‹ Histoire de Sixte-QuinteChapitre 39 sur 174 · Delalande, Yo^agu en Italie , t, VI, p · texte numérisé non relu

Delalande, Yo^agu en Italie , t, VI, p

En 4514, LéonX donna ces marais en loule propriété à Julien de Médicis, son neveu, sous la .condition de rhommage au Saint-Siège, et d'une redevance de cinq livres de clro, payables la veille de la fête de saint Pierre. Julien, adoptant le plan de Jean Scotti, ingénieur florentin, fit travailler au dessèchement de la partie la plus basse; près de Terracine, au moyen du Portatore di Badina^ canal qui débouche dans la mer au pied du mont Circello, vers l'ancienne tour Oléola, opération qui assécha les terrains inférieurs. La famille de Médicis posséda toute l'étendue de ces marais pendant soixante-neuf ans, sans pousser les travaux plus loin K

Sixte lui reprit la partie qu'elle n'avait pas desséchée, et voulant profiter du Portatore di Badino pour Técoulement des eaux dans la mer, il fit creuser un canal de ceinture, qui porte encore le nom de Fiume Siêto^ et qui conduit dans le Portatore les eaux des terrains supérieurs. Ces travaux furent commencés à la fin de 1587, et ils durent occuper un grand nombre d'ouvriers : jusqu'à la fin de son règne, c'est-à-dire pendant plus de deux années, ils furent poussés avec vigueur, mais seulement pendant les saisons qui per^mettaient aux travailleurs de résister aux miasmes putrides occasionnés par le mauvais air. Le pape dépensa plus de deux cent mille écus à cette entreprise, qu'il suivait avec le plus grand intérêt, et qu'il alla inspecter en personne plusieurs fois. Vers le milieu du dernier siècle, on voyait du côté de Sezza, et peutêtre existe-t-elle encore aujourd'hui, une construction nommée le pavillon de Sixte, où il logeait lorsqu'il

1 Delalande, Voyage en Italie, t. VI, p. 453-4.

ilTi VIE DE SIXTE-QUINT.

venait visiter les travaux. Ona prétendu ^ quMls avaient rendu à la culture une superflcie de vingt milles (environ 30 kilomètres) de longueur, sur sept de largeur; mais ce résultat parait douteux : il n'est appuyé sur aucune preuve positive, et le peu de temps employé au dessèchement suffirait pour démontrer qu'on a exagéré son importance. Ce qui parait plus certain, c'est que, dans les derniers mois de son pontificat, Sixte ayant voulu se rendre à Terracine , à une époque de Tannée où Tair n'avait pas été assaini suffisamment par les premiers froids de l'hiver, il y contracta les germes de la maladie à laquelle il succomba peu après. De la tentative opérée par Sixte, il ne reste plus que le canal qui porte son nom , et bien que Pie VI ait poussé beaucoup plus loin les travaux, repris, pendant Iroppeu de temps, par Tadministration française sous le premier empire *, cette vaste plaine est revenue à Tétat de marécage, et elle attend encore son dessèchement pour être rendue à la culture et à là salubrité.

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