CHANT DE TRÉBIZONDE
(En 1453.)
La grande ville que l'empereur Constantin a fondée a eu des portiers traîtres, des gouverneurs peureux, et un chien blanc qui a livré ses clefs.
— Alors un oiseau, un bel oiseau, s'échappa de la ville.
— El il avait une aile tachée de sang; sous l'autre il portait un papier écrit.
— Et il ne s'arrêta ni dans la vigne, ni dans le jardin ; mais il alla se poser au pied d'un cyprès.
*— Mille patriarches avec dix mille évêques sont venus ; aucun d'eux ne peut lire le papier, aucun ne peut le lire.
— C'est Jannikas, le fils de la veuve, qui l'a lu; dès qu'il Ta lu, il a pleuré, et il a frappé sa poitrine.
— Malheur à nous 1 malheur à nous ! Il n'y a plus de Romanie ! il n'y a pins de remparts ; il n'y a plus de trône; il n'y a plus d'église, ni de couvents.
— lis ont pris Sainte-Sophie et son grand monastère, qui
avait quarante caloycrs et soixaate-cinq diacres-semnfs, douze crécelles et dix-huit cloches.
— Il y avait aussi mon amour caché derrière ses jaloiisiei.— J'ai parcouru le monde, j'ai fait le tour de la terre, etjen'ii pu trouver une jeune lille qui valût celle-là. ^Ses jeox tuaient le pacha, ses sourcils le vizir, et ses regards m'avaient assassiné, moi comme bien d'auti'es.
'M. deMakcbllus, Chanta du peuple an Grèce» ton. L pag. 94-95.)
L'analogie de sujet et de catastrophe m^engage à npo* duire ici le Châtiment d'Andrinople,
On trouve ce morceau dans les Chants du pempk m Ate (tome I", pages 88, 89). Recueillis et traduits par M. la MOle de Marcellus, ils prêtent un charme mélancolique anidietai et attachants Sotwtnirs d'Orient,
THI AAPlÂNOrnOAEOS KPOrSErMENHS.
KXaiyouv xàv^ovta t^ç jiXaxiaç, xai xk TcooXii o^ vj^ Stqift KXatyouv ipY* ^Xaiyouv Ta^uà yXaiyouy xo fAcov)cjc£pt. KXaiYouv TV)v 'ASpiavouTToXiv tJ|v SapeducpouacufAtvTiv
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GBATIMKNT D'iIlINlIilGPIJB.
(Eb ISêt.)
a Les rossignols de la Yalachie et les oiseaux de POccidait (K pleurent. Ils nieurent le soir, ils pleurent le mafin, ib c( pleurent à midi. — lis pleurent Andrmople, ai crpienement a dévastée.
(( On lui a retranché les trois fêtes de Tannée : lefeasacri a de Noël, les saintes palmes du jour des Rameaux, et Técht « du dimanche où le Christ est ressuscité. »
"'' (XXII).— Litre VII. pag. 382.
j. Construite par Karaman-Oghli, fondateur de la dynastie, Jkvec les débris tirés des ruines de TancieuDe Larenda, dont on roit encore les restes à peu de dislaoce de la Douvelle ville^ Karajan n'a jamais eu la même importance historique qu'Iconiuin. Kouieh, célèbre à jamais par le passage des Dix Mille et la '^conquête qu'en lit Frédéric Barberousse*, attire Talteotion des voyageurs, grâce à ses monuments élevés sous lesSuUhans fseldjoukides et principalement sous Alaeddin le Grand. Les 'Musulmans surtout y révèrent la sépulture du poète mystique ^Djelaleddin-Eoumi^ fondateur de Tordre des Mewiewis', et le I berceau de cet oixLre, où, pour sauver leur ¥ie, se réfugiaient I les princes renversés du trône.
