LIVRE XII àOd
président Barère dit au milieu d'un profond si- 1793. lence : « Louis, la Convention nationale a ordonné que vous seriez entendu aujourd'hui ; vous pouvez présenter vos défenses et vous asseoir. »
M. Deseze prit alors la parole et s'attacha à dé- Défense du montrer que Louis XVI était innocent des crimes '*''
* ^ M. Deseze.
dont on l'accusait, voulant, selon son vœu, le justifier plutôt que le défendre. 11 invoqua les principes de la Constitution qui le rendaient inviolable. D'après cette théorie les nations souveraines délèguent leur souveraineté faute de pouvoir l'exercer. La nécessité de cette délégation les conduit à se donner un roi, ou à se former en République. Si le gouvernement est monarchique, il exige l'inviolabilité de son chef. Il discuta longtemps ainsi, article par article, la Constitution ; son argumentation pressante^ serrée, se résumait ainsi :
« Citoyens, je vous parlerai ici avec la franchise d'un homme libre ; je cherche parmi vous des juges, et je n'y vois que des accusateurs.
» Vous voulez prononcer sur le sort de Louis; et c'est vous-mêmes qui l'accusez !
» Vous voulez prononcer sur le sort de Louis ; et vous avez déjà émis votre vœu !
» Vous voulez prononcer sur le sort de Louis ; et vos opinions parcourent l'Europe !
» Louis sera donc le seul Français pour lequel il n'existera aucune loi ni aucune forme ?