TOME SECOND
coalition.
1799. d'ordonner Téloignement des années étrangères, de congédier Lafa}'ette, de former un cabinet girondin, etc. Le roi repoussa avec humeur ces.mesures, parfaitement inefficaces d'ailleurs. Les Girondins n'en continuèrent pas moins de garder beaucoup de réserve dans les discussions relatives à la déchéance.
Manifeste de la (Ju manifcstc, parti de Coblentz, précipita les événements et déjoua tous les calculs de la prudence et de la modération. L'idée en avait été suggérée par Mallet du Pan, au nom de Louis XVL Mais, dicté par la haine , sous l'inspiration des émigrés , il ne pouvait que porter à son paroxisme cette révolution qu'il avait la prétention d'anéantir. Le duc de Brunswick lui-même, obligé, en sa qualité de général en chef, de signer cette absurde proclamation, ne put s'empêcher d'en blâmer l'inconvenance. Le manifeste, aux noms de l'empereur d'Autriche et du roi de Prusse, motivait l'invasion projetée sur la suppression des droits des princes allemands possessionnés en Alsace et en Lorraine, sur l'oppression exercée par les Français contre leur roi et son auguste famille, sur la déclaration de guerre faite à l'empereur en attaquant ses provinces des Pays-Bas, sur le désir d'arrêter en France les attar ques portées au trône et à l'autel. En conséquence, l'empereur d'Autriche et le roi de Prusse invitaient les Français à rentrer dans l'ordre sans délai. Huit articles suivaient ces préliminaires. Chacim d'eux
était une de ces insolences qui, de peuple à peuple, 179a. ne se lavent que dans des flots de sang humain. Les roi de Prusse et empereur d'Autriche y donnaient des ordres aux autorités et à la garde nationale, comme s'ils eussent été maîtres de Paris. Ils menaçaient de traiter en rebelles et comme de^ perturbateurs les Français qui se permettraient de porter les armes contre les troupes de Leurs Majestés; rendaient les municipalités responsables, sur leurs, têtes et sur leurs biens, de toute résistance. L'article 7 stipulait notamment : « Que les habitants des villes, bourgs et villages qui oseraient se défendre contre les troupes de Leurs Majestés Impériale et Royale , et tirer sur elles , soit en rase campagne , soit par les fenêtres , portes et ouvertures de leurs maisons, seraient punis sur-le-champ, suivant la rigueur du droit de la guerre , et leurs maisons démolies ou brûlées. » L'article 8 sommait la ville de Paris de se soumettre sur-le-champ et sans délai au roi, et rendait « responsables, sur leurs têtes, sans espoir de pardon, » tous les membres de l'Assemblée nationale, du département, du district, de la municipalité, de la garde nationale. On promettait aux Parisiens de « tirer une vengeance exemplaire et à jamais mémorable en livrant leur ville à une exécution militaire et à une subversion totale. »
C'est à un peuple de vingt-quatre millions d'habitants, placé à la tête de la civilisation européenne
des Français.
1792. et comptant quatorze siècles d'histoire, que les
souverains de deux Etats à peine constitués osaient
Terrible eflfei du tenir uu pareil langage. L'efifet en fut terrible.
manifeste sur j • -xr^ri /v> ' J * ' ^ * i
l'esprit INOUÏS XVI, effraye de voir sa pensée si mal exprimée, désavoua le manifeste. Mais quoi qu'il pût dire, eût-il été complètement pur de toute complicité avec l'étranger, la nation, menacée en son nom par les ennemis de la France, crut dans son orgueil et son indignation qu'elle ne pouvait répondre au défi que par le défi. Le bruit que cinquante mille Sardes s'avançaient augmenta la rage du peuple. La déchéance du roi, factieuse la veille, devenait en quelque sorte l'expression du plus ardent et du plus pur patriotisme. La section Mauconseil donna le signal en prenant un arrêté par lequel elle déclarait a qu'elle ne reconnaissait plus Louis XVI pour roi et qu'elle irait elle-même, le 5 août, notifier sa déclaration à l'Assemblée. » Cet arrêté, communiqué aux autres sections, fit l'effet d'une torche sur une traînée de poudre.