Des bas-reliefs assez bien conservés sembleraiaU confirmer k tradition mythique de la fondation dlconium par P^rsée' cependant des inscriptions arabes sur les portes et lea murs attribuent la fondation de la ville aux Sulthans ael^oukides \ Les principales construction» d'Akbeddin le Grand sont la forteresse, une vaste citerne, les murs de la ville et son pro^e mausolée. Plus tard, les Sullhans ottomans y bâtirent la mosquée et le couvent des Mewlev^ris ; Sélim y construisit, sur le modèle d'Aya-Sophia, une mosquée, ainsi que plusieurs collèges : le bon goût des sculptures qui décorent ses portes est remarquable*. Konieh mérite, même de nos jours, le nom de célèbre sous lequel Pline la désigne ®.
(Hâmher, Histoire de ^Empifê OUt man, tOBiilI.)
* Voyez Y Histoire des Croisades , et surtout Cèesehiehte Meéeric Barbarossas {Histoire de Frédéric Barbefous$e\ par RAOïaiv
• DjinANNUMA, p. 615.
* Maco. KiNNEiR, Voyage en Asie^ p. 23A.
^ Là belle vallée de Merem, au S. £., est j^leine de jardins hien arrosés et couverts de fleurs et de fruits, parmi lesquels on distini^e une espèce d'abricot appelé Kamreddin {lune de la foi) y et la b«Ile fleur Dabbagh-Tschitschegi, qui change le rooge du maroquin en bleu de ciel. (DjiHANTinMA, I. c.)
B Ewlia.
• Mannert, VI, u, p. 195. Pline, Urbs celeberrima, parce i[f^elle était à la tête d'une tétrarehie de quatone villes.
(XXIII).— Livre VU, page 400.
Arrosëc par un grand nombre de rivières qui, en coobs vers la Savo^ divisent Je pays en autant de vallées étroites.^ Bosnie, quoique prouortionnellement plus peuplée qoe i£ autres provinces de la Turkie d'Europe, pourrait quadrupk: encore sa population. Aussi n'y a-t-il de cultivé que le foui des meilleures vallées et le pied des coteaux. De magnifique forets couvrent le reste du terrain. Une grande marine y tmverait de précieux approvisionnements de mâts et piancln De telles ressources n'avaient pas échappé au regard preTOjtf de Napoléon : déjà même les fabriques de Bosnie lui fournie saient des pelles et des instruments de fer destinés à Touverdm d'une grande route, par laquelle les légions françaises s'ansceraient de plus en plus dans rillyrie, et Jes chênes de Boatf descendi-aient aux ports de l'Adriatique.
Le sol bosniaque semble hérissé de viJles fortifiées: en outre, on y compte vingt-quatre forteresses et dix-neuf chitew forts, imposants vestiges du moyen âge, ^
(XXIV).— Livre VII, pag. 402.
Comme Amasieh , Sinope a un double port. Dès la plus s. haute antiquité, son importance commerciale attira la convoitise des rois et des conquérants du Pont. Le fondateur de ce royaume, Milhridale !«', par ses entreprises contre leur ville, força les habitants de Smope à la fortifier. Mithridate le ^ Grand, avec lequel s'écroula TKmpire d!i Pont, la déclara sa capitale. Dès qu'il eût réduit Cyzique, Lucullus s^empaiftde , Sinope. A son entrée dans la ville, huit mille Giliciens, qui n'avaient pas eu le temps de fuir^ furent massacrés ; mais il rendit aux habitants leurs biens et la belle statue de l^Ârgonaule Aulolycos, auquel on attribue la fondation de Sinoi».
Parmi les monuments d'art dentelle était ornée, on remarquait la sphère de Billaros et la statue de Jupiter, qui tramférée à Alexandrie, y fut adon'O, dans un lemplo magnifique,
)us le nom de Jupiter Serapis, Mais son principal litre à la Slébrité, c'est d'avoir été la patrie de Diogène. 9* (Hammeb, Histoire de V Empire Oltomariy tom. III.)
I (XXV).^LiVRE VII, pag. 393.
