CHAPITRE VI
Eneouragementt accordés aux loduatries de la laine et de la soie. -^ Aneàne déclarée port franc. «- Cinta-Yeccbia fournie d'eau , ses chianê niaes e» culture. — Port projeté près de Terracine. — Detséchemeat d'une partiç des marais Fontlos.
L'oisiveté des habitants dans les villes, et principalement à Rome, était une des plaies des États de TÉglise. L'absence de toute industrie, jointe à la facilité d'obtenir des secours distribués sans discernement, entretenait une partie considérable de la population dans la paresse, et l'amenait à l'état de mendicité et de vagabondage. Sixte essaya de remédier à cette triste et dangereuse situation, en remettant en^honneur le travail de la laine, si apprécié chez les anciens Romains, et alors presque totalement négligé. Il espérait qu'un certain nombre d'hommes et de femmes, qui ne vivaient que des charités des couvents et des églises, pourraient être employés au filage et au tissage de la laine, et que l'amour du gain les arracherait à leurs funestes habitudes. Dans ce but, il fil un traité avec Alexandre Capocefalo, et Fenicio Alifano, tous les deux marchands de laine : il leur concéda le monopole de la fabrication, et leur avança dix mille écus, à la condition de les restituer à la Chambre apostolique dans l'espace de dix années. De plus, il mit à leur disposition, sans les obliger à la rendre, une somme de deux
VIE DE SIXTE-QUINT. i07
mille écus, destinée à pourvoir aux dépenses des métiers et autres objets nécessaires.
Sa bulle Cum alias, du 17 décembre 1585^, accorda aux marchands de laine, pour ce qui leur serait dû, un privilège préférable à celui des commerçants du port de Rippetta. Il les autorisa à élire leurs consuls pour trois annnées; à donner de la laine à préparer aux ouvriers manquant de travail, avec. le droit d'infliger des peines à ceux qui se conduiraient mal. Il leur accorda en outre la faculté de modifier leurs statuts, et de juger les contestations nées de Texercice de cet art, et même de la part des juifs, lorsqu'ils y seraient intéressés. Il chargea le cardinal Santa-Croce de veiller à l'exécution de ces dispositions, et de faire en sorte que ses sujets pussent en profiter*.
Comme complément de ces mesures, il voulait approprier les restes du Colisée à l'habitation des ouvriers; en attendant, il fit établir près de la fontaine de Trévi, qui n'était pas alors telle qu'on la volt aujourd'hui, un lavoir public pour nettoyer la laine : à l'étage supérieur, Il avait fait placer un grand nombre de métiers, pour fabriquer des pièces de drap. Sur la façade de cet édifice, on lisait l'inscription suivante :
Sixtus V. Pont. Max.
Lanariœ arti et FulIoniaB
Urbis commoditati paupertatiq.
Sublevandœ œdificavit
An. MDLXXXYIPontif.IP.