‹ Histoire de soixante ans: la Révolution, 1789-1800Chapitre 67 sur 119 · LIVRE XXIII · texte numérisé non relu

LIVRE XXIII

usurpateur et tyrannique. Ce plan, véritable chcirte im. de rémeute et de la misère, fit une impression profonde. Les tribunes applaudirent. La Convention resta muette. Un député, se levant seul, dit : « La Convention saura mourir à son poste ! » Tous se lèvent aussitôt et répètent le même serment. « Le mouvement a été organisé dans la Convention même » dit Rovère. Laporle lut un projet de décret des Co* mités contre Témeute. Les femmes des tribunes accueillirent cette lecture par des rires ironiques. La section Bon Conseil fut admise à la barre. Elle lut une pétition qui fut renvoyée aux Comités. Mathieu proposa ensuite, au nom du Comité de sûreté générale, un projet de proclamation de la Convention aux citoyens de Paris. A peine ce projet était-il adopté, que les femmes de la tribune du côté de Brulus commencèrent à crier avec vigueur : c< Du pain ! Du pain ! » Le président se couvrit. « Ces cris affreux, dit-il, nous annoncent que Torage va éclater.» - (c Du pain! Du pain ! » répétèrent les femmes. L*une d'elles montra le poing au président de la Convention . Une autre s'écria : « Il y a assez longtemps que nous attendons, f... w La gauche gardait un profond silence. Le président voulut parler; les femmes se mirent à rire et à crier. Chaque fois qu'un député voulait élever la voix, les femmes poussaient de nouveaux cris. A tous les discours, à toutes les remontrances, à toutes les menaces, elles répétaient obstinément : « Du pain! Du pain! » Le président

1798. confia le commandement provisoire de la force armée à un général de brigade qui se trouvait là. fie général fit évacuer la tribune de gauche par deux jeunes gens armés de fouets de poste.

Pendant ce temps, des coups violents retentissaient à la porte, du côté de la salle de la Liberté. Bientôt la porte brisée céda. La gendarmerie des tribunes parvint pourtant à repousser les femmes qui formai^t Tavant-garde de Témeute. Mais bientôt la porte fléchit de nouveau. Il y eut un second engagement. Auguis, Bourdon (de TOise) et Laignelot chargèrent rémeute à la tête de citoyens armés. On fit quelques prisonniers. Sur Tun d'eux, on trouva un moixeau de pain. Au dehors, la générale et le tocsin continuaient d^appeler le peuple aux armes. Il était déjà deux heures. Sur ces entrefaites, le député Féraud entra. Il était pâle. On voyait à ses vêtements déchirés qu'il venait d'échapper à une lutte terrible. Il s'évanouit un instant dans les bras de ses collègues. A cheval depuis huit jours pour accélérer l'arrivée des subsistances , il était rentré la veille épuisé de fatigue. Quand il revint à lui, la Convention plus calme recevait le serment de fidélité de la section de Grenelle. Chose digne de remarque, les ambassadeurs des puissances étrangères n'avaient pas quitté la tribune diplomatique. Dussaulx en fit noblement la remarque. Garnier (de Saintes) prit ensuite la parole. Il fut interrompu par de nouveaux cris qu'on poussait dans la salle de la Liberté. Le tumulte

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