Le 3 août, les quarante-huit sections de Paris émirent le vœu de la déchéance de Louis XVI et invitèrent la Commune et le maire de Paris à porter pétion à l'Assemblée ce vœu formel. Pétion parut à la elle conseil de ]^^j.j.q g^^jy^ j^ couscil , ct analvsant les crimes de
la Commune à 7 j .
l'Assemblée. Louis XVI , SCS proje.ts sanguiuaires contre Paris , les menaces du duc de Brunswick, au nom de la Commune il dénonça le pouvoir exécutif. « Le chef du pouvoir exécutif est le premier anneau de la
Les sections
demandent la
déchéance
du roi.
chaîne contre-révolutionnaire, dit-il; son nom est 1792. un signal de discorde entre le peuple et ses magistrats, entre les soldats et les généraux. Il a séparé ses intérêts de ceux de la nation ; nous les séparons comme lui. Loin de s'être opposé par un acte formel aux ennemis du dehors et de l'intérieur, sa conduite est un acte formel et perpétuel de désobéissance à la Constitution. Tant que nous aurons un roi semblable, la liberté ne peut s'afiermir; et nous voulons demeurer libres. Nous invoquons à notre tour la Constitution , et nous demandons la déchéance de Louis XVL » L'Assemblée comprit que l'autorité lui échappait. Elle resta silencieuse et froide. L'usurpation était flagrante. Vergniaud et Cambon la signalèrent. On remit au 9 la discussion de la déchéance, et l'arrêté prématuré de la section Mauconseil fut cassé. Le comité insurrectionnel, qui était prêt à l'action pour le 5 août , s'ajourna également au 9, voulant profiter de l'agitation que devait causer la discussion sur la déchéance.
Dans les derniers jours qui séparaient encore la Anxiétés des Révolution de cette période de terreur et de sang ^l'app^jh'^du dans laquelle, avec sa formidable logique, l'en- ^^ «>ût. traînait la Prowdence, il y eut, sinon dans les partis, au moins chez leurs chefs, une sorte de recueillement. Ce trouble des veilles d'armes appartient en effet aux chefs qui, dans leurs mains débiles, sentant vibrer le fil de tant de destinées, ont horreur d'eux-mêmes et plient un moment sous le
poids de lenr propre volonté. Avant que Timplacabte raison ait tiré le ^aive, le cœur humain, comme le Christ au jardin des Oliviers, a ses heures de larmes et d'effroi . La Gironde avait plus de talent que de caractère. Les Jacobins étaient plutôt des hommes de gouvernement que des hommes d'insurrection. IRobespierre n'aimait pas le désordre et le bruit. Il n'y avait que Danton, Marat, Camille Desmoulins et les hommes de main du Comité insurrectionnel qui osaient regarder de sang froid la date du 9 août. L'Assemblée l'attendait avec épouvante.
Fatales Ce court ajoumcment rendit au roi le fatal espoir
espérances j^ recouquérir sa puissance avec l'aide de l'ennemi .
el inaction de i r
Louis XVI. Chaque pas qui rapprochait les armées étrangères de la France retentissait dans son cœur. Le roi martyr succombait à cette tentation dernière. Et cette secrète et coupable espérance, en le retenant dans son éternelle immobilité , achevait de le perdre. Vainement ses amis épouvantés, le duc de Uancourt qui avait jeté dans ce projet de fuite sa for^ tune, Lafayette qui y laissait sa popularité. Monciel, Sainte-Croix, un groupe de gentilshommes dévoués qui, devant les coffres épi^sés par les stériles dépenses de Bertrand de MoUeville, apportaient leur or et offraient leur vie, vainement ces généreux ia; roi et la reine scrvitcurs qui avaient tout disposé pour la fuite
drp^"r. s'efforçaient-ils d'arracher Louis XVI de son palais. Il retardait le départ convenu et finit par refuser
net, (lisant, pour colorer sa pensée intime, qu'il ne 47». voulait pas allumer la guerre civile. La reine aussi comptait sur Brunswick et suivait, dans sa pensée, chaque étape des armées prussiennes et autrichiennes dont elle avait Titinéraire. Nos troupes, sans discipline et sans approvisionnements, systématiquement désorganisées depuis deux ans, nos volontaires enrôlés depuis si peu de temps, ne pouyai^t pas résister à des armées aguerries. Telle était la pensée de la reine et de beaucoup de gens sensés. Elle alléguait, pour ne point partir, sa répugnance contre les constitutionnels. C'était pousser jusqu'à la démence la haine politique que de ne pas consentir à devoir la vie à des hommes dont elle ne partageait pas les opinions. Elle ne voulait quitter ni Paris ni le trône.
