‹ Histoire de Scanderbeg; on, Turks et chrétieus au xv siècleChapitre 86 sur 217 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

Siège de Gonstantinople par Mubammed. — Défense héroïque. *«*< Noble mon de l'empereur Constantin {Dragosès). — Prise et sac de la ville.

Ce fut dans la nuit du 24 au 25 juillet 4264^ qn^à la tête de vingt mille Grecs, Strategopulus, général dePempereur Michel Paléologue, régnant à Nicée, pénétra dans Gonstantinople , et qu'une ombre de souverain, Baudoin II, épouvanté, s'enfuit en toute hâte, sur un navire à l'ancre dans la Corne d'Or.

Ainsi finit, après cinquante-sept années d'existence, l'Empire Latin.

En apprenant la rentrée triomphante de ses compatriotes dans leur ville, un sage vieillard, Tornice, versa des larmes. Gomme on s'en étonnait: « Eh ! ne voyez-vous « pas,» s*écrîa-t-îl, « que l'Empire est au pillage! Tous (( les biens viennent des campagnes , et nous n'avons (( plus de campagnes! Nos guerriers s'énerveront dans les

« molles voluptés de Byzance! Etalors,s'élançantde leurs « montagnes, les Turks envahiront TEurope et s'emparec< ront de Constantinople. Voilà pourquoi je pleure! »

Deux siècles plus tard, la triste prédiction devait s'accomplir.

Depuis la mortd'Othman jusqu'en 1452, c'est-à-dire dans l'espace de cent vingt-six années, ses six premiers successeurs, Ourkhan, Murad P% BaïezidP', Muhammedl^%Murad U, Muhammedll avaient arraché à rEmpire Grec TAsie Mineure, la Thessalie, la Thrace, une portion de la Bulgarie, plus de la moitié du littoral de la mer Noire, quelques îles de l'Archipel et la rive gauche du Bosphore, ce Suivant cette politique guerrière, qui (c leur faisait placer leur capitale dans leur dernière conc( quête, ils avaient pris Andrinople pour siège de lear « empire*. »

Quand celui qui devait être le dernier des Césars grecs, Constantin Paléologue, ou Dragosèsy (nom qu'il tenait de sa mère), monta, en 1449, sur ce trône en ruines, l'Empire se réduisait à Constantinople, à Lesbos, à l'Acbaïe, à la Morée; et encore les princes grecs, qui gouvernaient ces provinces, ne reconnaissaient-ils que fort imparfaitement la souveraineté du monarque byzantin. Aussi peut-on dire qu'à cette époque l'Empire se trouvait contenu et comme prisonnier dans l'enceinte même de la capitale. De tout ce corps immense, il restait

* M. Villemain, Lascaris, ou les Grecs du xve siècle.

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