LIVRE III.— 1450-J
)«[ Macédoine sous les Romains ^ Thessalonique alors était déjà considérable.
Après la prise de Constantinople par les Latins , en 1205^ encore capitale, mais du nouvel Etat dit royaume de Macédoine ou de Thessalonique, elle fut réunie, en 1252, à l*empire de Nicée; prise et ravagée plusieurs fois par les Turks, elle devint et resta la possession définitive de Murad.
Son commerce était florissant ; une fbrét de mâts se dressait dans son port. De l'Arabie, de la mer Rouge, les navires arrivaient en foule.
• Murad ne créa point l'institution des Janissaires, mais il l'améliora, et soumit toute son armée à une ri^ goureuse discipline.
Chalcondyle^ a laissé sur son organisation militaire d'intéressants détails.
Six à dix mille fantassins sont spécialement atta^ chés à la Porte du Sulthan. Les jeunes enfants faits prisonniers vont passer deux ou trois années en Asie pour apprendre le turk; une fois en état de parler et d'écrire, on les envoie, au nombre de deux ou trois mille, à la flotte stationnée à Gallipoli ; ils s'y forment au service de la marine. Chaque année, ils reçoivent des vêtements et un sabre. De là, ils sont appelés à la Porte du Sulthan, avec une solde suffisante pour leur entretien, mais qui s'augmente selon le mérite des sujets. Distri*
1 V. p. 12i, édil. de Parig.
128 HISTOIKE DE SCAiNDERBEG.
bués ensuite par corps de dix ou de cinquante, sous les ordres d'officiers expérimentés, ils servent pendant deux mois; à l'expiration de ce noviciat, ils sont préposés à la garde du Sulthan; service intérieur dans lequel personne n'est admis, si ce n'est les princes du sang, les vézyrs, les hauts fonctionnaires de la trésorerie et les pages du monarque. Le Sulthan a une tente rouge etdeux autres revêtues de feutre brodé d'or. Dans l'enceinte gardée par les Janissaires, se trouvent encore quinze autres tentes, destinées à des usages différents. En dehors de ce cercle campent les autres officiers supérieurs de la Porte, les écuyers (mirakhor), les échansons [scherab'dar), les enseignes (rwtrowî-d/cm), les chefs de la Porte {vézyrs), et les messagers du Sulthan [Ischaovschs). Comme tous ces officiers sont suivis de nombreux domestiques, le chiffre total de l'armée devient très considérable. Outre les Janissaires, garde d'élite du Sulthan, trois cents cavaliers silindars (porte-armes), choisis également parmi les Janissaires, veillent aussi près de la tente impériale; viennent ensuite les g/tanft^ (étrangers), ainsi nommés parce qu'ils sont originaires d'Asie, d'Egypte ou d'autres contrées de TÂfrique. Après eux suivent immédiatement les ouloiifedjis (troupes soldées) au nombre de huit cents, et deux cents sipahis (fils de nobles Turks), qui se recrutent parmi les pages du Sulthan. Les pachas de Roumélie et d'Anatolle se partagent le commandement suprême de l'armée et relèvent euxmêmes immédiatement du Sulthan. Sous leurs ordres