1^ « Au temps des Romains, le Monténégro était compris dans le Jistrict occupé par les tribus belliqueuses que Plme et Tite ^ive désignent sous le nom de Labéates ; elles aidèrent Rome ilans ses guerres d'Illyrie, et, en récompense de leurs services, furent Thonneur de garder leur indépendance. Sous le règne de Justinien, elles furent réunies à l'Empire d'Orient ; au ix« siècle, elles faisaient partie du royaume de Serbie» de ce vaste royaume qui, en se brisant sous le pied des Turks en plusieurs fragments, a laissé, comme les perles de son diadème, ses chants d'amour et de combat^ ses glorieux souvenirs, sa langue poétique aux bords de la Save et du Danube, 'au sein des peuplades de la Dalmatie, de la Croatie, de la Slavonie.
c< Sous le règne d'Etienne Douschan le Silni {le Puissant), (1333-1358)^ ce royaume s'étendait des rives de l'Adriatique à celles de la mer Noire, et de l'Archipel grec au Danube. Douschan , le splendide monarque, l'habile administrateur, le valeureux soldat, aspirait à prendre la couronne d'Orient, une maladie subite l'arrêta dans ses projets aventureux. »— aHeureux,» disaient les Grecs, ce ceux qui meurent jeunes, x) Douschan eut le bonheur de mourir dans la plénitude de ses forces, sans voir monter à l'horizon la tempête qui devait anéantir son édifice gigantesque.
«Trente et un ans après, dans la fatale plaine de Kossovo, son noble successeur Lazare, l'un des héros des légendes serbes, succombait sous le glaive des Musulmans, et la Porte imposait un tribut à la Serbie. Soixante-neuf ans plus tard, le royaume de Douschan devenait une province turque.
a A cette époque, le Monténégro formait la majeure partie d'un Etat désigné sous le nom de Zêta ou Zenta, qui s'étendait des coteaux de l'Herzégovine jusqu'au lac de Scutari ; il était gouverné par le prince Georges Balscha, qui avait épousé une
m NOTES
tWû àa roi de Serbie. Son petit-fils Elienne s'associa am (>.\/)/oits de Scandcrbcg, cet autre merveilleiix h^rosdes gueN ros chrétiennes.
a Contre les phalanges de Scanderbeg, rambition musulmane s'était brisée, comme un fleuve impétueux contre une digue inébranlable. Quand le lion fut mort, les Turks se précipitèrent, comine des chacals, sur les pays qu^îl avait si vaillammeut défendus. L'Albanie, puis F Herzégovine , fuient envahies. Ivan le xYozV, lits d'Etienne, invoqua, pour résistera cette irruption, le secours des Vénitiens; n'ayant pu l'obtenir, et se trouvant hors d'état de lutter contre des forces ëcr^^teij il incendia sa ville de Zabliak, quitta l-ancienne résideppeje SCS pères, et se fit un Lcitium dans les montagnes ; U se retOMt là, non point pour s'abandonner à un lâche repos ^ (tlbfif* pant à un pouvoir odieux, mais pour contipuer sji yie fiiilitante. Pc son refuge il fit un cainp, et de ses compagQQVSU^ cohorte de soldats. A son instigation, et d'ui^ CQnmui| ^G&o^ ils décidèrent qup celui (j^nt^'c eux qui ahfti^dçiQiiOTit 8QD poste de combat serait dépouil{é de ses arn^es , reyètu d*9ne robe de femme, et, une mienonille à la main, p^ipjsnd ^ tout le pays, livré sans déiense à la dérision générale.» (X. Mabiuer, LeUres sur VAdriittique et Ip Mi tom. II.) ■ ^
(XXyi).-LiVRBV, pag, 4*».
