En 1422, par Murad II, fils de Muhamraed I
29. En 1453, par Wuhammed II, le 29 mai. L'incursion des Russes, sous Igor, en 941 , qu'Elmakin place
en 940, et dont il fait un siège, n'est pas considérée comme tel par Karamsin lui-môme.
(Hammer, Histoire de V Empire Ottoman^ tom. II.)
(XIV).— Livre IV, pag. 188.
Si Ton en croit Théophane, Paul Diacre, Constantin Porphyrogénète, Cédrène et Zonaras, c'est Caïlinicus, architecte d Héliopolis ( Héliopolis de Syrie ou d'Egypte? ils ne sont pas d'accord), qui, vers la cinquième année du règne de Constantin III, pendant le siège de Constantinople par les Arabes, vint révéler le feu grégeois aux Grecs.
Telle était l'importance attachée à ce procède, qu^an x« «iécle, Constantin Porphyrogénète, dans le Traité de l'Adminisiration de l'Empire^ met la recette de sa composition au rang des secrets d'Etat.
11 y avait trois sortes de feux grégeois : les projeclîles de Tartillcrie moderne qui s'en rapprochent le plus sont : 1* la fiuée volante; 2* la fusée ordinaire; 3° les pots4-fen.
Au reste, les vers suivants de Glaudien déniontfeiH que les Romains connaissaient une poudre d'artifiee :
Mobile ponderlbus descendat pegma redncds» Inque enori speciem spargentes ardua flamnas Scena rotet; varios emngat mulciber orbes Per tabulas impune vagus, pietseque eitato Ludent igoe arabes, et non permisea morari Fida per innocuas errent incendia turres.
{De FI. Matin Theodori conêulaÈtt.)
Sous ce titre : Recherches sur le FeuGrégeaky et sur ritUf^iuO' tion de la Poudre d Canon en Europe, M. Ludovîp Lalanne, ancien élève de TEcole des Chartes, a publié un remarquable travail.
Le caractère particulier de ce siège, c'est la réunion de VAr- Ullerie ancienne et de V artillerie moderne. Les bouebes à fini étaient entremêlées de machines lançant des pierrei et des dards ; le boulet et le bélier battaient les mêmes murailbt.
(XV.)— Livre IV, pag. 189.
Phranzcs fait jurer Muhammed par les trente-sept miUe pn>-
Ï)hètes ; mais le nombre canonique de prophètes, par lequel c Sulthan jure dans les traités^ est de cent vin^t-quaifr^
mille.
(XVI).— Livre IV, pag. 189.
On n'avail pas encore songé à remplir de potidre ces passages souterrains, et à faire ainsi sauter, comme par des iTembÏBments de terre, tours et villes entières. C'est dans un manuscrit de Georges de Sienne que !a théorie des mimes d^ailifice ftrt etpo*sée potir la première fois, m !460.
(XVII),— Livre IV, pag, 815.
a SAINTE-SOPHIE. — LES MOSQUÉES.
ail serait dangereux, pour un giaour, de pénétrer dans les mosquées pendant le ramadan, même avec un firroan et sôtis la protection des cawas; les prédications des imans excitent, chez les fidèles, un redoublement de ferveur et de fanatistm; l'exaltation du jeûne échauffe les cervelles vides, et la tolérance habituelle, amenée par les progrès de la civilisation, pourrait facilement s'oublier dans ces moments*là. l'attendis donc après le Beïram pour faire cette visite obligatoire.
«On commence ordinairement la tournée par Sainte-Sophie, le monument le plus ancien et le plus considérable de Constanlinople, qui, avant d'être une mosquée, a été une église chrétienne dédiée, non à une sainte, comme son nom pourrait le faire croire, mais à la Sagesse Divine «Àgia 6ophia, î» personnifiée par les Grecs, et, selon eux, mère des trois vertus théologales.
