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Histoire de soixante ans: la Révolution, 1789-1800

Néeessilé de l'avénenement du parti pofmlaire. — Forfnation du ctmitè insurrectionnel. — Entrevue de Robespierre et de Marat. — Barbaroux et les Marseillais — Projets insurrectionnels. — Maleskerbes conseille au roi d'abdiquer. — Plans d'évasion. — Ouvertures des Girondins au roi.

— Manifeste de la coalition. — Terrible effet du manifeste sur l'esprit des Français. — Les sections demandent la déchéance du roi. — PétUm et le conseil de la Commune à l'ÀssembU&^ — Anxiété des chefs de parti à l'approche du ^0 août. — Fatales espérances et inaction de Louis-XYl. — - Le roi et la reine refusent d& partir. •—• Le Château se prépare à la défense. — VAssemblée refuse ,de poursuivre Lafayeite. — Fureur du peuple contre l'Assemblée. — 'Séances nocturnes du comité insurrectionnel. — Pensée subversive de la Gironde, — ^ance de l'Assemblée nationale le 9 aoât. — Les sections- dissolvent et reconstituent le conseil de la commune. — Danton fait sonner le tocsin. — Paris pendant la nuit du 9 au 40 août. — Dispositions pour la défense du Château. ^- Plan de bataille du commandant-général Mandat. — Raderer est appelé au Château. — Arrivée de Pétion; rude accueil que lui fait le roi, — Pétion dans .le jardin des Tuileries. •— L'Assemblée mande Pétion à sa barre. — Aspect intérieur du Château pendant la nuit du 9 au 40 août.

— Mandat, appelé par la Commune, se décide à partir. — Interrogatoire, arrestation et meurtre de Mandat. -^ Santerre est nommé par la Commune commandant-général, — Ferme attitude de Marie-Antoinette.

— Le roi passe la revue des troupes, — Insuccès de cette revue. — Louis XVI et sa famille se réfugient au sein de l'Assemblée nationale. — VAssemblée envoie une députation à la rencontre du roi. — La famille royale prend place dans la loge du logographe. — Premiers épisodes du combat, — Attaque et prise da palais des Tuilerirs. — Sac du Château.

— VAssemblée déclare le roi suspendu de ses fonctions. — BlU décrète

la formation d'une Convention natUmale. — La famille royale eêt trant^ férée aux Feuillants, — Caractère fatal et inévitable de la journée du 40 aùit.

1793. Cependant rinsurrection s'organisait en même

temps que la guerre, et Ton est contraint d'avouer que l'attitude de la cour rendait l'une aussi nécessaire que l'arrivée de l'ennemi rendait l'autre indis- NëceMitë pensable. L'insurrection seule pouvait renverser de l'avëntjment l'obstacIc ct amener au pouvoir les hommes du parti

du parti ^ *^ ^ ^ ^

populaire, populairc, Ics sculs pcut-ètrc qui, par la violence de leurs passions et leur audace extraordinaire , fussent à la hauteur de tels périls. L'impuissance de la monarchie, de l'Assemblée nationale, des Feuillants et des Girondins éclatait dans les faits. 11 ne restait plus pour sauver la patrie que l'élan des classes inférieures et le gouvernement de leurs chefs naturels. On parlait depuis trois ans. L'heure d'agir était venue. Le comité des fédérés élut cinq membres qui formèrent un comité insurrectionnel. Formation da Ccs ciuq membres étaient : Vaugeois, grand-vicaire inso^tionnei. ^^ Tévêquc de Blois ; Debesse (de la Drôme) ; Simon, journaliste (de Strasbourg); Galissot (de Langres); Guillaume, professeur (de Caen), Carra, Kimlin (de Strasbourg), Gorsas, Westermann, et la plupart des hommes que nous avons vu figurer chez Santerre la veille du 20 juin. Il y avait parmi ces agitateurs subalternes beaucoup d'intrigants et de gens tarés. Quand on trouble l'eau les éléments impurs remontent à la surface. Mais dans ces circons-

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tances, le patriotisme, comme le feu , purifiait bien itm. des souillures. Danton, Manuel et Camille Desmoulins donnèrent bientôt l'impulsion à ces comités, qui se réunissaient la nuit dans un petit cabaret portant pour enseigne : Au Soleil d'or, non loin de la Bastille, dans la rue Saint- Antoine. BarbarouiL leur promettait le concours des Marseillais. Pétion s'engageait à ne pas agir. Avec son caractère et dans sa situation , c'est tout ce qu'il pouvait faire. Pour sauver les apparences il fut convenu qu'on le consignerait dans sa maison. Le mouvement cherchait un chef. Il ne le trouvait ni dans Robespierre, qui n'était pas l'homme des insurrections, ni dans Camille Desmoulins, qui manquait d'autorité, ni dans Marat, qui, vivant dans les souterrains, loin de l'œil de la police, systématique, sanguinaire par principe, au moral effrayant comme un spectre, au physique hideux et grotesque, pouvait dans la Révolution jouer le rôle d'un sombre et terrible prophète, d'un inquisiteur de la guillotine, non celui d'un véritable chef. L'homme d'Etat des insurrections, c'était Danton.

La plupart de ces chefs eurent des entrevues. Le Entrevue. jeune Barbaroux vit Robespierre et s'offusqua du J^ °Barbi^'^ peu de cas qu'il faisait de Pétion et de l'ambition et avec Marat. mal dissimulée qui perçait dans la parole mesurée du chef suprême des Jacobins. Panis, qui assistait à cette entrevue, essaya vainement de ramener à Robespierre ce jeune homme impatient et absolu

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