Quand le roi eut déclaré sa volonté, il fallut re- Le chàteaa se noncer aux dispositions prises pour assurer sa fuite et ne plus songer qu'à la défense du château. L'insurrection hâtait ses préparatifs pour la nuit du 9 au 1 août. Outre l'intervention attendue des armées étrangères, il restait donc encore à Louis XVI la chance d'une victoire contre le parti populaire. On ne s'expliquerait pas, sans cela, l'étrange inertie du roi. Il comptait sur la position du château, alors enveloppé de cours et de murailles, sur les débris de l'ancienne garde constitutionnelle, sur une partie de la garde nationale, sur les bataillons suisses et sur les chevaliers du poignard commandés par un
prépare à la défense.
maréchal de camp, M. d'HerviUy. Avec de pareils moyens de défense^ la victoire était possible. On la crut certaine à la Cour et Ton espéra qu'elle aurait pour inévitable conséquence de mettre rAssemblée aux pieds du roi. Fort dépopularisée d'ailleurs, elle était visiblement dominée par les clubs et par la Commune. L'incident relatif à Lafayette acheva de lui enlever le cœur d'une multitude dont elle ne servait plus les passions. On avait arraché au vieux Luckner l'aveu de sa connivence avec Lafayette. I^s fils du complot étaient donc dans les mains de l'Assemblée, mais il lui répugna de condamner un homme comme Lafayette qui avait donné tant de gages à la révolution et à la liberté. Après deux épreuves et l'appel nominal elle eut la dignité de résister aux clameurs des tribunes et en même temps la faiblesse d'absoudre Lafayette à une majorité de deux cent vingt-deux voix (1).
Ce vote la perdit et exerça une influence considérable sur les événements.
Fureur La populacc iusulta les députés de la droite à leur
du peuple contre gortic de l'Assembléc. L'audace des émeutiers pre-
l'Asserablée.
nait depuis quelques jours un caractère de violence extraordinaire. Duval d'Espreménil, passant sur la terrasse des Feuillants, avait été reconnu de la foule, conduit à coups de sabres et à coups de bâtons jusqu'au corps de garde du Trésor-Royal, où on le
L'AsseTnl)]éé
refuse
de poursuivre
Lafayette.
{i) Séance de l'Assemblée législative du 8 aoât \19t.
déposa sanglant et nu . Sa jeune femme , désespérée , 17». voulait mourir avec lui. Quand Pétion, qu'on alla chercher, arriva et vit, dans ce pitoyable état, cet homme un moment si populaire, son flegme ne tint pas devant un tel spectacle. 11 se trouva mal. L'acquittement de Lafayette causa des désordres presque aussi graves; plusieurs députés furent battus. Ils durent se réfugier dans un poste; assaillis et mal protégés , ils prirent la fuite en sautant par une fenêtre.
Le Comité insurrectionnel, les Marseillais, et tous séances les éléments qui devaient former l'armée insurrec- "<»<^^"""«^<*»»
* comité
tionnelle s'agitaient. Le Ck)mité s'était réuni le 5 au inaarrecuoDoei. Cadran bleu et dans la même soirée, rue Saint - Honoré, au domicile d'Antoine, dans la maison des Duplay où habitait Robespierre. La -femme Duplay, effrayée , monta chez Antoine à onze heures du soir et lui dit : « Voulez-vous donc faire égorger Robespierre? — Si quelqu'un doit être égorgé, répliqua Antoine , ce sera nous , sans doute. Si Robespierre a peur, qu'il se cache. » Des plans d'insurrection furent écrits et circulèrent. Les MarselHais, pour être plus près du château, quittèrent leur caserne. Us allèrent camper au club des Cordeliers. Sergent et Panis leur firent délivrer des cartouches. Le génie de Danton les inspirait.
