Lelio Pellegrini, cilé par TempesU, ut supra, p
VIE DE SIXTE-QCINT. i09
étaient importées dans ses Etats. Le port d'Ancône était depuis longtemps le plus important et le plus fréquenté des domaines de TÉglise, et il avait obtenu de nombreux privilèges des papes. Les Anconitains jouissaient du droit d'élire leurs magistrats, d'être jugés par eux en première instance et en appel, de choisir des notaires pour les causes criminelles, de retenir, pour les besoins de la ville, les deux tiers des amendes prononcées contre les coupables, d'élire leur podestat, pris exclusivement parmi eux, et d'exiger, pour leur ville, des redevances en blé des cultivateurs voisins. Sixte avait confirmé ces différents avantages ^; mais il accorda, en outre, une faveur beaucoup plus signalée au port d'Ancône. Pressé par la pénurie d'argent, Grégoire XIII avait imposé aux navires qui fréquentaient ce port un droit d'entrée d'un écu d'or pour cent, sur la valeur des marchandises importées. Mais, loin de procurer des fonds au Trésor apostolique, cette taxe avait déterminé les armateurs de l'Archipel grec à abandonner le port d'Ancône. Sixte comprit le tort causé à cette ville et à ses États parle nouvel impôt : il l'abolit, et déclara Ancône port franc, afin d'y rappeler les vaisseaux marchands. Cette mesure eut un plein succès : les navires grecs et autres reprirent là route d'Ancône, y apportèrent, comme autrefois, les marchandises de l'Orient, et en exportèrent les blés de la Romagne et des Marches. Pour y attirer les négociants chrétiens grecs de l'île de Pathmos, Sixte confirma, par sa bulle du 10 mai 1587, Dudum felids *, les privilèges accordés par son prédécesseur à ces négociants, d'élire
1. Voy. les bulles citées parGuerra, t. 1, p. 515, in fine ^ 2« col., et 5tC, F« col.