LIVRE III
baignée par le Méandre, de âarukhan, dans la Carie; toutes les possessions d'Amid-Ogli subirent le même sort.
Vers l'Europe, Murad se ressaisit de diverses con-* trées que Mustapha avait envahies en Grèce, de Gailipoli et d'Andrinople. Par la victoire, maître de tout le Péloponèse, il le restitua au frère de l'empereur Constantin Paléologue, qui le reconnut pour son suzerain. Diverses places de l'Acarnanie tombèrent aussi en son pouvoir. Joannina en Etolie *, lui ouvrit ses portes; plusieurs des villes maritimes situées a l'embouchure du Strymon, Bercos, Settunion, Mésembria {Misivri) reçurent ses lois; Jean Castriota, père de Scanderbeg, fut dépouillé de ses possessions, et plusieurs autres petits princes d'Epire, indépendants jusqu'alors, devinrent vassaux de la Porte.
S'avançant vers le nord de la Grèce , et se rapprochant du Danube , Murad enleva au despote de Servie Sespia, Novemonte, Spenderovia et Sophia {Ulpia
* « C'est celte parlie de la Grèce, comprise entre rAchéloûs et c rÉvénus, que le Pinde, qui se déploie pour s'unir au Parnasse, « couronne, au septentrion, de ses croupes ombragées de forêts» et « dont la partie méridionale est baignée par les eaux de la mer de « Corinthe. »
Hérodote, III (Uranie) 73;— Dionys.-Halicarnas., lib. I; Strabon, lib. X ; — PouQUEviLLE, Voyage de la Grèce, tom. III.
Après la prise de Constantinople par les Lalins, Théodore TAnge, issu du sang grec impérial, s'était formé dans l'Epire et TEtolie une principauté indépendante ; mais la discorde s'étant allumée entre ses descendants, Murad les mit d'accord en s'emparant du pays.
Sardica)y bâtie par Justinien aa pied du mont Hémus> soumit Saitza, capitale de la Bosnie S reprit possession d'une grande partie de la Bulgarie, subjugua tout le pays d'Ipsala, laissa au despote de Yalachie sa principauté, moyennant la redevance annuelle de trois mille flèches avec quatre mille boucliers, et concentra entre ses mains tout ce que Tinvasion de Timur avait arraché à Baïezid ^'.
De ses nombreuses conquêtes, nulle ne flatta pIuB Murad que celle de Thessalonique, enlevée par lui aux Vénitiens, qui venaient de Tacheter des Grecs. Déjà célèbre dans Tantiquité, cette grande ville ne fut, à sa naissance, qu'un petit bourg* appelé Thermes, à cause des eaux thermales que ses environ^ possèdent à Torient et au midi. De là le nom de Thetmaïque, que son golfe porta longtemps encore après que la ville eut changé de dénomination. Ce changement date de Cassandre, fils d'Antipater : sa femme, fille de Philippe et d'Olympias, avait reçu de son père le nom de Thessalonika, parce que ce prince, vainqueur des Thessaliens le jour même où il apprit la naissance de sa fille, avait voulu lier indissolublement à un objet aimé la mémoire de son triomphe'. Ce souvenir tout personnel, Cassandre le nationalisa dans une ville. Capitale de
* Ouskoub.
* TzETzÈs , Chiliades, x, cap. xxxvi.
8 Thessalonikè^ Trt^rac^h'jix/), victoire sur les Thessaliens. — Dans le cours des siècles la syllabe The a disparu.