‹ Histoire de soixante ans: la Révolution, 1789-1800Chapitre 100 sur 119 · LIVRE xxvri · texte numérisé non relu

LIVRE xxvri

s'aperçussent pas de sa mort. Joubert avait épousé six jours auparavant madenioiselledeMonlholon.Auinoment où le conibat devint plus acharné, il prit le portrait de sa jeune femnie et dil en le contemplant : « Je vaincrai ou je mourrai. Je Tai promis à la République et à elle. » La mort de ces jeunes généraux sans pareils dans l'histoire affaiblissait la République autant que les armées. Nous n'étions pas plus favorisésdc la fortuneenHollande,où leduc d'York débarqua à la télé de quarante mil le Austro-Russes. 11 était temps que la Révolution trouvât un vengeur et un sauveur. Le Directoire subissait les conséquences de son incapacité, de son imprévoyante audace et de ses mesquines passions. Les patriotes et les royalistes l'accusèrent violemment. On lui demanda compte de l'exil de Bonaparte et des illustres généraux qui l'avaient suivi en Egypte. Jourdan, exaspéré, quitta son armée et vint à Paris joindre ses reproches à ceux de l'opposition. Les autres généraux écrivirent dans le même sens. Pourquoi le Directoire avait-il provoqué la guerre et si mal pris ses mesures pour la soutenir? Les directeurs, qualifiés avec mépris du surnom d'avocais^ méritaient bon nombre de ces reproches, dont quelques-uns pourtant étaient exagérés. Barras, le plus coupable de tous, sut pourtant conserver quelque crédit et faire tourner contre ses collègues la défaveur générale. Les élections de floréal an VII (mai 1799) s'accomplirent sous l'impression de ce mécontentement général. Elles furent favorables mm

BalailledeNovi.

Mort de Joiilr t

Accusations

contre le Directoire.

Élections do l'an Vil.

1799. républicains et enhardirent Topposition. Barras, par

sa conduite sourdement hostile à ses collègues et par

des avances intéressées faites à Sieyès, groupait une

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