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AVANT-PROPOS

Le nom de Soulavie est loin d’étre ignoré dans le monde od l'on s’occupe d’études historiques, mais le personnage lui-méme est généralement peu connu. Ilest cependant]’auteur oul’éditeur d’une cinquantaine de volumes, et si ces publications ne brillent ni par le style, ni par le jugement, ni par l’exactitude des faits, elles constituent au moins une source abondante d’informations ot tous nos historiens modernes ont largement puisé, trop souvent sans la nommer.

Dans le domaine des sciences naturelles, le mérite de Soulavie, longtemps oublié, s'est relevé avec éclat dans ces derniers temps. Soulavie a été, en effet, le premier observateur de certains faits géologiques que personne n’avait soupconnés ayant lui, et M. d’Archiac, le savant historien

des progrés de la paléontologie, lui rendant justice sous ce a

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rapport, n’a pas hésité a le proclamer un des génies méconnus de la France (4).

Soulavie s'est aussi mélé, mais pas toujours heureusement, de politique. Il a méme fait partie de notre personnel diplomatique, puisqu’il a occupé pendant quinze mois, de juin 1793 & septembre 1794, c’est-a-dire pendant la période la plus agitée de notre histoire, le postede ministre-résident de France & Geneve.

A ces circonstances bien capables d’éveiller, chez n'importe quel amateur d’études historiques, le désir de connaitre plus & fond l'historien-diplomate-naturaliste, s'ajoutait pour nous un vif sentiment de curiosité locale, car Soulavie était né, comme nous, dans les montagnes du Vivarais; son enfance s’était écoulée, comme la ndétre, a Largentiére, siége d'une ancienne baronnie des évéques de Viviers, aujourd'hui simple sous-préfecture ; aux écoliers de notre temps, on montrait la maison oi il était né et un buste qui, disait-on, reproduisait ses traits ; enfin, nous avions trouvé dans la blibliothéque paternelle quelques volumes dépareillés de |’ Histoire naturelle de la France méridionale, qui nous avaient fortement intéressé, parce qu’ils éclairaient pour nous des premiéres lueurs de la science les terrains et les phénoménes dela nature que nous avions sous les yeux. C’est la que nous apprimes, bien mieux que dans Buffon, la merveilleuse histoire du globe, ses antiques révolutions, l’Age des volcans et des mers, la succession des

(1) Conférence & la Sorbonne, Voir la Revue det cours scientifiques, 13 avril 1868,

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