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songeaient plus à favoriser leurs protégés qu'à augmenter la gloire de leurs souverains. En somme, cette voûte ne répond pas aux étonnantes peintures <Jes murailles; il y a seulement au faite un temple mis en perspective et colorié merveilleusement, dans lequel est un crucifix sur un piédestal et une idole par terre brisée en morceaux, pour montrer que, grâce au grand Constantin, on pouvait adorer publiquement Jésus-Christ, et que les dieux du paganisme étaient <iétruits. Toutes les peintures de cette voûte sont de Tommaso Laureti, palermitain, qui fut appelé à Rome par Grégoire XIII, et reçut de lui un gros traitement et tout ce dont il avait besoin pour la vie. Aussi, pour jouir plus longtemps de ces avantages, Laureti travaillait peu et prolongeait Tachèvement de ses peintures. Mais Sixte ayant succédé à Grégoire, nonseulement il le pressa d'abord avec instances, ensuite avec menaces, mais il lui fit rendre un compte rigoureux de ce qu'il avait déjà reçu, jusqu'au pain et vin qui lui avaient été fournis du palais et aux moindres choses. Tommaso prit donc peur du nouveau pontife, et il n'eut pas le cœur de terminer à sa manière accoutumée cette voûte, et de la conduire à un plus grand degré de perfection dont il était capable, comme on peut le voir dans les histoires de Brutus et d'Horatius Codés qu'il a peintes dans la seconde salle du capitole. Une telle sévérité, ajoute Taja, bien qu'elle puisse paraître excessive, est néanmoins autorisée de Dieu dans quelques circonstances, afin que les professeurs des beaux-arts apprennent qu'ils sont d'autant plus obligés à se conduire avec la loyauté des ouvriers, leurs inférieurs, que les arts qu'ils pratiquent sont plus élevés.» LeBoglione, dans sa vie de
Tommaso Laureti \ raconte le fait de la même manière» avec celle différence qu'il attribue à Grégoire ni la sévérité que Taja met, avec raison^ sur le compte de son successeur. Laureti mourut pauvre à l'âge de quatre-vingts ans, sous Clément VIIL C'est bien lui qui a dessiné la perspective figurée sur la voûte de la salle Constantin. Mais^ selon le Baglione, elle aurait été coloriée ensuite par Antonio Salviati ou Scalvati, son élève préféré ^
Fontana ne parle pas dans son livre des peintures exécutées par ordre de Sixte dans la salle de Constantin, mais il décrit l'établissement d'un escalier secret qui communique du Vatican à Saint-Pierre, où il pénètre par la chapelle de Saint-Grégoire. La voûte en est décorée de figures avec des arabesques,* et des paysages, attribués à Paul Brill, et dans la composition près de Feutrée de la chapelle, on voit la Cène avec les apôtres et d'autres sujets. Au-dessus de la porte donnant dans la basilique, on lit :
Sixtus V. Pont. Max.
Sacello Gregoriano quo anniversaria Cœna Domini die
A summo Pontifice Sacro-Sancta Eucharistiâ more solemni
reponatur Caeterisque Pontificum commoditatibus sodas interiores
Cum vestibule Gonstruxit picturisq. exornavit auno Pontificat, II.
Fontana fut également chargé de la restauration de la tour située dans le jardin du Belvédère. Sixte la fit relever à trois étages, avec une belle lanterne audessus du toit, de laquelle, lorsque le temps est clair,
i . Vt suprà, p. 6^.