‹ Histoire de Scanderbeg; on, Turks et chrétieus au xv siècleChapitre 196 sur 217 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

« se relevant du milieu des ruines, ont redit leur grand « nom oublié aux échos des Thermopyles; et ainsi s'est a trouvée, de jour en jour, mieux justifiée par la foret tune, réloquente inspiration de ce prêtre qui s'écria, « dans Vienne délivrée : // fut un homme envoyé de « Dieu , qu^on nommait Jean * / »

Le commencement du ivi® siècle offre un des plus intéressants spectacles que le Monde ait jamais contemplés. Les princes qui régnaient alors en Europe ont laissé d'ineffaçables traces de leur passage : à Constantinople, c'est un Sélim, soumettant à la domination ottomane la Syrie et l'Egypte , que possédaient, depuis le xm** siè^ cle, lesmahométansmamelucks; aprèslui, c'estson fils, le grand Suleïman, qui, le premier des Sultbans, marche jusqu'à Vienne, et se fait couronner roi de Perse dans Bagdad, prise par ses armes; devant lui tremblent à la fois l'Europe et l'Asie.

Dans le même temps, vers le nord, Gustave VSTasa, brisant, en Suède, le despotisme étranger devient, par l'élection, roi du pays dont il est le libérateur.

En Russie , Ivan III et Ivan IV brisent le joug tartare. Ce n'était, il est vrai, que des barbares, chefs d'une nation non moins barbare alors. Mais comment refuser les titres de grands princes aux soutiens, aux vengeurs de leur pays?

En Espagne, en Allemagne, en Italie, Charles-Quint,

1 M. DE Salvandt, Histoire de Pologne, avant et sous k roi Jean Sobieski, lom. I.

maitrc de tous ces Etats sous des titres différents, soutient le fardeau de l'Europe ; toujours en action et en négociation, heureux longtemps en politique comme à la guerre, il est le seul empereur puissant depuis Charlemagne, et le premier roi de toute I!£spagne depuis la conquête des Maures; opposant des barrières à l'Empire Ottoman 9 créant des rois et une multitude de princes^ a la fin il dépose toutes ses couronnes, mais garde son génie; et, après avoir troublé l'Europe, le grand homme va mourir, en solitaire, dans le cloître de Yuste *.

C'est le ?eul étonnement que Charles-Quint puisse causer encore sur la terre.

Moins habile, mais plus brillant, plus loyal, plus chevalier, François P^ lui dispute les vœux et l'admiration des peuples. Vaincu, prisonnier, suivi de sa gloire jusque dans ses revers , il ne cesse de porter haut , même après Pavie, le nom de la France; et quand tout semble perdu, l'honneur reste intact.

Malgré les plus rudes épreuves, François imprime à la civilisation de son royaume une féconde impulsion ; il y transplante d'Italie les beaux-arts, et , par sonfervent patronage des lettres, se fait pardonner bîeu des fautes.

En Angleterre, le cruel, le fantasque Henri VIII, devenu Chef suprême et Protecteur de V Eglise d'Angle-, terrej parce que le Pape hésite à prononcer son divorce avec Catherine d'Aragon, sait tenir, d'une main ferme.

i Voir Notes et pièces justificatives j(XXVI).

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