LIVRE VIL
la balance entre les monarques européens; malheureusement cette main ruisselle de sang.
La devise de Henri VllI était un guerrier tendant son arc , avec ces mots : « Qui je défends est maître , » devise altiA-e dont sa nation a souvent fait une vérité.
Quoique les wœurs aux bords de la Tamise fussent rudes encore , Londres néanmoins commençait déjà à s'enrichir par le commerce.
Sur le trône pontiflcal, Léon X donne son nom à ce siècle, magniûque rendez-vous de l'Arioste, de Berni^ des Accolti, d'Alamanni^ de Frascator, de Sannazar, de Vida, de Bembo, de Machiavel^ de Guichardin , deSadolet, de Michel-Ange, de Raphaël, d'André de! Sarto, du Caravage, de Jules Romain, etc.
En Pologne, Sigismond P' reçoit , sans flatterie, le surnom de Grand» Vers TOrient, régnent et brillent le fondateur de la dynastie des Sophis (SéQs), Chàh-Ismaïl et le plus illustre des grands Mogols, Cbàh-£kber; enfin, ce célèbre sulthan Suleïman, le Grand, le Magnifique ^ dont le règne sera l'apogée de la puissance musulmane.
Au commencement du même siècle, des réformes religieuses produisent les mêmes effets en Afrique qu'en Allemagne, et chez les mahométans que chez les chrétiens. Dans ce vaste empire de Maroc et de Fez, qui s'étend jusqu'aux déserts de la Nigritie, s'établit, avec un gouvernement nouveau, une nouvelle race de rois. Ainsi, l'Asie, l'Afrique, l'Europe, comme par un choc électrique, ressentent à la fois une révolution religieuse, car
les Persans se séparent poar jamais des Tnrks ; reconnaissant le même dieu et le même prophète, ib con^ somment le schisme d'Omar et d'Ali.
Immédiatement après y la chrétienté aussi se divise; Latber arrache au Saint-Siège la moitié d^TEarope. Tout Tancien monde est ébranlé; le nouveau, à pdne entrevu, couve déjà dans ses flancs un avenir merveilleux.
D*un côté, Gortez, avec une poignée de soldats, dompte le puissant empire du Mexique, et Pizarre, le Péroa; de l'autre, avec presque aussi peu de forces, malgré la résistance des rois indiens, malgré les efforts des Musulmans, en possession du commerce oriental, le sage, le juste, le grand Âlbuquerque, fonde dans les lùdeSi la domination et le commerce du Portugal.
A cette époque, pour accomplir son œuvre, la Pnn vidence envoie des hommes extraordinaires presque dans tous les genres, surtout en Italie.
Un des traits caractéristiques de ce siècle illustre, c'est que, malgré les guerres d'ambition, malgré les guerres religieuses qui commençaientà troubler les Etats, lemème souffle bienfaisant fécondait les beaux-arts à Rotne^ i Naples, à Florence, à Venise, à Ferrare. Une vivifiante lumière éclaira l'Europe ; partout les mœurs des sociétés chrétiennes s'adoucirent. La galanterie même de la cour de François P' contribua, en grande partie, A cette heureuse transformation. Entre Charles-Quint et lui, 11 y eut , au milieu même de leurs plus violents démé-