‹ Histoire de Sixte-QuinteChapitre 37 sur 174 · Guerra, t. l,p. 517, I™ col · texte numérisé non relu

Guerra, t. l,p. 517, I™ col

iiO VIE DE SIXTE-QUINT.

un consul, ainsi que les autres Orientaux en avaient le droit, et de jouir d'autres avantages ^

On ne voit nulle part que Sixte ait traité Givita- Vecchia aussi favorablement qu'Âncône : il est assez difficile d'expliquer la raison de Tinfériorité dans laquelle il laissa le port le plus rapproché de Rome, et qui servait surtout, alors comme aujourd'hui , à son commerce et à son approvisionnement. Quoi qu'il en soit, s'il ne le déclara pas port franc, il le dota d'eau douce, avantage non moins apprécié par les navigateurs étrangers que par les habitants \ Cette eau fut amenée, par un conduit souterrain, d'une source située à six milles de la ville : Giovanni Fon* tana, frère aine de Domenico, dirigea les travaux. Il trouva, selon le témoignage de ce dernier ^ l'eau en si grande abondance, qu'elle pouvait fournir l'approvisionnement à cent galères, sans être épuisée. Aussi, le pape fit creuser un réservoir duquel l'eau est conduite jusque dans le port, pour la plus grande commodité des navires, et sur la place délia Rocca il fit établir une fontaine en arcade sur deux colonnes de marbre, avec ses armes et l'inscription suivante :

Sixtus V. Pont. Max.

^ Centum cellas

Aquœ inopia

Laborantes

Sublevavit

Ânno MDLXXXIX

Pont. IV. •

1. Guerra, t. I, p. 517, 1'^ col. — Voy. la bulle de Grégoire XllI, Dudum tmanerimti, de février 1673.

2. Tempesli, 1. 11, lib. ÏV. n^iwii, p. G5. a. Voy. son livre, P> 103.

VIE DE SIXTE-QUINT. . ill

Il rendit à Civita-Vecchia un service peut-être encore plus précieux, en ordonnant le dessèchement des chiane, marécages qui s'étendaient sur son territoire et sur ceux des communes voisines de Monte*Leone, Pieve et Ficalli. Grégoire XIII, mal conseillé par ses ministres, avait fait Tacquisition de ces terrains incultes, moyennant quatre-vingt-deux mille écus, en vue de les dessécher, de les faire cultiver et d'assainir la contrée. Mais cette entreprise n'avait pas même été commencée. Sixte la reprit en agissant autrement : sachant que l'intérêt personnel est le mobile le plus puissant des actions humaines, il revendit pour le même prix les chiane aux habitants des communes, en les obligeant à en effectuer le dessèchement et la culture; et pour assurer l'exécution des mesures qu'il avait prescrites, il créa le Monte di Civita- Vecchia, dont le revenu était garanti par l'intérêt du prix de ces biens communaux ^

Sixte trouvait le port de Civila* Vecchia insuffisant et mal placé : comme Jules César, il aurait voulu creuser un nouveau port du côté de Terracine', non-seulement poilr l'utilité de la navigation, mais afin de donner un écoulement aux eaux stagnantes des marais Pontins, dont il méditait le dessèchement. Au commencement d'octobre 1388, le pape se rendit à Terracine, visita les petites villes de Piperno et Simoneta, et revint par les rivages de la mer. Le 23 du môme mois, il réunit les cardinaux en consistoire et leur raconta son voyage, ïl leur dit : « Qu'il avait trouvé les populations de ce pays jouissant d'une profonde tranquillité^ depuis qu'elles

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