a Charles-rQqjnt a été le souverain le plus pqigçupt ^ XVI* siècle. Issu des quatre Naissons d' Aragon, de Gustp^ d'Autriche, de Bourgogne, il en a représenté (es qualitil variées, et, à plusieurs égards^ contraires, CQpiine M f^ * possédé les divers et vastes Etats. L^esprit ioujqurs no]itîqvifl et souvcut astucieux de son grand-père Fer4inand le Ç(Uti(H< lique ; la noble élévation de son aïeule Isabelle de CSa^Sn^j^ laquelle s'était môlée la mélancolique tristesse de Jçajm^ k P'qlle, sa mère; la valeur chevaleresque et ei^trépi^nante de son bisaïeql Charles le Téméraire, auquel il ress^nçiUâit 4f visage ; l'ambition industrieuse, le coût des I>eaux-àrt^ \ talent pour les sciences mécaniques de son aïeul Tempèievr
Maximilien, lui avaient été transmis avec Théritage de leur domination et de leurs desseins. L'homme n'avait pas fléchi sous la charge du souverain. Les grandeurs et les félicités que le hasard de nombreuses successions et la prévoyatïce de plusieurs princes avaient accumulées sur lui, il lès porta à leur comble. Pendant longtemps ses qualités si différentes et si fortes lui permirent de suffire, non sans succès, à la diversité de ses rôles et à la multiplicité de ses entreprises. Toutefois la tâche était trop immense pour un seul homme.
« Roi d'Aragon, il lui fallait maintenir en Italie Tœuvfe de ses prédécesseurs, qui lui avaient laissé la Sardaigne, la Sicile, le royaume de Naples, et y accomplir la sienne en se rendant maître du duché de Milan, afiii d'enlever le haut dé cette péninsule aii rival {)(iissant qui aurait pu lé déposséder du bdà. Roi de Castille, il avait à poursuivre la conquête et à opérer la colonisation de l'Amérique. Souverain des Pàys-Ràs, il detait préserver les possessions de la maison de Bourgogne dès atteintes de là maison de France, Empereur d'AIlertidgrie, il avait, comme chef politique, à la protéger contre les invasions desTurks, parvenus alors au plus haut degré de leur force et de leur ambition ; comme chef politique, à y empêcher les progrès et le triomphe des doélriries protestantes. Il l'etitreprit successivement. Aidé de grands capitaines. et d'hommes d'Etat habiles qu'il sut choisir avec art, employer atvec dîscemetiiént, il dirigea, d'une manière supérieure et avec persévérance, line politique toujours compliquée de guerres* san§ cessé tériaissantes. On le vit, à plusieurs reprises, se transporter dans tous les pays, faire face à tous ses adversaires, conclure Idi-mêtiie toutes ses affaires, conduire en personne la plupart de ses expéditions. 11 n'évita aucune des obligations que lui itopôsaiént sa grandeur et sa croyance. Mais, sans cesse détoîirné aé là poiiN suile d'un dessein paf* la nécessité d'en repreïidre un atùtté, il ne put pas toujours commencer âssei vite potir réussir, ùi persister assez longtemps pour achever.
<( Il parvint toutefois à réaliser qiielqùes - unes dé ses entreprises. Ayant à s'étendre en Italie, à gaï-der une jjârlre de ce beau pays disputé, et à constituer l'autte dans ses intérêts, il y réussit, maleré François I*' et Henri II, au prix dé trente-quatre ans d'efforts, de cinq longues guerres, dans lésquelles, presque toujours victorieux, il fit un roi dô Finance et
lin pape prisonniers. Il parvint aussi non-seulement à présffver les Pays-Bas, mais à les accroître ; au nord, du duché de Gueidre, de l'évêchë d'Utrecht, du comté de Zulphen ; au sud, de rarclievôclië de Cambrai ; il les dégagea en même tenp de la suzeraineté de la France sur la Flandre et sur rArtoo. Mais comment empêcher la Hongrie d'être envahie parla Turks, les côtes de TEspagne, les îles de la Méditerranée, le littoral de Tltalie d'être ravagés par les Barharesques? 