Danton, seul peut-être parmi les chefs supérieurs de la Révolution, avait foi dans cette pensée profonde et terrible de frapper d'abord l'étranger II. 2
subversive de la Gironde.
1798. dans la personne du roi, de tenir jusqu'au bout sur le terrain de Paris, comme un capitaine de navire reste sur son bord, jusqu'à l'heure où l'abîme s'entrouvre sous ses pieds. Les autres^ la Gironde surtout, sans génie politique, quoique doués de celui de la liberté, inclinèrent vers la pensée inférieure de Barbaroux et des hommes qui doutant du grand cœur de la France, eurent plus de foi dans ses départements que dans sa capitale.
Pensée Ccs hommcs, imbus du vieil esprit des provinces
françaises, malgré le frottement des hautes théories politiques de 1 789, n'apportèrent dans la Révolution qu'un patriotisme de clocher. Encore inféodés au principe gothique du fédéralisme, ils doutèrent de l'essor spontané de la nation, de l'énergie de la population des frontières du Nord, et imaginèrent que le Midi sauverait la France et la Révolution. Leur courage, leur bonne volonté, l'ardeur du sang méridional, le souvenir des luttes du Comtat-Venaissin, de Carpentras, leur donnèrent cette espérance de fonder, au Midi, une république capable de sauver l'épave des institutions nouvelles. Barbaroux cédait au besoin de l'insurrection, mais il caressait le rêve d'une révolte pacifique, et tint même, tant il avait peu de confiance dans la victoire du peuple, du poison prêt pour échapper aux conséquences d'une défaite. Servan, le cercle dçs époux Roland, inclinaient vers les mêmes idées. Vergoiaud fut le seul de son parti qui comprit que la liberté
UVRB IX 4Ô
devait triompher ou périr à Paris. Brissot et Pétion 17». redoutaient également l'insurrection. Ce dernier se rendit au comité de surveillance des Jacobins, adjura Chabot d'arrêter le mouvement insurrectionnel en promettant que les Girondins voteraient la déchéance et qu'on convoquerait sur-le-champ une Convention. Le mot avait été prononcé peu de jours auparavant par Robespierre (1), indiquant la convocation d'une Convention nationale, directement élue par les assemblées primaires, comme l'unique moyen de sauver la patrie. Chabot répondit qu'on ne pouvait mettre sa confiance dans l'assemblée qui venait d'innocenter Lafayette.
Une explication eut lieu le 9 août. La séance de sëuice l'Assemblée fut très-agitée. MM. Dumolard, Beau- ^"["^^^ caron et de Girardin se plaignirent d'avoir été in- ïe 9 août. juriés et frappés la veille. On lut im grand nombre de lettres de députés qui se plaignaient d'avoir été battus ou insultés. La lecture de ces lettres se faisait au bruit des railleries des tribunes. L'Assemblée, évidemment opprimée, avilie par les tribunes avec lesquelles pactisaient les députés de l'extrême gauche, manda Rœderer à la barre. Pétion se présente bientôt après. On les somme tous deux de garantir l'inviolabilité des députés et ils viennent annoncer que des projets redoutables circulent; qu'une section, répétant ce que celle des Quinze-Vingts et
(4) Séance des Jacobins, du 4«' août 4792.
