‹ Histoire de soixante ans: la Révolution, 1789-1800Chapitre 66 sur 119 · LIVRE XXlll · texte numérisé non relu

LIVRE XXlll

« Art. 6. — Tout agent du gouvernement, fout <"'»• fonctionnaire civil ou militaire, tout particulier, qui téteraient de s'opposer aux mesures indiquées dans le présent arrêté, seront regardés comme ennemis du peuple et punis comme tels ;

(c Tout pouvoir non émané du peuple est suspendu. Tout agent ou fonctionnaire du gouvernement qui n'abdiquera pas sur-le-champ ses fonctions sera considéré comme participant à la tyrannie et puni comme tyran.

« Art. 7. — Quiconque proposerait de marcher contre le peuple, de Toutrager d'une manière quelconque, soit en masse, soit dans un seul de ses membres, sera regardé comme ennemi de la liberté et traité comme tel.

« Art. 8. — Les citoyens et les citoyennes de toutes les sections indistinctement partiront de tout point dans un désordre fraternel, et sans attendre le mouvement des sections voisines, qu'elles feront marcher avec elles, afin que le gouvernement astucieux et perfide ne puisse plus emmuseler le peuple comme à son ordinaire, et le faire conduire comme un troupeau par des chefs qui lui seront vendus et qui nous 'rompent.

« Art. 9. — Le peuple ne so rassoira point qu'il n'ait assuré la subsistance, le bonheur, le repos et la liberté de tous les Français.

« Art. 40. — Le mot de ralliement du peuple ^^ : /)u pain / et la conMiintion démocratique de 93;

1795. « Quiconque, durant- l'insurrection, ne portera

point ce mot de ralliement écrit à la craie sur son chapeau, sera regardé comme affameur public et comme ennemi de la liberté ;

« Tout drapeau, guidon ou enseigne qui paraîtra, devra porter également le même mot de ralliement;

c< Tout autre signe ou point de ralliement est absolument défendu et proscrit.

c< Art. 1 1 . Il sera fait une adresse à nos frères des départemcnls et des armées, pour les instruire des motifs et du succès delà révolution, ainsi que des moyens pris pour assurer le bonheur national.

« Nota. On ne doute point que le gouvernement n'essaye d'empêcher l'effet des mesures ci-dessus mais il ne le pourra pas. Il ne viendra point à bout • d'arrêter l'indignation du peuple et son juste châtiment, quand même il ferait sortir de ses magasins les subsistances qu'il y tient renfermées et qu'il réserve pour ses infâmes projets. »

L'auteur de cette pièce est resté inconnu. Elle

était l'expression des sentiments du peuple à l'égard

des Thermidoriens. La soirée fut menaçante. Le plan

Séance circula. Lcs femmes devaient marcher en avant. La

de la Convention

le 1" prairial générale et le tocsin retentirent dès l'aube dans les faubourgs. La Convention entra en séance à onze heures. Isabeau, au nom du Comité de sûreté générale, donna à l'Assemblée connaissance du plan d'insurrection. Le gouvernement, on Ta vu, était déclaré

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