chrétieus au xv siècleChapitre 193 sur 217 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

dable sous Sélim P% languit sous les premiers règnes du xYiii^ siècle. Elle avait repris des forces , lors qu'en 1770, les Russes la détruisirent presque entièrement. Sélim III la réorganisa sur1e pied anglais ; mais, en 1827, à Navarin, elle reçut un coup terrible.

Othman, fondateur de l'Empire, en perçant son oncle d'une flèche, avait donné le premier exemple du meurtre de famille; Baïezid enseigna le fratricide. Il était réservé à Muhammed II d'aller plus loin : non seulement, pour mieux s'assurer la possession du trône, il assassina son frère encore à la mamelle, mais il érigea le fratricide en principe.

Ce crime devint une loi de l'Etat *.

Le Koran dit quelque part : « Le désordre est plus « pernicieux que le meurtre. » S'emparant de cette maxime, aussi conforme à sa nature personnelle qu'à sa politique, « La plupart des légistes, » dit Muhammed, a ont formellement déclaré que ceux de mes illustres « fils ou petits-fils qui monteront au trône pourront, « dans 1 intérêt du repos du Monde, immoler leurs

a frères*.

* Il existe, à ce sujet, un traité peu connu, mais curieux : Dissertalionem poUticam de parricidio Osmannidarum , prœside viro prœclarissimo Dno. M. Michœle LiehentatZj Siles.Ampliss, Facult. Philos. Adjuncto dignissimo, fautore suo honoratissimo, in illustri Academia Wittenbergensi publici examinundam sisiit GoUlob Becker, Stolpensis Misn, A. D. Z\.Aug. anni christiani 1664.

(Typis MiCH. Wendt.)

* PoujouLAT, Histoire de Constantinopley loin. ]«'.

406 HISTOIRE DE SCANDERBEG. f

L'Europe antique et moderne n'offre qae trop d'erempies de ces forraits politiques; mais, dans cette voie ■. sanglante, elle a suivi de très-loin les souverains d'Asie. Parmi les plus terribles cruautés de Thistoire de ^ Perse, sont le parricide commis par Darius et cinquante de ses frères sur Artaxercès, âgé de quatre-vingt-dix h ans, et la vengeance qu'en tira leur frère Ochus en \ immolant les cinquante assassins , avec toutes leurs familles. Phraates IV (Ferhad) envoya au supplice son père, son Dis atné, ses trente frères.

Selon Justin (X'LII, c. V), il y avait, en Perse, quelque ^ gloire à monter au trône par une telle voie ; mais da moins le fratricide n'y était pas décrété. Muhammed ^ voulut combler cette lacune dans la législation ^

Certes, à bien des titres, le fils de Murad II mérite toutes les sévérités de l'histoire : sa froide cruauté, son mépris de la foi jurée, ses vices hideux, l'infAme impôt l prélevé sur la jeunesse mâle de la Grèce, du Pont, de Gênes, de Venise, de la Servie et de la Valachie, cette immolation d'un frère, qui ouvrit son règne, ce sontli r d'ineffaçables taches. I

Mais comme justice entière est due, il faut recon- l naitre également les grandes qualités de ce monarque et son génie organisateur. Ainsi, on le voit sans cesse appliqué à réformer l'administration militaire et civile, A consolider , par de sages et prévoyantes institutions , Tempire agrandi par ses conquêtes.

* Voir Notes et Pièces justilicatives (XXV).

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