« Quand on la regarde, de la place qui s'étend devant Baba- Hummayoun (Porte Auguste), le dos appuyé aux délicates ciselures et aux inscriptions sculptées de la lontaine d'ÂchmetlII, Sainte -Sophie présente un amas incohérent de constructions difformes. Le plan primitif a disparu sous une agrégation de bâtisses après coup qui oblitèrent les lignes générales et les empêchent d'être aisément discernées. — Entre les contre-forts élevés par Amurat llï pour soutenir les murailles ébranlées aux secousses des tremnlements de terre, se sont accrochés, comme des agarics dans les nervures d*un chêne, des tombeaux^ des écoles, des bains, des boutiques, des échoppes.
c( Au-dessus de ce tumulte s^élève, entre quatre minaji^ls
assez lourds, la grande coupole appuyée sur des mursiaux assises allemativemenl blanches et roses, et entourée, comme d'une tiare, d'un cercle de fenêtres treillissëes à jour; les minarets n'ont pas Télogante sveltesse des minarets arabes; la coupole s'épate pesamment sur ce tas de masures désordonnées, et le voyageur, dont Timagination avait involontairement trayaillëà ce nom magique de Sainte-Sophie, qui fait penser au temple d'Ëphèse et à celui de Salomon, éprouve une déception qiû, heureusement, ne se continue pas quand il a pénétré dans l'intérieur. On doit dire, à Texcuse des Turks, que la plupart des monuments chrétiens sont aussi misérablement obstrués, et que telle cathédrale célèbre et merveilleuse a ses flancs tout rugueux d'excroissances de plâtre et de bouts de planches, et que ses flèches ouvrées en dentelle jaillissent^ la plupart dn temps^ d'un chaos immonde de baraques.
(( Pour arriver à la porte de la mosquée, on suit une espèce de ruelle bordée de sycomores et de turbés, dont les pierres peintes et dorées reluisent vaguement à travers les grilles^ et l'on se trouve bientôt, après quelques détours, en face d^une porte de bronze dont un des battants garde encore Tempreinte d*iuie croix grecque. Cette porte latérale donne accès oans un vestibule percé de neuf portes. On échange ses chaussures contre des pantoufles qu'il faut avoir soin de faire apporter par son drogman, car pénétrer avec des bottes dans une mosquée serait une inconvenance aussi grave que de garder son chapeau dans une église catholique, et qui pourrait avoir des suites neaucoup plus fâcheuses.
c( Au premier pas que je fis, j'éprouvai un mirage singulier, et il me sembla que j'étais à Venise, débouchant de la piaua sous la nef de Saint-Marc. Seulement, les lignes s'étaient démesurément agrandies et tout avait pris des dimensions colossales; les colonnes surgissaient immenses du pavé recouvert de nattes; l'arc de la coupole s'évasait comme la sphère des cieux : les pendentifs, dans lesquels les quatre fleuves sacrés épanchent leurs flots de mosaïque, décrivaient des courbes géantes, les tribunes s'élaient élargies de manière à contenir un peuple : Saint-Marc, c'est Sainte-Sophie en miniature, une réduction sur réchellc d'un pouce pour pied de la basilique de Justinien. Rien d'étonnant à cela, d'ailleurs; Venise, qu une mer étroite sépare à peine de la Grèce, vécut toujours dans la familiarité
de rOrient, et ses architectes ont dû chercher à reproduire le type de Tëglise qui passait pour ]a plus helle et la plus riche de la chrétienté. Saint-Marc a été commencé vers le x* siècle, et ses constructeurs avaient pu voir Sainte-Sophie dans toute son intégrité et sa splendeur, bien avant qu'elle eût été profanée par Mahomet 11, événement qui, du reste, n'arriva qu'en i^iSS.
