CHAPITRE XXI
Restauration des coloDnes Tr^jane et Antonine; éreetion à leur sommet des statues de saint Pierre et de saint Paul.— Destruction du Septizonium.'^ Nouvelles rues ouvertes dans Rome. — Création du quartier du Château Saint-Ange.
1® Restauration des colonnes Trajane et Antonine; érection à leur sommet des statues de saint Pierre et de ^aint Paul.
Aucune place à Rome, sous les empereurs, n'était comparable à celle du Forum Trajanum : on y voyait réunis des temples, une basilique, une bibliothèque, des portiques à colonnes, décorés de magnifiques et nombreuses statues d'hommes célèbres; enfin, au milieu, s'élevait la colonne fameuse dédiée à Trajan par le sénat et le peuple romain. Tous ces monuments furent édifiés pendant le règne de ce grand prince, la plus belle époque de Tart gréco-romain, et alors que la prospérité de Tempire permettait de ne pas s'arrêter devant la dépense. Aussi, selon le témoignage des historiens contemporains et de ceux qui le virent plus tard encore intact, le Forum Trajanum ne laissait rien à désirer, soit sous le rapport des proportions et des formes architecturales, soit sous celui de la beauté, de la noblesse, de la perfection des statues, bas-reliefs et autres ouvrages d'art qui servaient à le décorer. La qualité, le choix des matériaux employés,
répondaient à la somptuosité des édifices : les marbres les plus précieux formaient les corps des constructions, des colonnes et de leurs accessoires; des mosaïques d'un travail merveilleux servaient de pavimentum ; des plaques de bronze doré et d'ivoire revêtaient les plafonds et les murailles ; enfin, rien n'avait été négligé pour faire de ce FoT-um^ comme le spécimen du goût et de la magnificence du maître du monde, en même temps que de la perfection de l'art romain. Aujourd'hui encore, les fragments de sculpture, basreliefs, chapiteaux, frises, colonnes, qu'on y découvre, excitent l'admiration et l'étonnement des artistes et des connaisseurs. C'est ainsi que Winckelman^ vante avec enthousiasme la beauté d'une colonne de granit noir et blanc, déterrée à la suite de fouilles entreprises par le cardinal Alessandro Albani, dans le * mois d'août 1765. Le cardinal la fit transporter dans sa villa, où l'on peut la voir encore, avec une inscription qui rappelle son origine. L'architecte qui donna le plan de ces magnifiques édifices, et qui en dirigea la construction et la décoration, fut ApoUodore de Damas. Pendant tout le règne de Trajan, il jouit de la confiance entière de ce prince, mais, après sa mort, Adrien, son successeur, l'envoya d'abord en exil, selon le récit de Dion Cassius^ et ensuite le fit mourir.
De tous ces monuments, la colonne de Trajan est le seul qui existe encore : les autres ont été détruits depuis un grand nombre de siècles, et, comme il arrive presque toujours, les hommes ont eu plus départ