‹ Histoire de Sixte-QuinteChapitre 38 sur 174 · Tempesli, 1. 1, lib. XVII, n®» xxxv-xxxvii, p · texte numérisé non relu

Tempesli, 1. 1, lib. XVII, n®» xxxv-xxxvii, p

2. Suétone, Plutarque et Dion parlent de ce projet, dont ^ mort de J. César empêcha l'exécution.

n'élaient plus inquiétées par les bandits; qu'il avait visité les bords de la mer, et les avait examinés, afin de s'assurer s'ils permettraient d'y creuser un vaste port, qu'il avait résolu de creuser dans ces parages, pour la commodité du commerce et pour entretenir l'abondance ; qu'il avait entrevu des difHcultés à l'exécution de ce projet, mais que ce n'était pas la dépense qui l'arrêtait le plus; qu'il craignaitseulement, qu'après avoir creusé un port commode pour l'usage de ses sujets, il ne servit plutôt à favoriser les entreprises de ses ennemis, parce que les endroits habités étaient Ires-éloignés du seul lieu où il fût possible d'établir le port : qu'en conséquence, avant de commencer, il fallait y réfléchir mûrement. Mais qu'il était résolu à entreprendre immédiatement le dessèchement et la culture des marais Pontins, afin de ramener l'abondance du blé ^ »

Ce dessèchement a, depuis plus de deux mille ans, préoccupé tous les gouvernements qui se sont succédé à Rome, et jamais, jusqu'à présent, aucun n'a pu le mener à fin. Les marais Pontins forment un vaste bassin couvert de marécages, dont la longueur est de quarante-deux mille mètres et la largeur de dix-huit mille, environ. Ils sont bornés au nord par les plaines sèches de Sezza, Sermonela et Cisterna; à l'ouest, par une chaîne de dunes de dix à douze mètres d'élévation, qui les sépare de la mer, en s'appuyant d'une part sur le cap Astura, et de l'autre sur le mont Gircé; au sud, par les mêmes dunes abaissées à six à huit mètres, et unissant cette montagne à la chaîne apennine, près de Terracine; enfin au sud et à l'est, par ces mômes mon-

i. TempcsU, t. Il lib. IV, n°* xxvi h xxxi, p. 65-66.

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tagnes et par les monts Lepini ^ Ces marais, déserts et inhabitables depuis si longtemps, faisaient partie, dans les premiers siècles de Rome, du territoire des Volsques, et ils étaient alors si peuplés que, selon le témoignage de Pline ^ on y comptait vingt-trois villes. Elles furent détruites pendant les longues guerres que ce peuple soutint contre les Romains, et c'est depuis cette époque que cette plaine, privée de la présence de rhomme, fut envahie par les eaux et devint un immense marécage insalubre. Les principales rivières qui la traversent sont l'Amazena, TUffente, la Ninfa, la Tepia et la Cavata. Dans Télé, ces cours d'eau sont presque à sec : mais après les pluies ou les orages, ils deviennent torrentueux, et débordent sur tout ce vaste espace, où leurs eaux, arrêtées par des plantes et des détritus de toute espèce, ne trouvent pas assez de pente pour s'écouler vers la mer.

Appius Claudius, 340 ans avant Jésus-Christ, ouvrit, îi travers ces marais, la voie romaine qui porte son nom. 11 y fit creuser des canaux, bâtir des ponts, élever des chaussées et des digues dont il existe encore des parties considérables. Cent cinquante ans après, faute d'entretien de ces ouvrages, les eaux avaient envahi et recouvert leur ancien domaine, et détruit, sur beaucoup de points, les travaux d'art exécutés par Appius. Ces travaux furent réparés ou repris par le consul Cornélius tlethegus, qui dessécha de [nouveau une partie de ces marais et les rendit à la culture.

Auguste les trouva encore submergés: pour en

1. Etudes statistiques sur Rome et les Etats romains, par M. de TournoD, t. II, p. 214.

2. Lit). VI. — « il Circeiis palus pontina est, quem locum viginti trium urbium Mucianus ter consul prodidit.,, »

chasser Teau, il fil creuser, le long delà Via Appia, le grand canal sur lequel Horace commença son voyage à Brindes. Mais telle est Texubérance de la végétation dans ces marécages, sous Tinfluence da soleil ardent de ritalie, joint au peu de pente que trouve l'écoulement des eaux vers la mer, que dès le règne de Néron ce canal exigea des réparations considérables; sous Trajan, les travaux d'Auguste ne pouvaient plus servir, selon le témoignage de Pline le Jeune ^ : il était devenu nécessaire de les refaire.

Après Trajan, aucun empereur romain ne s'occupa plus de ces marais, et il faut descendre jusqu'à Théodoric, roi des Goths, et maître de l'Italie, pour retrouver leur nom dans l'histoire. On voit, dans les lettres de Gassiodore, son secrétaire, qu'ils furent concédés à Gécilius Décius pour les dessécher. Si l'inscription qui existe à Terracine est vraie, on pourrait en conclure que cette entreprise aurait eu alors un succès complet; mais ce résultat, s'il fut obtenu, ne dura pas longtemps, et pendant tout le moyen âge le sol des marais Pontins resta envahi par les eaux.

Boniface VIII, élu en 1294, fut le premier pape qui essaya de reprendre leur dessèchement. Mais les travaux qu'il fit exécuter n'ayant pas été mieux entretenus que les précédents, n'eurent pas non plus longue durée. On attribue à Martin V, vers 1417, le Rio- Martino^ canal qui conduit les eaux à la mer, par la ligne la plus courte, en coupant une colline, bien que des auteurs recommandables ^ veuillent que ce travail soit un ouvrage des anciens Romains.

1, Lettre XXVI, c. iv.

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