‹ Histoire de Sixte-QuinteChapitre 33 sur 174 · Ibid · texte numérisé non relu

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relé de leur personne et de leur négoce, et ce qui est encore plus digne d'être noté, pour Texercice de leur culte.

A l'exception des campagnes et des lieux ouverts, il leur accorda le droit de résider partout dans TËtat ecclésiastique, en leur concédant les avantages suivants : « Les bouchers étaient obligés de leur vendre la viande au prix ordinaire ; les propriétaires devaient leur louer des maisons à des prix modérés. Les juifs pouvaient vivre en se conformant à leurs usages, et il était défendu de les troubler : les impôts personnels qu'ils avaient à payer étaient proportionnés à leur âge. Ils avaient la faculté de construire des'synagogues et d'ouvrir des cimetières; ils pouvaient exercer leur commerce avec la permission de la Chambre apostolique; leurs procès devaient être jugés parles magistrats dans les formes ordinaires : il était défendu de poursuivre les juifs criminels qui se réfugiaient dans les États de TÉglise, à moins qu'ils ne fussent coupables d'homicide, du crime de fausse monnaie ou de rébellion. Lorsqu'ils étaient en voyage, et dans les foires et marchés, ils ne pouvaient pas être contraints de porter leur costume distinctif (de couleur jaune). Trois fois par an, ils devaient être convoqués par les ordinaires (évêques ou curés) pour venir entendre la parole de Dieu. — Les médecins juifs étaient autorisés à soigner les malades chrétiens. »

Ces sages prescriptions, si éloignées des persécutions barbares du moyen âge, produisirent immédiatement l'effet que le pontife éclairé avait espéré. Les juifs rentrèrent en foule dans ses États, et à Rome seulement, on en comptait alors plus de douze mille dans le Ghetto. Malheureusement, il en fut de ces mesures

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comme de beaucoup d'autres adoptées par Sixte : elles furent mises à néant après sa mort, et nous voyons un de ses successeurs, Clément VIII, par sa bulle Cœca et obduraia, du mois de mars 1393, expulser de nouveau les juifs des provinces et des villes de sa domination, Rome, Ancône et Avignon seules exceptées ^

Après avoir détruit le brigandage, rétabli les finances, ramené pour quelque temps le bas prix des denrées, et garanti la sécurité de tous, sans distinction de religion. Sixte entreprit de mettre ses sujets à Tabri des abus de pouvoir de ses propres ofliciers. Il n'ignorait pas que les gouverneurs ou commandants des villes, les chefs de la police, les magistrats, les receveurs des deniers publics trafiquaient de leurs charges, au détriment du service qui leur était confié, ou des fonctions qu'ils devaient exercer. Il défendit ce trafic, considéré par lui comme simonie, et il poursuivit les délinquants avec la plus grande rigueur*.

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