III
ffiSTOIRB DE SOIXANTE ANS
Lapesle
se déclare à
Nantes.
Carrier est
dénoncé
à Robespierre
par Jullien de
Paris.
de la Loire. A force de charrier des cadavres, et les autres villes plus enfoncées dans les terres en envoyaient leurs sinistres tributs, les flots de la Loire devinrent mortels eux-mêmes. Ses rives, où venaient échouer les pâles victimes de Carrier, infectèrent les campagnes et révélèrent l'horreur des expéditions secrètes. La marée rejeta des bancs de cadavres putréfiés. On envoya aussitôt des détachements de gardes nationaux pour inhumer ces restes pestilentiels, mais douze cents d'entre eux périrent en revenant de cette funèbre corvée. Le typhus s'était mis dans les prisons débordantes. Carrier, imperturbable, continuait d'envoyer des victimes à la mort. Sa parole était un blasphème perpétuel. L'effroi qui pénétrait de plus en plus profondément dans son cœur le poussait à de nouveaux crimes. Son exaltation était voisine de la folie. Mais l'époque où il devait, comme CoUot-d'Herbois, être appelé à Paris pour y rendre compte de sa conduite, n'était pas éloignée. Il y avait à Nantes un jeune homme de dix-neuf ans, Jullien de Paris, qui observait Carrier et écrivait à Robespierre de* lettres où les faits monstrueux qu'on vient de rap — porter se trouvaient consignés. Carrier empri= — sonna Jullien et le menaça de son sabre, mais c^s lui-ci lui ayant dit qu'il le ferait guillotiner, Carrie — plia et lui rendit la liberté. Ainsi qu'on le ve ii __ prochainement, les lettres de Jullien allaient dev^^