« La Sainte-Sophie actuelle fut élevée sur les cendres du temple consacré à la Sagesse Divine par Constantin le Grand, et consumé dans un incendie à la suite des troubles entre les factions des Verts et des Bleus; son antiquité a pour fondement une antiquité plus profonde encore. Ânthémius de Tralles et Isidore de Milet en tracèrent les plans, en dirigèrent la construction. Pour enrichir la nouvelle église, on dépouilla les vieux temples païens, et Ton fit supporter la coupole du Christ aux colonnes du temple de la Diane d'£phèse, noires encore de la torche d'Erostrate, et aux piliers du temple du Soleil, à Palmyre, tout dorés des rayons de leur astre. On prit, aux ruines de Pergame, deux urnes énormes de porphyre dont les eaux lustrales devinrent les eaux du baptême, puis celles des ablutions; on tapissa les murs de mosaïques d'or et de pierres précieuses, et, lorsque tout fut fini,- Justinien put s'écrier, dans son ravissement ; ce Gloire à Dieu, qui m'a jugé digne d'achever (( un si grand ouvrage; ô Salomon, je t'ai vaincu. »
c( Quoique l'islamisme, ennemi des arts plastiques, l'aitdépouillée d'une grande partie de ses ornements, Sainte-Sophie' est encore un magnifique temple. Les mosaïques à fond d'or, représentant des sujets bibliques, comme celles de Saint-Marc» ont disparu sous une couche de badigeon. On n'a conservé que les quatre gigantesques Chérubins des pendentifs, dont les six ailes multicolores palpitent à travers le scintillement des cubes de cristal doré ; encore a-ton caché les têtes qui forment le centre de ce tourbillon de plumes sous une large rosace d'or, la reproduction du visage humain étant en horreur aux Musulmans. Au fond du sanctuaire, sous la voûte du cul-de-four qui le termine, on aperçoit confusément les lignes d'une figure colossale que la couche de chaux n'a pu cacher tout à fait : c'est celle de la patronne de l'église, l'image de la Sagesse Divine, ou plus exactement de la Sainte-Sagesse,i4^iaSo|)^ta9 sous ce voile à demi transparent, assiste impassible aux cérémonies d'un culte étranger.
a Les Statues ont ëtë enlevées. — L'autel, fait d'un métal inconnu, résultant, comme Tairain deCorinthe, d^or, d'argnt, de bronze^ de fer et de pierres précieuses en fusion, est rem-
E}acé par une dalle de marbre rouge, indiquant la direction de L Mecque. Au-dessus pend un vieux tapis tout usé, gneniHe poussiéreuse qui a pour les Turks ce mérite d'être un desqualR tapis sur lesquels Mahomet s'agenouillait pour faire sa prière, et D'immenses disques verts, donnés par différents Sulthaoi, sont appcndus aux murailles et font reluire des surates da Koran ou des maximes pieuses écrites en énormes letfresdV. — Un cartouche de porphyre contient les noms d'AIMi, de Mahomet et des quatre premiers califes, Abu-Beb, Oawj Osman et Ali. La chaire (nimbar) où le khetib se place pov réciter le Koran, est adossée à un des piliers qui supportait Tabsidc. On y parvient par un escalier asses roîde, cMojë de deux balustrades découpées à jour et d^un travail aussi précieux que celui de la plus fine guipure. Le khetib n^y mmle que le livre de la loi d'une main et le sabre de rautre,ooniiM dans une mosquée conquise.
c( Des cordons^ où pendent des houppes de soie et desflBofa d'autruche, descendent des voûtes jusqu'à dix ou douse piedi du sol, soutenant des cercles de fil d& fer, garnis de Teillenseii de manière à former lustre. Des pupitres croisés en X« pateibk ceux dont nous nous servons pour feuilleter les recueils degnvures, sont dispersés ça et là et soutiennent les manuscrits ds Koran; plusieurs sont ornés d'élégantes nielles et de dâicalei incrustations de nacre, de cuivre et de burgau. — Des nattesde jonc l'été, des tapis l'hiver, recouvrent le pavé formé dedaHei de marbre, dont les veines, ajustées avec art, semblent couler, comme trois fleuves aux ondes figées, à travers rédifice.— 4>i nattes présentent une particularité singulière : elles sont posées obliquement et contrarient les lignes architecturales; — c'est comme un plancher posé de travers et ne cadrant pas avec les murailles qui le bordent. Cette bizarrerie s^ezplique: Sainte-Sophie n'était pas destinée à devenir une mosquée, et par conséquent n'est pas régulièrement orientée vers la Mecque. « On le voit, les mosquées ressemblent assez, à Tinténeurp aux églises jirotestantes. L'art ne peut y déployer ses pompes et ses magnificences. — Des inscriptions pieuses, une chairej * des pupitres, des nattes pour s'agenouiller, — voilà tout Tonie*
ment permis. — L'idée seule de Dieu doit remplir son temple, et elle est assez grande pour cela.— Cependant, je Tavoue, le luxe artiste du calholicisme me paraît préférable, et le danger allégué d'idolâtrie n'est à craindre que pour des peuples barbares, incapables de séparer la forme) du fond, r image de la pensée.
