Voyez ci-dessus le chapitre V
chargés d'inspecler les rituels, les pontiidcaux, et de prescrire ou défendre ce qui doit être observé dans les oflSces divins, les messes et les autres cérémonies de r Église.
La sixième congrégation in'a trait, comme la quatrième, qu'au gouvernement temporel. Afin d'assurer une complète sécurité aux habitants des côtes de ses États, et d'empêcher que ni ses sujets ni leurs biens ne soient troublés et molestés par les pirates, il institue une congrégation de six cardinaux qui veillera aux préparatifs à faire pour armer dix galères destinées à repousser les corsaires des côtes de l'État ecclésiastique. Elle nommera les commandants de ces navires, rassemblera les équipages, et pourvoira exactement au payement de la solde et des autres dépenses, et elle fera choix de matelots expérimentés et de soldats intrépides.
La congrégation de l'Index est la septième. Elle connaît des livres qui contiennent des opinions hérétiques; elle en dresse des tables [indices)^ et elle invite les académies à rejeter ces ouvrages.
L'exécution et l'interprétation des décrets du concile de Trente sont confiées à la huitième congrégation. Elle est chargée, en outre, de veiller à la réforme des mœurs, à l'introduction de la discipline, à la réunion, tous les trois ans, des conciles provinciaux, ei à celle annuelle des synodes diocésains. Elle corrige et modifie les décrets de ces synodes, qui doivent être envoyés à Rome, et donne la solution des questions qui s'élèvent sur le sens des décrets du concile de Trente.
La neuvième congrégation est chargée de pourvoir au soulagement des sujets de l'État ecclésiastique, en
ce qui concerne leurs intérêts temporels. Elle surveille rétablissement et la perception des taxes et des impôts, leur augmentation arbitraire, les abus des collecteurs et autres fonctionnaires, les malversations, les excès de pouvoirs, même de la part des juges.
La dixième congrégation est celle de Tuniversité de Rome, ou collège de la Sapience. — Quatre universités célèbres avaient été spécialement placées, depuis plusieurs siècles, sous la protection des souverains pontifes : celle de Paris, celle d'Dxford, en Angleterre, devenue protestante depuis Henri VIII, celle de Salamanque en Espagne, et celle de Bologne en Italie. Il faut ajouter à ces universités celle de la Sapience, qui, fondée par Boniface VIII, en 1303, fut relevée et fortement encouragée par Léon X. A Tavénement de Sixte, elle était bien déchue de son ancienne splendeur : il l'avait trouvée en pleine décadence, et même endettée de vingt-deux mille écus, sans aucun revenu, par conséquent, dans Timpossibilité d'amortir sa dette et de pourvoir à ses dépenses. Animé du zèle le plus louable pour les lettres et les sciences, le pontife s'était empressé de payer sur sa liste civile les vingt-deux mille écus, de faire élever les deux ailes de l'ancien palais de la Sapience, afin qu'on pût y ouvrir des cours publics et y loger les maîtres et les élèves ^ C'est pour veiller à l'exécution de ces différentes mesures, qu'il institua une congrégation de cinq cardinaux : il la chargea dé choisir les meilleurs professeurs en théologie et en droit, e1 ceux les plus versés dans la connaissance des langues anciennes et étrangères, et d'inspecter leurs leçons.
1. PandroU, Tesori nascosii, p. tOB, — cité par Nibby, Roma neW anno MDCCCXXXVIII, parte modema, t. H, p. 299.
La onzième congrégation, composée de cinq cardinaux, doit connaître des différends qui s'élèvent entre les ordres de religieux réguliers : elle les juge selon les règles de ces ordres, et les décrets du concile de Trente. Elle décide également les causes entre les ordinaires (évêques) et ces ordres; elle reçoit les dénonciations contre les supérieurs, examine les demandes de passage, d'un religieux appartenant à un ordre, dans un autre, et connaît des réclamations à fin d'érection ou de suppression de couvents.
La douzième congrégation répond aux consultations demandées par- les évoques, à l'occasion des doutes qui peuvent s'élever dans leur esprit sur les règles de conduite à tenir dans certaines circonstances. Elle décide les contestations élevées entre les évoques sur la visite des églises, sur l'administration de leurs biens temporels, etc.
La surveillance des routes, des ponts et des conduites d'eau est confiée à la treizième congrégation. Elle a le droit de contraindre les communes à entretenir et à refaire ces ouvrages, et elle empoche qu'il n'y soit porté aucune atteinte.
La quatorzième congrégation, de cinq cardinaux, fut préposée à la typographie du Vatican, sur laquelle nous reviendrons ^
Enfin, la quinzième et dernière, de même nombre, a la censure des magistrats et autres fonctionnaires de l'État ecclésiastique; elle s'assure s'ils remplissent leurs emplois avec justice et équité, et connaît des contestations élevées, môme entre le fisc et les particuliers, les communes, les universités, et décide les