LIVRE XIX Î
bert, Bonsin, Jionioro et d6,lewrs complicet. — Arrestation de Hérault de Seekelles, — Lee Hébertistes à la prison du Luxembourg. — Procès et «or! des Hébertistes, — Mobilité de l'opinion publiqut. — Céraintes des Jaeotnns. — Situation de Danton après la mort des Hébertistes. — Indo- Unce de Danton, — Confiance imprudente de Camille Desmoulins, — Haine de Robespierre et de Saint-Just contre Danton, — Billaud-Yarennes propose de faire périr Danton, — Rumeurs sinistres. — Danton, averti, refuse de fuir. — On chercl^ à réconcilier Robespierre et Danton. — Arrestation des Dantonnistes, — Les Dantonnistes dans la prison du Luxembourg, — ' Discussion à la Convention sur l* arrestation des Dantonnistes. — Discours de Robespierre. — Rapport de Saint'Just sur les Dantonnistes, — La Convention décrète d'accusation Danton, Camille DesmumHns, Lacroix et Pkilippeaux, — Lettres de Camille Desmoulins à sa femme. — Lettres de Pkilippeaux, — Désespoir de Lucile Desmoulins, — Dtmton à la Conciergerie, — Procès des Dantonnistes, — Défense de Danton, — Emotion produite par le discours de Danton, — Les accusés rétlumênt l'awUlion des témoins, — Embarras du tribunal, — Lettre de fouquier-Tinville aux Comités du Salut public et de Surveillance génèftie. — Odieux artifice de Saint-Just. — Décret jU la Convention contre tes aeeusés qui intultent à la justice. — Fureur et indignation des ac' mes, — Jugement et condamnation des Dantonnistes, -— Dernières pa^ T9Us et mort des Dantonnistes. — Regrets que laissa Danton.
La Terreur atteignait à son but. Elle donnait à «703. h Convention la victoire sur les rebelles de l'Ouest et du Midi. Unissant aux horreurs de la guerre civile des triomphes plus purs, elle reprenait nos lifpm de Wissemboui^ contre la Prusse et F Autriche, repoussait les Piémontais, et allait châtier F Angleterre à Toulon comme elle l'avait châtiée sous les mors de Dunkerque. I^a France furieuse, désespérée, donna en 1 793 d'un élan si terrible contre l'ennemi du dedans et l'ennemi du dehors qu'elle brisa tout Si la figure de la mère Patrie, entrevue dans ces tempêtes, apparaît tachée de sang et de boue, maudissons la mémoire de ceux qui souillèrent sa
ennsa.
1793. face vénérable, mais rendons hommage aux grands cœurs qui donnèrent pour la sauver les uns leur vie obscure, les autres leur génie immortel. N'oublions pas que c'est du sein de la Terreur, quelque horreur qu'elle nous inspire, que va surgir avec la force et la majesté d'un héros des temps mythologiques, l'homme qui doit prendre daïis sa main la main de la Révolution française, la conduire à travers l'Europe sur les débris des sociétés féodales et marier cette puissante fiancée au vieux monde ra- j jeuni par de telles épousailles. \
Siège de Toulon Dcpuis la prisc de Toulon, les hommes qui dans le Midi ne s'étaient pas laissés influencer par les discours de la Gironde, ceux que l'utopie marseillaise de Barbaroux rêvant une république du Midi n'avait pu troubler, nourrissaient au plus profond de l'âme un chagrin sans mesure. L'Anglais foulait aux pieds le sol de la France et la France ne tressaillait pas d'horreur ! Absorbée dans les luttes impies de la guerre civile, partagée entre tant da soucis, sollicitée à la douleur par tant de blessures ouvertes, elle agitait éperdue sa grande épée où le sang français de Lyon vaincu, de la Vendée frappée à mort, se mêlait au sang des coalisés de Hondtschoote et de Wattignies. Les mois s'écoulaient, septembre, octobre, novembre, et les pavillons bri- tannique et espagnol flottaient toujours dans la rade de Toulon. L'Anglais dans la ville vendue se conduisait en maître. L'amiral Hood avait traité di*