11 k tenta cependant. Lui-même repoussa le formidable Soliman II de Vienne en 1532, enleva laGouletteet Tunis à rîntrépde dévastateur Barberousse en 4535, voulut, en i541, se rendre maîlre d'Alger, d'où le repoussa la tempête. Il aurait compfébi sur terre et sur mer cette défense des pays chrétiens» etanrùt devancé dans le protectorat de la Méditerranée son fib immortel, riiéroïque vainqueur de lapante, 8*il n^avait pas âé constamment réduit à se tourner vers d^au Ires desseins pr d'autres dangers. Quant au projet de ramener rAllemigneà la vieille croyance catholique, il dut être impuissant ptrce qu'il fut tardif. Gharles-Quint, obligé de soutErir le proteifii^ tisme lorsqu'il était encore faible , l'attaqua lorsqu^il ëtut devenu trop fort pour être, je ne dirai pas détruit, mais oodtcuu. Duranl trente années, l'arbre de la nouvelle crotina avait poussé de profondes racines sous le sol de toute 1 Alkinagne,'qu'il couvrait alors de ses impénétrables rameaux. Cmment l'abattre et le déraciner? Le catholique esp^nol, k dominateur italien, le chef couronné du Saint Empire Komini, auquel l'ardeur religieuse de sa foi , comme renlralnenent politique de son rôle , interdisaient d'admettre le proteilaB' tisme^ qu'il n'^avait jamais que provisoirement toléré^ ont, en 4546^ pouvoir le dompter par les armes et le convertir par le concile. Après avoir affermi ses établissements en Italie, renouvelé ses victoires en France, étendu ses conquêtes a Afrique, il marcha en Allemagne. Dans deux <*nTppagn^ il triompha des troupes protestantes, mais après avoir désanné le bras, il ne put soumettre les consciences. Son triomphe religieux et militaire sur l'Allemagne protestante et liore, qoi n'entendait être ni convertie ni opprimée, fut le signal d*im irrésistible soulèvement de l'Elbe au Danube, et ranimi toutes les vieilles inimitiés contre Charles-Quint dans le reili de l'Europe, où tout ce qui paraissait décidé en sa ÙLYeuru
L' trouva remis en question. 11 fit encore face à la fortune; mais t il était au bout de ses forces, de sa félicité, de sa vie. Accablé de maladies, surpris par ce grand et inévitable revers de son dernier dessein, bors d'état d'entreprendre, à peine capable de résister, ne pouvant plus diriger et accroître celte vaste domination, dont la charge devait être divisée après lui, n'entendant pas composer avec l'hérésie victorieuse en Allemagne, trouvant à agrandir son fils en Angleterre, ayant soutenu une lutte et fait une trêve sans désavantage avec la France, il réalisa le projet d'abdication qu'il avait médité depuis tant d'années, et que lui rendaient nécessaire les maladies de l'homme , les fatigues du souverain, les sentiments du chrétien.
(( La retraite ne le changea point; le profond politique se montra toujours dans le pieux solitaire, et l'habitude du commandement survécut chez lui à sa renonciation. S'il devint désintéressé pour lui-même, il demeura ambitieux pour son fils. Se prononçant, du fond de son monastère, en 4557, contre Paul IV, comme il l'avait fait en 1527, du haut de son trône, contre Clément VU conseillante Philippe II de poursuivre Henri 11 avec la même vigueur qu'il avait mise à poursuivre dans son temps François 1er; songeant sans cesse à garantir les pays chrétiens des dévastations des Turks, qu'il avait autrefois repousses de l'Allemagne et vaincus en Afrique; défendant les doctrines catholiques des atteintes protestantes, sinon avec plus de conviction, du moins avec plus d'ardeur, parce qu'il n'avait point alors à agir, mais simplement à croire, et que, si la conduite est souvent obligée d'être accommodante, la pensée peut toujours être infiexible; arbitre consulté et chef obéi de la famille, dont les tendres respects et les invariables soumissions se tournaient incessamment vers lui : on peut dire qu'il ne fut pas autre dans le couvent que sur le trône. Espagnol intraitable par la croyance, ferme politique par le jugement, toujours égal en des situations diverses, s'il a terminé sa vie dans l'humble dévotion du chrétien, il a pensé jusqu'au bout avec la persévérante hauteur du grand homme. »
(M. MiGNET, Charles-Quint, son abdkationf son séjour et sa mort au monastère de Yuste.)