1703. celle de Mauconseil avaient dit quelques jours auparavant, déclarait que si l'Assemblée ne prononçait pas la déchéance elle saurait se passer de ses Les sections représentants « ineptes et corrompus. » L'Assemdissoivent jj|^ recula devant cette nécessité si erave. Ijsl sec-
et reconstituent *-'
le conseil tiou passa outre , prit un arrêté qui dissolvait le de la commune, ^^ug^jj général de la commune , le remplaçait par des commissaires investis de pleins pouvoirs pour sauver la chose publique. Elle élut Rossignol, Huguenin et Balin. Chaque section devait également nommer trois commissaires. Vingt-huit sections les nommèrent pendant la nuit, les vingt autres le lendemain matin. Ge conseil formait le gouvernement réel de l'insurrection. Il devait conserver Pétion, Manuel, Danton, et les seize administrateurs de la ville. Au Conseil seul appartenait le droit de faire sonner le tocsin. Mais le tocsin le plus formidable de cette journée fut la voix de Danton qui, revenu précipitamment d'Arcis-sur-Aube , où il avait été prendre un peu de repos, déploya, le 8 et le 9, une activité terrible. Partout où il se montra, à la section des Cordeliers qu'il présida, il appela le peuple aux armes ; il fit sortir Marat qui était caché dans une cave. A minuit , à l'hôtel-de-ville arrivèrent successivement cent quatre-vingt-douze nouveaux commissaires. Huguenin, l'orateur de l'émeute du 20 juin, les présida, et prit pour secréfaitTonerie taire Ic jcunc Tallien. Ce fut encore Danton qui tocsin. donna le signal du tocsin. Camille Desmoulins, son
ami, se multiplia dans le même biit;vers le milieu 1793. de la nuit, il rentra excédé de fatigue, laissa tomber son fusil et s'endormit un moment sur l'épaule de sa femme.
Le tocsin des Cordeliers avait sonné le premier. Paris pendant la Bientôt tous les clochers se répondirent. Des troupes ^ au"io wût sillonnèrent la ville. Paris entra dans une agitation sinistre. Les Marseillais, pourvus de canons, se rangèrent çn bataille devant les Cordeliers. Le complément de Révolution que Danton avait jugé indispensable allait se faire. Mais quoique le comité insurrectionnel se fût divisé en trois parties et que tous les meneurs fussent à leur poste, les faubourgs s'ébranlèrent difficilement. Santerre se méfiait. Le cri : « Aux armes! » retentissait çà et là dans les rues sombres, mais les colonnes insurrectionnelles se formaient lentement à la place du Théâtre-Français, au marché aux chevaux dans le faubourg Saint-Marceau, et à TArsenal dans le faubourg Saint- Antoine. Cette dernière section forma un corps d'environ quinze mille hommes. Celle du fauboui^ Saint-Marceau n'en réunit que cinq mille. Mais la multitude qui les suivait leur prêtait un aspect formidable.
Le château savait heure par heure ce qui se pas- Dispositions sait dans Paris. Il n'y eut aucune surprise de part ^^u château"^ ni d'autre dans l'affaire du 10 août. On s'y prépara des deux côtés comme on se prépare à une bataille rangée. Depuis longtemps déjà, par les soins de
I7M. M. de Salis, aide-major de la garde suisse, on avsût fait pratiquer un retranchement dans la longue galerie du Louvre. Le plancher en avait été rompu à soixante pas du pavillon de Flore. On sait que depuis la démission de Lafayette le commandement en chef de la garde nationale de Paris appartenait successivement à l'un des six chefs de légion. C'était le lourde M. Mandat, ancien capitaine des gardes françaises, bon militaire, homme d'énei^e. Requis le 8 par le département, M. Mandat prit immédiatement les dispositions nécessaires pour la défense. Le 9, à six heures du soir, tous les postes étaient doublés, la gendarmerie à pied resta consignée dans ses quartiers, seize bataillons choisis de la garde nationale furent prévenus de se tenir prêts à marcher. M. Maillardor, lieutenanlrcolonel , commandait les suisses en l'absence de M. d'Affry , malade. On avait préparé pour cette garde fidèle des logements à Thôtel de Brionne et dans les écuries neuves de la cour Marsan. A onze heures du soir, la gendarmerie à cheval sous les ordres de MM. Rhulières et Verdière se rangea en bataille sur la grande place du Louvre. A minuit on amena les suisses dans un vaste corps de garde près du grand escalier de la Cour des Princes. D'autres s'échelonnèrent sur les marches jusqu'au premier étage et dans le vestibule. Une faible partie de la garde nationale, requise par M. Mandat, arriva pendant la nuit. La moitié s'échelonna au château, l'autre se plaça