c< La coupole principale, un peu écrasée dans sa courbe, est entourée de plusieurs demi-dômes comme celle de Saint-Marc, à Venise; elle est d'une hauteur immense et deyait étinceler, comme un ciel d'or et de mosaïque, avant que la cbanx musulmane eût éteint ces splendeurs. Telle qu'elle est, ellem'a produit une impression plus vive que celle du dôme de Saint- Pierre; Tarchitecture byzantine est à coup sûr la forma nécessaire du catholicisme. L'architecture gothique même^ quelle que soit sa valeur religieuse, ne s'y jçproprie pas si exactement. Malgré ses dégradations de toute sorte, Sainte- Sophie l'emporte encore sur toutes les églises chrétiennes qoe j'ai vues, et j'en ai visité beaucoup. — Rien n'égale la majesté de ces dômes, de ces tribunes portant sur des colonnes de jaspe, de porphyre, de vert antique aux chapiteaux d'un corinthien bizarre, où des animaux, des chimères, des croix s'élancent aux feuillages. Le grand art de la Grèce, dégénéré, il est vtai, s'y fait encore sentir; on comprend que lorsque le Christ eH entré dans ce temple, Jupiter venait d'en sortir.
a II y a quelques années^ Sainte-Sophie menaçait ruine; les murailles faisaient ventre, des fissures lézardaient les àètnes, le pavé ondulait, les colonnes, lasses de rester debout depuis si longtemps, chancelaient comme des hommes ivres ; rien n'était d'aplomb, tout l'édifice penchait visiblement à droite^ malgré les contre-forts d'Amurat, l'église-mojquée, tassée par les siècles, secouée par les tremblements de terre, semblait près de s'affaisser sur elle-même. Un architecte tessinois trèshabile, M. Fossati, accepta la tâche difficile de redresser et de raffermir l'antic^ue monument, qu'il reprit en sous-œuvre, portion par portion , avec une prudence et une activité infatigables. Des bracelets d'airain cerclèrent les colonnes fendues, des armatures de fer maintinrent les arcades qui s'efiTondraient, des substructions solidifièrent les pans de murs fatigués ; leâ fentes par où s'infiltrait l'eau des pluies furent bouchées, toutes les pierres effritées cédèrent la place à deà pietlreiis
neuves ; des masses de maçonnerie, adroitement dissimulées, allégèrent du poids de la coupole les piliers incapables de k soutenir, et, grâce à cette heureuse cl complète restauration, Sainte-^pliie put se promettre encore quelques centaina d'années d'existence.
a Pendant les travaux, M. Fossati a eu la curiositéde dâll^ bouiller les mosaloues primitives de la couche de chaux qui la empâte, et, avant de les recouvrir, il les a copiées avec un uk pieux : il devrait bien faire graver et publier ces dessins, d'un si haut intérêt pour Tart^ et qu'une occasion unique lui a pe^ mis de contempler.
aCes mosaïques sont celles de la coupole et des demi-dômes. Les autres, qui garnissaient les parois mférieures, sont dégn* dées et peuvent être considérées comme perdues. Les mdhk déracinent chaque jour avec leurs couteaux les petits cubeide cristal revêtus d'une feuille d'or, et les vendent aux étrangen. J'en possède moi-même une demi-douzaine de morceaux ditachés en ma présence ; quoique je ne sois pas de ces touriilei qui cassent le nez des statues pour emporter un souvenir ^ monuments qu^ils visitent, je ne crus pas devoir tromper Teipoir d'un léger bacchich que caressait l'honnête osmanli.
c(Du haut de ces tribunes, où l'on parvient par des rampai pentes douces comme celles qui serpentent dans Tintérieurde ta Giralda et du Campanile, on embrasse admirablement TeiH semble de la mosquée. — En ce moment, quelques fidèles accroupis sur les nattes faisaient dévotement leurs prosternations. Deux ou trois femmes, enveloppées de leurs féredgès* w tenaient près d'une porte, et, la tête appuyée sur la base d*ane colonne ; un hammal dormait de tout son cœur ; un jour doux et tendre tombait des fenêtres élevées, et je voyais dans rhénûcycle, en face du nimbar, briller les grillages d^or de la tnbune réservée au Sulthan.
a Des espèces de plates-formes soutenues par des colonnes de marbre précieux, garniesde garde fous découpés à jouryetfaiiaiit saillie sur les lignes générales, s'avancent à chaque point d'intersection des nefs. Dans les chapelles des bas-côtés, inutiles an culte musulman, s'entassent des malles, des coffres et des paquets de toutes formes; car les mosquées, en Orient, serven de lieu de dépôt; ceux qui voyagent, ou qui craignent d^étre volés chez eux, y mettent leurs richesses sous la garde de Dieu,
et il n'y a pas d'exemple qu'un aspre ou un para ait été détourné; le vol se compliquerait alors du sacrilège; la poussière se tamise sur des masses d'or et d'effets précieux à peine enyeloppés d'une toile grossière ou d'un lambeau de vieux cuir; l'araignée, si chère aux Musulmans, pour avoir tissé sa toile à l'entrée de la grotte où s'était réfugié Mahomet, tend paisiblement ses fils sur des serrures que personne ne touche.
Autour de la mosquée se groupent des imarets (hospices), des raédreçès (collèges), des bains, des cuisines pour les pauvres, car toute la vie musulmane gravite autour de la maison de Dieu ; les gens sans asile y dorment sous les arcades, où jamais police ne les dérange; ils sont les hôtes d'Allah; les fidèles y prient, les femmes y rêvent, les malades s'y font porter pour guérir ou pour mourir. En Orient, la vie réelle ne se sépare pas de la religion.
J'ai vainement cherché à Sainte-Sophie la trace de la main sanglante que Mahomet II) pénétrant à cheval dans ce sanctuaire, appuya contre le mur, en signe de prise de possession, alors que les femmes et les vierges éperdues s'étaient réfugiées vers l'autel, comptant, pour être sauvées, sur un miracle qui ne se fit pas. Cette rouge empreinte est-elle un fait historique, ou tout simplement une légende?
Puisque je viens de prononcer le mot de légende, je vais en raconter une qui a cours dans Constantinople, et à laquelle les événements du jour donneront le mérite de Tà-propos, Lorsque les portes de Sainte-Sophie s'ouvrirent sous la pression des hordes barbares qui assiégeaient la ville de Constantin, un prêtre était à l'autel en train de dire la messe. Au bruit que firent sur les dalles de Justinien les sabots des chevaux tartarcs, aux hurlements de la soldatesque, aux cris d'épouvante des fidèles, le prêtre interrompit le saint sacrifice, prit avec lui les vases sacrés, et se dirigea vers une des nefs latérales, d'un pas impassible et solennel. Les soldats, brandissant leur cimeterre, allaient l'atteindre, lorsqu'il disparut dans un mur qui s'ouvrit et se referma; on crut d'abord à quelque issue secrète, une porte masquée, mais non : le mur sondé était solide, compacte, impénétrable. Le prêtre avait passé à travers un massif de maçonnerie.
Quelquefois, dit-on, on entend sortir de l'épaisseur de la muraille de vagues psalmodies. — C'est le prêtre, toujours vi-
vant, comme Barberousse, da fond de sa caverne de KeifhanseD, qui marmotte, en dormant^ les liturgies interrompues. Qaand Sainte-Sophie sera rendue au culte chrétien, la muraille 8*oiivrira d'elle-même, et le prêtre, sortant de sa retraite, viendii achever à l'autel la messe commencée il y a quatre cents am. Par la question d'Orient qui court, la légende, qruelque invraisemblable qu'elle soit, pourrait Fort bien se rëiuiser. l8iB vcrra-t-il le prêtre de 1453 traverser la nef de Sainte -Sopbie, et monter^ d un pas de fantôme , les degrés de Tautel de Jmtinien ? »
(Théophile GAnTHiEB, Cons^nUncpU,)
(XVni). -Livre IV, pag. 285.
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KdcOe xauLirava xa\ iraTUTraç xa^e iroinrSç, xat fitdbioç.
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(Fauriel, Chants populaires de la Grèce moderne^ tom. H.)